03.04.2008

Migration

Le contenu de cet espace migre progressivement. Trop de couacs enregistrés ici ces derniers temps ont contribué à dicter ce choix.

J'aurai donc le plaisir de vous retrouver à cette adresse:

http://qaherabear.canalblog.com

A bientôt!

HQB

17.03.2008

Tibet

Du sommet du Toît du Monde aux plateaux arides et glacés qui s'étendent à perte de vue au pied de ces montagnes,

Là repose une part de la Sagesse sans âge.

Les fausses étoiles peuvent bien baigner dans leur champ de sang, elles ne sont rien au regard de celles qui parsèment le Ciel:

Celui qui maltraite le Tibet maltaite tous les Hommes.

 

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22.02.2008

Le grand n'importe quoi

A la télévision, la énième cérémonie des César distille son lot de prétention, de phrases creuses, de pseudo bons mots, elle s'agrémente de clins d'oeils critiques -ou voulus tels- sur les errances de la politique actuelle... Le monde du cinéma franco-français se congratule sur les ondes mais dehors il fait froid et la nuit s'est étendue sur une époque étrange, celle du grand n'importe quoi.

Dans les rues de Paris, la pauvreté ne se cache même plus. Pour que les droits élémentaires ne soient pas bafoués par le rouleau compresseur de l'ultra-libéralisme, il faut même qu'elle en arrive à se mettre en scène sous des centaines de couvertures de survie aux reflets dorés d'un tapis éphémère de palais de conte de fées.

Chaque jour apporte son lot de déclarations imbéciles et d'actes irréfléchis. La presse s'est tellement enivrée qu'elle en demande toujours plus. Le pire, sans doute, est qu'elle demeure persuadée de jouer son rôle critique contestataire. Il n'en est rien. Un brûlot publié ça et là ne suffit pas à racheter une conduite. Trop de collusion avec un pouvoir dont l'exécutif abuse dans un climat de pagaille généralisée.

Le grand n'importe quoi en somme. Le Président, d'une pauvreté humaine affligeante, agit comme une calamité qui aurait attiré dans son sillage les incompétents de tous bords et qui serait parvenu à pervertir ceux qui avaient peut-être quelque chose à dire.

Le système qu'il a patiemment mis en place avec intimidation et brutalité se révèle une aberration. Il apparaît comme une tentative d'obtenir ce qui ne peut s'acheter, la reconnaissance. Le personnage a tout à prouver, tout à légitimer. Son âge, sa physionomie, ses origines...Bref, tout ce qui devrait être du domaine de l'accessoire quand on prétend avoir un projet de gouvernement pour un pays.

Depuis des années nous errons, coincés entre des retards d'évolution des consciences, des valeurs qui n'ont plus de sens parcequ'elles ont été par trop baignées de sang (la jacobinisme ou cette maudite "fierté nationale" si mal placée), et la faux de l'économie mondiale qui régente nos existences au mépris de tout ce qui fait que nous méritons le nom d'Hommes. Cette errance en France aujourd'hui a pris une autre dimension, plus dramatique, parce qu'elle dresse les citoyens les uns contre les autres. Nous marchons sur la tête à la façon de fous et nos élites, piégées dans leurs contradictions et leurs intérêts, ne trouvent même plus l'énergie pour inverser la vapeur.

L'alternative n'existe pas dans le paysage politique local. On nous rebat les oreilles avec la "révolution" et l'extrême gauche s'agite comme des vers au bout d'hameçons. Elle aussi n'a rien compris. La révolution c'est le triomphe de la barbarie, la dictature de la médiocrité, au moins pour un temps. Il faut passer à autre chose et rabattre le caquet des petits hommes qui aboient comme des roquets du haut de leurs estrades.

 L'an dernier les français ont choisi. Il sont commis une profonde erreur. Nous la payons. Comme le disaient nos ancêtres à l'approche d'un danger, d'une peste, ou d'une invasion: libera nos Domine.

Les temps qui viennent nous apporteront un savant mélange modernisé de tout cela. Demain sera pire qu'aujourd'hui.

13.02.2008

C'est parti!

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Dix neuf cadres présentant photos et dessins (numériques ou classiques) accrochés au Station B, à Lyon, pour un peu plus d'un mois.

Une nouvelle aventure qaherabearienne...

Glisser l'aile sous le vent...

"J'aimerais tant voir Syracuse
L'île de Pâques et Kairouan
Et les grands oiseaux qui s'amusent
A glisser l'aile sous le vent.


Voir les jardins de Babylone
Et le palais du grand Lama
Rêver des amants de Vérone
Au sommet du Fuji-Yama.


Voir le pays du matin calme
Aller pêcher au cormoran
Et m'enivrer de vin de palme
En écoutant chanter le vent.


Avant que ma jeunesse s'use
Et que mes printemps soient partis
J'aimerais tant voir Syracuse
Pour m'en souvenir à Paris..."

Henri Salvador, RIP 2008

17.01.2008

Du regard sans complaisance

Poser un regard sans complaisance sur le monde n'est pas un simple exercice de style pour philosophe en manque de légitimité. C'est une nécessité citoyenne, impérieuse et quotidienne.

La lucidité sur la nature humaine ambigüe permet d'avancer en essayant de la mieux connaître. Je sais que moi, Homme, je suis capable du meilleur comme du pire. Et plus souvent du pire d'ailleurs parce que je tends naturellement vers la facilité et que la facilité se contente de ce qui est superficiel, rapide, dans l'immédiateté. Elle ne me pousse pas à penser ni à peser la portée de mes actes.

Comment alors croire dans la guimauve des beaux discours sur la tolérance ou la fraternité? Ces valeurs sont vaines du fait de notre état de nature. Elles ne peuvent être que des objectifs à atteindre, des idéaux vers lesquels s'orienter, sûrement pas des acquis transmis d'une génération à l'autre.

Dans la masse des gens, seuls quelques esprits éclairés -souvent très différents les uns des autres- en ont fait un mode de fonctionnement. Pour la majorité, ces termes ne sont que vernis qui a tôt fait de s'écailler au moindre accrochage avec la réalité.

Qu'on limite le nombre de rames de métro aux heures de pointe quand les quais des stations sont bondés et l'on verra ce qui reste de la fraternité. Chacun tentera de passer le premier, de forcer l'entrée au risque de piétiner son voisin...

Quels sont les crétins qui croient encore que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" pour reprendre l'expression? Peut-être ceux-là même qui se sont un jour révoltés contre la vilaine petite société bourgeoise qui, nous-dit-on aujourd'hui encore, étouffait leurs petites aspirations de consommateurs vedettes des Sixties dont nous ne cessons aujourd'hui de payer le souvenir cuisant.

Sûrement ceux-là même pour qui il était interdit d'interdire et qui ont bâti leur existence sur la course à la réussite, l'exploitation des autres au nom du sacro-saint marché et bien verrouillé les portes derrière eux.

Que cette génération disparaîsse enfin, avec sa pseudo culture, avec ses valeurs creuses et sa splendide hypocrisie. Même s'il s'agit de celle de mes parents et qu'ils n'y peuvent rien, puisse le temps l'effacer et jeter du gros sel sur l'ère maudite des Trente glorieuses.

Peut-être trouvera-t-on alors derrière un peu de cette lucidité responsable vers laquelle se diriger pour que nos descendants -enfin, ceux de mes contemporains- n'aient pas à devoir essuyer trop de plâtres mal posés.

12.01.2008

Dans les yeux de Khéphren

 

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Exposition Pharaon, Musée de Valenciennes, 2008. Photo Qaherabear

Dans les yeux de Khéphren, sous sa vitrine, j'ai revu les années d'avant. Les années d'il y a dix ans.

Du Musée du Caire, où nous nous étions rencontrés, au temps d'hiver du Nord dans l'écrin des Beaux Arts de Valenciennes, il a fallu tout ce temps-là pour que nos chemins se croisent à nouveau. Le temps d'un face-à-face, d'un sourire et d'une ou deux photos... Tant de choses ont changé. Pour moi, par pour le roi taillé dans l'albâtre "pour la durée éternelle et la durée infinie". Tant de choses, mais finalement pas l'essentiel. J'ai gardé au coeur ce que je suis et cet attachement indiscible, presque aussi vieux que mon existence même, à cette immémoriale terre égyptienne où j'ai laissé un peu de moi comme j'ai dû en laisser au Sénégal où je suis né...

Dans les yeux de Khéphren, il y avait des mots et des lignes qui se reflétaient par l'effet de prisme et de miroir du cube de verre qui enveloppait la statue. Des mots comme une passerelle entre le temps des Pyramides et celui des ordinateurs. J'ai lu le nom du roi "Khâfrê" dans son cartouche gravé au côté droit du trône. En procédant ainsi, j'ai réactivé la force vitale du Ka selon ce que croyaient les égyptiens de ce temps là et que je crois encore aujourd'hui. Nommer pour reconnaître et faire exister...

Juste derrière le pharaon -"peraâ", le grand-palais- le visage rond de granit du jeune Ramsès II souriait à un millénaire de distance. Autre jalon dans le temps qui nous semble faussement linéaire et compressé vu de notre propre époque. Pour Ramsès, le temps des Pyramides et de Khéphren était aussi lontain que peut l'être celui des premières cathédrales pour nous autres. Selon où l'on se place, tout devient relatif.

Au cours de ma visite, au milieu de plein de gens qui ne se connaissaient pas mais qui partageaient l'émotion de la découverte, je me suis placé à bien des angles différents, révélant par le biais du fugace faisceau rouge de la fonction "mise au point" de mon appareil photo, un détail ou une inscription que la scénographie ne montrait pas.

Au détour d'une semi rotonde rouge, entre grands Vizirs et scribes impavides, un autre visage royal familier m'a souri. Je n'avais jamais vraiment réussi à le sortir de son ombre lorsqu'il trônait dans un recoin du Musée du Caire. Là, il était en pleine lumière et semblait jouer avec elle...

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Ramsès inconnu, photo Qaherabear

La lumière qui avait un sens si particulier pour les égyptiens de l'Antiquité a fait réaliser à leurs artisans des merveilles. Elles étainet pourtant le plus souvent destinées au secret de l'ombre des temples. Ce qui se révèle est caché, comme l'acte de création. La lumière est née du Noun, l'Océan primordial. Et quand Akhénaton vénère le soleil, il n'ignore pas que, dans l'ombre, s'opère la régénération.

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Akhénaton, partie supérieure d'un pilier osiriaque, photo Qaherabear
L'or, la chair des dieux qui ne se corrompt jamais, donne à cette lumière tout son éclat et sa véritable portée. Dès lors sa valeur de ne réside plus dans le métal et sa rareté mais plutôt dans la capacité que l'or a de sublimer les rayons du soleil. L'aspect matériel est secondaire par rapport au véritable sens des choses, même s'il fait  partie de leur composition...
Je sais maintenant que je reverrai Khéphren. Ce sera en ses terres. Je sais aussi que les yeux de pierre noire du roi Psousennès "Pa Séba en Niout" se poseront à nouveau sur moi avec bienveillance et que nous continueront ce dialogue muet entamé il y a déjà bien longtemps pour ma petite vie d'homme.
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Masque funéraire de Psousennès Ier, photo Qaherabear

12.12.2007

Minotaure

J'ai toujours pensé que le Minotaure était beaucoup plus intelligent que ce que le mythe avait bien voulu faire paraître. Créé comme l'incarnation d'une faute vivante (celle de Minos et de Pasiphaé), parce que les dieux se jouent bien de la pauvre destinée des hommes et condamné à vivre en reclus dans un palais aux murs imbriqués, on le nourrissait de chair humaine jusqu'à ce que Thésée débarque en Crète.

Le récit raconte que le héros, aidé par les conseils d'Ariane pour éviter de se perdre réussit à tuer le monstre. Mais le texte ne donne aucun détail sur la confrontation en elle même. On sait juste que Thésée trancha la vie de la bête d'un coup de glaive.

Je me plaîs à imaginer en me projettant dans ce monde parallèle que représente la Mythologie grecque si fondatrice dans le patrimoine culturel européen, que les personnages aient pu échanger des propos ou entamer une ébauche de communication. Et je me dis que le Minotaure avait peut être compris que sa seule chance de connaître autre chose que sa vie de prisonnier était de se laisser occire...

 Les cultes taurins sont communs à de nombreuses civilisations méditerrannéennes de l'Antiquité. Ils possèdent un aspects fascinant où il n'est pas seulement question de domination de l'homme sur la bête mais aussi d'appropriation de la force et de la puissance génésique de l'animal. Voilà pourquoi depuis un petit moment me trottait dans la tête l'idée de réaliser un dessin qui reprendrait cette idée en croisant de manière symbolique homme et taureau.

Le tracé est terminé, j'entame la colorisation avec ma toute nouvelle palette graphique "Bamboo" de Wacom que je manipule encore comme un élève de CP tient son premier stylo!

J'espère achever ce dessin pour le présenter à Lyon en février...Incha'allah!

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La course

J'ai l'impression de ne plus trop toucher terre depuis deux mois. Les choses se précipitent, les projets se bousculent avec un frémissement de réalisation que je souhaitais depuis si longtemps mais que j'aborde de manière encore circonspecte.

Crainte de déceptions.

Les cours s'enchaînent, j'en hérite de nouveaux si bien que je me retrouve à présent dans la situation d'un pivot. Si je devais être absent ne serait-ce que quelques jours, je crois bien que mon centre de formation rencontrerait de grosses difficultés car j'interviens quasiment à tous les niveaux d'apprentissage représentés dans la structure.

Je ne me suis jamais plaint d'avoir du travail et je ne vais pas commencer à présent. Je remarque juste le curieux ordonnancement des choses.

Depuis deux mois je cours, je planifie, j'organise, je rassemble des morceaux épars pour essayer d'en faire quelque chose de cohérent... Toujours avec relativement peu de moyens. Et c'est sans doute ce qui me pèse le plus tout en aiguisant l'esprit d'organisation ainsi qu'une certaine ingéniosité. Il faut tout faire et être sur tous les fronts.

Dans cette agitation ambiante -et finalement toute relative au regard de celle qui enveloppe le Monde- j'ai la chance de compter sur des soutiens efficaces, parfois inattendus aussi. Qu'ils soient effectifs ou moraux. Et mes pensées vont souvent vers ces amis, ces proches dont l'action, la parole, le conseil, me remettent en selle.

Même si, à l'intérieur, je vis de solitude finalement, je sais que je ne suis pas grand chose sans ces autres qui m'ont choisi ou que j'ai moi-même choisis.

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L'exposition au Wolf, élaborée quasiment dans l'urgence et dont le vernissage, en fin de compte tout simple, fut l'occasion de retrouver un entourage qui compte réellement à mes yeux, suit sa propre vie en essayant d'arracher une réaction à un public parisien souvent blasé et qui paraît n'être plus capable de regarder les choses avec simplicité et bonheur... Les retours sont positifs et quelques photos ont même déjà trouvé acquéreurs. Cela est bien.

 

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Soirée d'anniversaire du 8 décembre 07

Les fêtes arrivent à grands pas. J'ai pris une année de plus il y a quelques jours. Je vais pouvoir à nouveau jouer avec des clous comme je me plais à dire, étant sorti de l'année "fatidique" du double 3. Pour la première fois, je ne perçois pas le parfum de Noël, cette ambiance indescriptible que j'aime tant depuis mon enfance.

Je sais pourtant que je retrouverai bientôt avec plaisir ma famille ainsi que le petit bébé qui vient d'y arriver du côté de mon frère, il y a quelques jours. Sans doute dois-je y voir l'effet de ces deux derniers mois à la cadence soutenue. A moins que, comme pour toute chose, la magie de Noël finisse par s'émousser dans mon coeur et n'opère plus de la même façon.

Le temps passe, le temps file. J'en ai une conscience de plus en plus aigüe. J'essaye de ne pas avoir de regrets au sujet de ce que je n'ai pas su ou oser faire avant et je me dis que maintenant il faut que les graines semées ça et là donnent enfin du fruit. Je suis entré dans le temps de l'équilibre. Dieu qu'il est instable et qu'il sera fugace! Celui où j'ai encore autour de moi mes références du passé, parents et grands parents, où la communication et la connivence avec elles sont encore possibles, dans la limite de ce qui peut-être partagé quand l'identité profonde crée forcément une différence...

Il convient de profiter de tout cela sans lâcher de l'esprit l'omniprésence de l'impermanence. Se préparer pour ne pas avoir à souffrir et toujours chercher le fameux chemin vers la cessation de la douleur. J'en ai à peine que les premiers pavements.

22.11.2007

Indécence

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"Je suis chargé des relations humaines et je ne gagne que 1800 euros nets par mois! Vous rendez-vous compte?..."

J'ai entendu hier cette phrase dans un reportage télévisé. Elle était prise sur le vif dans le cortège des manifestants de la fonction publique défilant à Paris pour la grande énième journée de contestation sociale.

J'ai souri. Avec amertume mais j'ai souri. C'était cela où lancer ma chaise contre l'écran qui aurait implosé et volé en éclats...

Cette déclaration est à l'image de ce que nous vivons depuis plus d'une semaine: une situation indigne. Indigne et indécente.

Certes, je ne connais pas la situation de cet homme interrogé par le journaliste. Peut-être a-t-il charge de famille? Sans doute a-t'il aussi des traites à payer... Il est vrai. Mais c'est aussi un choix qu'il a fait en son temps. Comment peut on oser se plaindre de percevoir pareil salaire lorsque la pénibilité d'un travail est somme toute assez limitée, lorsque la sécurité de l'emploi est quasiment acquise ou qu'un certain nombre d'avantages liés à la fonction sont bien réels?

Comment peut-on oser défiler dans la rue pour demander plus, alors qu'une grande majorité en est encore loin? Vouloir plus, vouloir mieux ne me dérange aucunement à condition que cela ne se fasse pas au détriment des autres. Or, ne pas assurer son travail, les cours du jour, le fonctionnement d'un service c'est mettre les autres devant le fait accompli, ceux-là mêmes qui ne pourront jamais se payer le luxe de débrayer.

Car on ne fait pas grève quand on n'est pas fonctionnaire ou assimilé. La loi précise que nul ne peut-être licencié pour fait de grève...Mais qu'en est-il dans la réalité d'un marché du travail transformé ne jungle d'autant plus facilement que l'excès de législation favorise une opacité étouffante?

Je travaille depuis presque dix ans. Durant ce laps de temps, malgré mes diplômes, mes expériences, je n'ai jamais obtenu de contrat fixe avec un salaire fixe à la clé. Je fais partie de ce que l'on nomme pudiquement avec cette pointe d'hypocrisie toute française, les précaires. J'ai connu des mois fastes mais je vis à nouveau sous le seuil de la pauvreté si j'en crois les indices officiels de l'INSEE (ou pas loin en tout cas). Cette "flexibilité" que l'on vante, je suis dedans depuis toujours. J'y ai puisé une part de liberté certes, mais elle m'a été imposée par ce pays, par la branche dans laquelle j'exerce mon métier. De fait on m'a mis hors des circuits classiques de la consoimmation: aucun prêt ne peut m'être accordé, je ne peux pas accéder à la propriété. Sans la caution de mes parents, je n'aurais pas pu louer mon appartement...

Comment ne pas ressentir le plus grand mépris pour tous ces gens qui défilent pour se plaindre d'avoir au moins quelque chose? Ma retraite à moi, elle sera faite de labeur jusqu'au bout car ma précarité actuelle constituera un handicap encore plus lourd à gérer par la suite. Il faudra de plus que je paye celle de la génération de mes parents.

Et l'on voudrait que j'aie ne serait-ce qu'une once de compassion pour ceux que l'on désigne sous le vocable de "Régimes spéciaux", ceux-là mêmes qui prennent le pays entier en otage?

C'est chose impossible. Mon humanisme est limité par la notion d'injustice. Si j'avais ressenti le moindre mouvement de sympathie pour les revendications actuelles des uns et des autres, elle aurait fini par s'évaporer lorsque je vois les actes et que j'entends les discours. Syndicats haineux, restés aux temps de la lutte des classes et prêts à se déchirer avec la vindicte d'une populace mal dégrossie, qui ne savent que contester sans se rendre compte, les crétins, qu'ils font le jeu d'un gouvernement qui se fiche bien d'eux.

En bout de course tout passera, les lois seront entérinées et le crédit de l'action syndicale diminuera d'autant. Que m'importe de savoir si les cheminots payent davantage de cotisations sociales: ils ont eu tout le loisir de pouvoir négocier depuis que la réforme a été évoquée. S'ils n'ont pas su le faire en dehors de la confrontation, ils n'ont qu'à en assumer les conséquences, je n'irai pas les plaindre comme je ne le ferai pas avec les agents EDF ou autres. Certes, les conditions de travail sont difficiles. Personne ne le nie. Mais il y a un argument-massue qui vient balayer toutes les récriminations, fussent-elles des plus bruyantes: celui du libre choix.

Quand on choisit d'être cheminot ou technicien on sait à quoi s'en tenir, on connait la pénibilité de la tâche, les horaires décalés, les astreintes. Tous ces éléments sont détaillés dans un contrat de travail. Quand on le signe, on les accepte. Il est indigne d'aller, par la suite, utiliser ces faits comme des arguments justifiant les revendications au même titre qu'il est indigne pour un futur médecin de refuser de s'installer ailleurs qu'en ville. Il a choisi son métier, il en connaît les enjeux, les limites, il les assume.

Choix et responsabilités vont ensemble et sont les seuls garants de l'évolution positive des choses. Au lieu de celà chacun tire la couverture à lui en poussant le cynisme jusqu'à aller prétendre que la contestation est faite pour le bonheur de tous.

Qu'on aille dire cela aux milliers de parisiens comprimés depuis huit jours dans les rares rames de métro circulant ou aux usagers des TER qui doivent écourter leurs nuits pour tenter de se rendre sur leur lieu de travail...

On ne changera pas les choses ni l'abrutissement général qui mine la société. Je m'en garderai bien mais je sais depuis des années que le pire est à venir. Le moment viendra où il faudra partir sans regarder derrière.

18.11.2007

Illégitimité & responsabilité

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Sceau médiéval de la Sorbonne, Paris 

Par nature, un syndicat étudiant n'a pas de raison d'être puisque, en effet, l'objectif premier du syndicat -au sens littéral du terme- est de défendre les intêrets des gens qui entreprennent et font tourner l'outil de production, qu'ils soient aux commandes ou à l'exécution. Or, un étudiant est improductif au sens où il n'agit pas sur cet outil durant le temps où il se forme. S'il travaille par ailleurs pour financer ses études, il devient donc salarié et quitte temporairement son statut.

S'il peut préparer un diplôme c'est précisément parce que la société dans son ensemble, par le biais de l'Etat et des collectivités locales, investit dans son avenir.

Les gouvernements successifs exercent peut-être mal leur prérogatives, les méthodes employées sont peut-être discutables. Là n'est pas la question. L'existence d'un "syndicat" d'étudiant, plus ou moins affilié à telle ou telle mouvance politique que surcroît, est un non-sens. Par conséquent, lorsqu'il appelle à la grève, il est dans l'illégitimité.

Comment mettre en grève des personnes improductives (au sens économique du terme)? Et puis qu'est-ce que cela signifie dans les faits?

Refuser d'aller en cours pour défendre un point de vue politique est une chose qui n'engage quà titre individuel. Là où tout se complique c'est lorsqu'on se rend compte que cette posture n'est pas suffisante pour que l'on parle d'un mouvement de grogne.

Le premier visage de l'illégitimité se manifeste dans la volonté affichée de certains groupuscules d'empêcher le fonctionnement effectif des structures en bloquant les accès aux salles, par l'intimidation des étudiants non grévistes. En d'autre termes, si moi je décide d'une grève, vous devez tous me suivre.

Cette attitude de contrainte ne peut être défendable au même titre que celle qui consiste à dégrader le mobilier des établissements car il s'agit de fonds publics, d'un effort de l'ensemble de la collectivité. Or l'argent public a ceci de particulier qu'on ne peut y  toucher sans avoir à rendre des comptes.

Illégitimité aussi dans l'expression du choix pseudo-démocratique. Le vote à main levée dans une assemblée bruyante et brouillonne n'est qu'une parodie au même titre que le serait une élection à l'applaudimètre. On lui fait dire ce que l'on veut sans réelle possibilité de contrôle.

Illégitimité enfin dans les revendications. Un gigantesque fourre-tout où l'on retrouve pêle-mêle des considérations sur la politique d'immigration, les désaccords sur la loi concernant l'autonomie universitaire, la défense des services publics, et caetera...

J'ai moi-même été étudiant, j'ai vécu et subi d'autres mouvements du genre en d'autres temps. A l'époque déjà, je m'y opposais.Non par conscience politique partisane mais au nom d'une certaine logique et d'une notion qui m'a toujours semblé capitale, celle de responsabilité.

Un étudiant est fait pour étudier. On sait que cela est de plus en plus difficile pour une foule de raisons. A fortiori donc, du fait précisément de ces difficultés trouver la bonne voie dans un système complexe de formation, de notation et de niveaux.

Qu'un étudiant ait une conscience politique et s'engage pour la défendre est une très bonne chose, cependant l'expérience montre qu'il a tendance à cruellement manquer de recul sur sa perception des évènements. J'en veux pour preuve la fameuse "loi Pécresse" qui a mis le feu aux poudres: mal lue, mal comprise, trop extrapolée avant même que d'être appliquée sur le terrain. Elle est sans doute truffée d'approximations mais on ne peut pas la condamner avant même que de l'avoir testée.

La responsabilité première de l'étudiant, vis à vis de la société, est de mener à terme sa formation et de s'insérer au mieux et au plus vite dans le monde du travail que l'on sait particulièrement difficile. Si le système est défaillant, il lui revient de le faire savoir et de se placer dans une logique active en proposant des solutions sans jouer perpétuellement le rôle de la victime aux réactions puériles et désordonnées. Etre étudiant ça n'est juste qu'un stade dans la vie, dans certaines et pas d'autres d'ailleurs, cela ne saurait représenter un passage obligé ni encore moins une catégorie socio-professionnelle.

Si les étudiants se réunissaient en associations plutôt qu'en syndicats, s'ils menaient une réelle réflexion sur leur implication dans la société moderne et ses enjeux, ils pourraient constituer des groupes de pression donc l'action serait autrement plus constructive que le blocage des facs. Car non seulement ces actes ne sont pas compris par l'opinion publique mais ils finissent par être contre-productifs et jeter le discrédit sur une partie de la population.

Quand j'entends parler M.Julliard qui se donne à nouveau les airs importants de ceux qui pensent  jouer dans la cour des grands sous prétexte d'être le porte parole de l'UNEF, j'émets de sérieux doutes quant la volonté réelle de faire avancer les choses dans le bon sens, de sortir de la crise, et pour les étudiants et pour l'ensemble de la société.

Le "bazar" ne serait-il pas, dans le fond, un mode de fonctionnement bien pratique pour certains? On est en droit de se le demander quand, par exemple, une université ayant voté la reprise des cours se trouve contrainte d'y renoncer du fait de l'action combinée du jusquauboutisme d'une poignée d'irréductibles et de la pusillanimité des présidents se réfugiant derrière le rempart de la sécurité pour ne pas avoir à prendre la décision impopulaire -mais ô combien salutaire- de "faire donner la cavalerie".

Quand les choses se précipitent...

Suite au succès d'estime obtenu avec la première exposition fin octobre des photos des Desperate FrenchBears réalisées avec les amis du groupe et mises en oeuvre pour que leur sortie corresponde avec l'élection de Mr Bear France 2008, proposition m'a été faite par le bar partenaire de l'évènement de monter quelque chose de plus important et de plus personnel pour la fin de l'année dans ses murs, à Paris.

C'est donc chose quasiment faite à la date où je laisse cette note ici, même s'il reste beaucoup de détails à régler et que l'expérience en la matière me fait défaut.

Si les premières fois ont souvent l'aspect excitant du challenge, elles s'accompagnent également de leur lot de tâtonnements et d'incertitudes. A fortiori pour quelqu'un qui, par nature, connaît l'impermanence des choses, des situations et des gens. Il faut tout gérer et anticiper le plus possible. Je peux toutefois compter sur le soutien moral et l'aide précieuse d'artistes et amis qui, non seulement, sont rodés aux expositions (et parfois même aux antipodes) mais encore, qui connaissent les ressorts et les limites de l'esprit de notre chère bonne capitale dont la psychologie de fonctionnement me semble parfois un tantinet absconse.

Je suis présentement sur trois fronts, simultanément: celui de l'encadrement -que je souhaite de qualité- des photos sélectionnées et dont les tirages ont bien été réceptionnés dans les délais, celui de la communication ensuite, pour faire connaître l'exposition au plus grand nombre tout en ne perdant pas du vue que c'est la première et que, par conséquent, la part d'humilité doit être encore plus grande, et enfin celui de l'organisation générale (timing, détails techniques divers...) sachant, qu'évidemment il y aura une part d'improvisation sur place.

Je ne veux pas me mettre la pression et je me refuse à attendre quoi que ce soit de cette exposition, même si j'en souhaite le meilleur: je pense avoir mis dedans tout ce que je pouvais mettre en énergie créatrice et en moyens matériels. Le reste sera bientôt dans la main d' al-Masir, le petit nom oriental du Destin. Nous verrons s'il est avec moi.

En attendant, voici le "carton" de l'exposition mis au point il y a quelques jours.

 

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15.10.2007

Alors, ce sera la Rose contre la Gazelle

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 Et le soleil souriant d'argentine contre le coq d'or pour que la boucle soit bouclée et que les équipes enfin prennent du plaisir à jouer et combattre, ce petit supplément d'âme qui leur a finalement le plus manqué durant ce Mondial.

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Il y eut pourtant de belles choses, du courage à la volée, des "petits" affrontants les Goliaths que l'ont pensait invincibles avec panache mais le plaisir du jeu s'est fait rare. Disons que je ne l'ai pas ressenti avec l'intensité que j'attendais pour un tel événement.

Normal, c'est une coupe du monde, me disent beaucoup de gens. Avec ses enjeux colossaux, ses retombées touristiques et publicitaires, ses lieux de prestige dans lesquels il fallait se montrer pour pouvoir dire "j'y étais!".

Une coupe du monde n'est pas un tournoi en prés carrés entre universités policées ou gaillards du terroir. Celle-ci, en tout cas, marque un tournant dans les consciences collectives, comme si un nouveau sport était apparu en pleine gloire aux yeux de tous. Pensez donc! On a réussi à convertir à l'ovale le stade Bollaert de Lens ou le Vélodrome de Marseille, temples immémoriaux ou presque du football! On est parvenu à placer une "gonfle" entre les piliers de la Tour Eiffel comme si elle avait été introduite dans une mêlée de ferraille en attendant d'être sortie par un hypothétique talonneur...

Et demain on verra nos vaillants faire ce que beaucoup d'autres ont fait avant eux, aux antipodes, là où le rugby est pro depuis déjà bien longtemps: de la publicité pour des produits "masculins" de soins ou de communication. Ils poseront leur signature sur des collections de vêtements et feront la tournée des plateaux de télévision. C'est déjà un peu ça, le marketting n'a pas attendu, lui.

Je ne sais quoi en penser car, dans le fond, moi, petit joueur, je suis bien dépassé. Tout ce que j'ai connu de cette discipline a changé. Les gabarits comme les règles. Jusqu'à la coupe des maillots qui moulent et qui carènent à l'opposée de la toile de coton à laquelle on pouvait s'agripper, jusqu'au poids du ballon qui ne porte plus ses deux extrémités peintes en noir comme dans mes souvenirs.

Alors je rêve toujours autant devant ces chevaliers des temps modernes, parce qu'ils ont des physiques fascinants et qu'ils symbolisent encore beaucoup de noblesse et de courage. Mais je crains que l'esprit si particulier au monde du rugby et de ses amateurs qui a marqué une partie de mon vécu personnel, ce mélange paradoxal de chauvinisme, de fair-play, de fêtes et de castagne finisse par s'émousser au contact de l'argent et des plans de carrière qui salissent tout et qui brouillent les sens.

Avant, ça n'était pas mieux non: avant c'était juste différent, peut être plus accessible. L'équipe de Namibie comptait encore dans ses rang quelques garçons qui ont mis leur vie civile entre parenthèses quelques semaines pour pouvoir se jeter dans aventure. Dans quatre ans, ils seront tous professionnels et une page aura été définitivement tournée.

Alors que la Rose d'Angleterre s'apprête à se dresser, toutes pétales et épines dehors face au Springbok bondissant taillé dans la masse sous le regard de milliers d'objectifs et autant de millions de spectateurs, je pense à mon grand-père et à mon père bondissant à leur manière devant le petit écran du salon au milieu de la famille qui n'était pas en reste dès qu'une phase de jeu se faisait plus pressante. A cette époque les résultats ne faisaient pas l'ouverture des journaux télévisés et les retransmissions étaient souvent tardives. Albaladéjo tempérait les envolées de Salviac et de son récurrent numéro 17 -Charentes maritimes! Nous étions en 1991 ou 1995... C'était juste hier.

 

12.10.2007

Haka

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Quand je croyais mourir, l'ennemi à ma suite
Tu as ouvert la terre afin qu'en elle je puisse
M'effacer de ce monde pour le temps de ma fuite
Désormais c'est pour toi que mes mains frappent mes cuisses

Je suis mort! Je suis mort...Non. Je suis bien en vie
Et je m'en vais sortir jusque vers le soleil
Une marche puis une autre pour quitter le sommeil
Qui guette dans ce trou le guerrier à l'envie

Maintenant c'est pour toi que je fais cette danse
Ka mate! Ka ora! Et je frappe en cadence
Chef au pelage sombre, il est là le soleil!

Mon histoire pour longtemps restera sans pareille
Whakawhiti te ra! Au long nuage blanc
Mon île et sa fougère sur le noir de ton flanc.

 

Gab.Xerxès pour HQb, oct 07

28.09.2007

Obscurantisme

Au Pakistan, on les défigure au vitriol.

En Mauritanie, on les gave pour les faire plus rondes.

Au Soudan, on les excise. Ailleurs, on les viole en public...

En France, on les assassine encore dans l'indifférence des banlieues pourries.

Partout où les femmes sont traitées comme des marchandises ou des boucs-émissaires, là est le vrai deshonneur. Seul celui-là compte vraiment. Il fait des hommes des créatures frustes et lâches réfugiées derrière l'écran aux contours mal définis qu'on nomme traditions ou rituels.

Dans toute la palette de ses différences, dans son humanité, la femme est l'absolue égale de l'homme. Et selon la juste marche de choses, il ne saurait en aller autrement. Cette vérité première ne souffre pas d'être remise en cause.

26.09.2007

Projet "Yellow Mountains"

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Bien plus qu'un simple texte, le projet Yellow Mountains -du nom d'une très belle pièce musicale pour harmonie de Jacob De Haan- est quasiment conçu comme une profession de foi.

J'ai entrepris de mettre des paroles sur cette musique dont la structure évoque celle d'un hymne. Des paroles dépassant ma seule réflexion personnelle et accessibles à tous ceux qui pourront les lire ou, qui sait, les entendre si elle sont chantées un jour.

Chaque couplet sera composé dans une des principales langues européennes si chères aux ours : français, anglais, espagnol, allemand et italien. C'est un projet auquel vont collaborer plusieurs amis doués pour l'une ou l'autre et qui m'apporteront leurs connaissances.

Un excellent brainstorming fédérateur, en somme, avec, je l'espère à la clef, une belle réalisation.

16.09.2007

Hiatus

 

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                                                      Delacroix, La Liberté guidant le peuple (détail)

 

Je vis dans un drôle de pays.

On m'y parle de liberté alors que des milliers de lois remplissent les registres officiels et qu'on oublie de les valider et de les faire appliquer quand elles ne sont pas, tout simplement, inapplicable sur le terrain... Ou pire encore: vidées de leur substance par le Conseil Constitutionnel.

On m'y parle d'égalité et je vois partout des gens qui hurlent pour défendre des acquis sociaux qui ne sont pas destinés à tout le monde, autant de poids et de mesures qu'il existe de catégories socio-professionnelles. Une jungle de privilèges qui ne sont pas même acquis par le mérite ou par la naissance, par tradition familiale mais juste du fait d'un habile jeu de chaises musicales et de négociations laissant beaucoup d'individus sur le bord du chemin.

J'entends aussi le mot de fraternité alors que les gens se détestent, passent leur temps à envier la carrière, le salaire, les signes extérieurs de réussite du voisin. La ville a peur de sa banlieue qu'elle considère aussi avec le mépris des gens qui se croient installés et intouchables. Les couronnes s'abrutissent et enferment trop facilement les individus dans des cases: le "céfran" par-ci ou la "bourge" par là. Les voisins de palier ne se croisent même plus dans les ascenseurs...

On se craint, on s'ignore quand on ne se regarde pas de haut.

Il y a pourtant des passerelles ou des tentatives de ponts. Associations, hommes et femmes de bonne volonté qui fédèrent autour d'eux des gens de tous horizons...Cependant, la tâche semble immense. Tout ce qui est patiemment construit avec le pierre de l'humanisme est mis à mal par les agitateurs d'épouvantails de tous bords que les médias font et défont au gré des modes, des stratagèmes et des envies.

Alors on ne parle plus que de résultats, que d'argent, que de statistiques. L'homme est toujours une marchandise avec  une considération à géométrie variable selon ses origines. Certes, on prend davantage de pincettes pour "reconduire à la frontière" l'immigré clandestin mais tout cela n'est que poudre aux yeux. Les vraies questions sont éludées, nous n'avons pas de vue à moyen et long terme.

La main sur le coeur on parlera de République et de laïcité, de droit. On vantera l'abnégation de la Résistance face à la barbarie, on distillera les remords dans les consciences des plus jeunes en disant "plus jamais ça". Dans le même temps les égarements, l'à-peu-près, les injustices criantes font le terreau des horreurs futures et d'une autre barbarie, bien actuelle celle-là, qu'on pensait ne plus voir.

Je suis dans un pays, dans une société qui souffle tout et son contraire et qui a fait de l'hypocrisie une vertu. Une contrée qui ne sait plus voir au delà du premier plan, qui sort d'un passé difficile et qui, en dépit de l'amélioration incontestable de son niveau de vie, n'est pas capable de se défaire d'une forme d'obscurantisme. Il faut penser comme l'autre, s'habiller comme l'autre, contester pour contester sans vraiment savoir pourquoi. Le passé fut une suite de douleurs, l'avenir ne s'annonce pas meilleur parce qu'il n'y a pas de volonté de se dépasser.

Ceux qui offrent une image positive tournée vers l'effort, le courage, le soucis des autres sont rapidement ramenés vers des contingences orchestrées par la publicité, le marketting. Les gaillards du ballon ovale starifiés se retrouvent couverts de marques et descendus en flèche au moindre faux pas par ceux-là même qui les avaint placés au pinacle. Les grands acteurs de l'humanitaire se voient liés à des gouvernements, des groupes dont l'action est par nature incompatible avec leur mission.

Qui remarque désormais le courage, la belle action, la grandeur d'âme, l'altruisme?

Le hiatus est partout. Sans doute autant qu'ailleurs dans le monde civilisé -c'est à dire celui qui respecte l'existence et l'intégrité de chaque individu - mais peut-être est-il encore plus cruel ici parce que le pays héxagonal fut celui des Lumières.

Ces mêmes Lumières qui constituent une bonne partie de mes propres assises personnelles et de mon propre cheminement.

Où sont les gens qui, comme moi, recherchent en toute chose la fameuse "voie de la moindre violence", ceux qui placent l'Homme au centre de leurs actions et le Droit au dessus de tout ? Plus que jamais leur voix est capitale et elle s'affranchit bien des considérations nationales, des hymnes et des drapeaux.

04.09.2007

Avant goût ovale

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D'ici quelques jours, pour fêter la coupe du monde de Rugby et l'esprit si particulier de ce sport, Arkubear publiera une exposition en ligne qui lui sera consacrée, inaugurant son site dédié au Bear art.

Vous y découvrirez, entre autres, la version complète du texte que j'ai écrit pour cette occasion et dont je publie ici un extrait.

 

"Pendant une heure et demie, le monde se projette sur de l’herbe verte.

La Terre n’est plus ronde mais rectangulaire. Les océans qui en bordaient les confins se transforment en lignes et les sommets infranchissables, en deux gigantesques H majuscules : le début et la fin d’un espace vital.

 

Ici s’établit le cœur d’une sorte de temple bordé de gradins, la version inversée du téménos des sanctuaires gréco-latins dont l’espace sacré couronnait une volée de marches, en hauteur, comme sortant du sol. Le rectangle végétal quadrillé de damiers est parfait, il a l’immensité du ciel pour vis-à-vis.

Et c’est là que trente hommes vont tenter de dompter le soleil.

 

Cet astre ovale n’est plus fait de cuir. La technologie l’a davantage affûté et doté d’une surface rugueuse mais il continue à virevolter de mains en mains. Comme une planète, il avance puis recule. Tantôt son orbite chaotique monte, tantôt elle descend et, à chaque fois, il y a cette nouvelle force extérieure qui lui imprime une autre trajectoire.

Ceux qui sauront conserver auprès d’eux cet étonnant soleil le plus longtemps, transformant ses chutes en précieux points, gagneront la victoire et la reconnaissance de la foule qui retient son souffle.

Les dompteurs qu’on appelle joueurs ressemblent à des arbres au bois épais et aux branches agiles. Leurs pieds s’enracinent avec précision dans le rectangle vert faisant voler des mottes de terre autour d’eux.

Régulièrement, la forêt en mouvement s’entrave, s’entrechoque et s’enchevêtre dans des craquements mats. Le soleil n’est pas loin et il jaillit des feuillages. Puis elle se ramasse sur elle-même jusqu’à bâtir un pont aux arches multiple où se déploie une poussée extrême. La mêlée illustre un petit miracle de physique appliquée qui veut que, de deux forces identiques en opposition, naisse l’équilibre.

 

Il y a dans le rugby, plus que dans tout autre discipline, quelque chose de quasi mystique. Ce sport peut se lire à plusieurs niveaux. Sans doute parce qu’il mêle les réflexes primitifs de notre humanité (les notions de conquête, de combat, de groupe) aux subtilités de règles issues de la raison et de l’esprit. Il met en scène des individus qui synthétisent les grandes vertus viriles : la force, l’endurance, le courage, la stratégie de groupe, l’esprit de corps et le respect.

 

L’adversaire n’est pas mon ennemi, mais dans la quête de ce fameux soleil, je dois le combattre me montrer plus fort que lui pour que de cette lutte sorte un équilibre étayé et relayé par mes coéquipiers. Dans cette course folle, je frôle toujours mon « état de Nature » représentée par la brutalité primaire, mais au dessus de moi, il y a la Règle sans laquelle rien n’est durable.

 

Dans la mythologie du rugby, l’élément central est constitué par les rugbymen, à la fois guerriers et héros. Ils ne sont pas tous beaux, non, mais ils dégagent quelque chose de particulier, d’unique…

Les médias, si prompts à faire et défaire les destins et les canons, se focalisent trop promptement sur tel ou tel individu au sourire ravageur. Ils s’égarent et n’ont pas compris que ce qui fascine ne se voit pas au premier regard mais se trouve ailleurs... "

 

23.08.2007

Quand la conscience devient commune

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La planète Terre, sphère dont les pôles sont légèrement écrasés du fait de l'effet de rotation, se compose de roches en fusion disposées en strates successives depuis le noyau jusqu'à la croûte refroidie, son stade ultime.

Cet ensemble est lui même "contenu" dans une enveloppe de gaz, l'atmosphère constituée également de niveaux.

Voici pour une vision scientifique classique et simplifiée. Une vision au premier degré en quelque sorte.

Essayons d'adopter un autre point de vue en y intégrant le vivant et, en particulier, le dimension humaine. Dès lors on obtient le schéma suivant:

-La sphère de base, constituée de l'ensemble des roches, du noyau à la croûte: la lithosphère

-La suivante, composée de la flore et de la faune, tous milieux confondus, êtres humains (en tant qu'organismes) compris: la biosphère

-Intégrons un niveau intermédiaire issu justement des activités humaines et des interactions qu'elles impliquent depuis la naissance des civilisations, tant sur un plan économique, politique qu'environnemental: la sociosphère

-Quatrième couche, celle qui a rendu possible la vie telle que nous la connaissons et que nous en jouissons: l'atmosphère

-Enfin, la dernière, magnétique celle-la, que des théoriciens pressentent depuis l'antiquité, à des degrés de "démonstration" divers: la noosphère, ou zone de la conscience commune.

 La théorie de la noosphère trotte dans la tête des penseurs depuis longtemps. Le savant grec Parménide en imaginait déjà les bases et les sages médiévaux, mélangeant connaissances empiriques et savoirs ésotériques, le concept. C'est surtout à Pierre Teilhard de Chardin que l'on doit la première grande réflexion construite sur cette notion.

Le cerveau humain fonctionne avec deux lobes au moyens d'influx chimiqiues et électromagnétiques. Si l'hémisphère gauche est davantage dévolu à la logique, le droit fonctionne à l'intuition. Il est capable de synthétiser des données, qui ne sont pas toutes conscientes pour les restituer sous forme de messages: les intuitions, les impressions.

L'Homme a, de tous temps, utilisé des media pour traduire ces intuitions cérébrales: pendules et autres boules de cristal. Lorsque le pendule du radiesthésiste s'agite pour indiquer une direction où une réponse, il réagit autant du fait du magnétisme terrestre que de celui impliqué par le cerveau droit de son manipulateur. Ce qui tendrait à monter que grâce à notre faculté de pré-science nous avons déjà en nous un certain nombre de réponses aux questions que nous nous posons, justement parce que notre lobe droit travaille plus vite et pour ainsi dire "au feeling" avec tout ce qu'il capte du monde extérieur.

L'idée de la noosphère a ceci d'intéressant qu' elle ne s'oppose pas aux connaissances scientifiques actuelles (il ne s'agit pas de super pouvoirs ou de magie) et, surtout, elle offre une piste de réflexion sur la notion de conscience humaine qui serait à la fois générée par chaque esprit (en fonction de sa culture, de son implantation géographiques, de son milieu social) et alimentée par une sorte de banque globale constituée de l'ensemble des autres consciences. Bref, notre cerveau aurait la faculté de se brancher sur une dimension magnétique entourant le globe -comme son champ de force par ailleurs connu et démontré-: cette fameuse noosphère.

Teilhard de Chardin et d'autres savants plus contemporains expliquent que ce réseau d'ondes "cérébrales" serait d'autant plus aisément généré que, plus un cerveau réfléchit, plus il "chauffe" et émet donc de l'énergie. Pour davantage de développements techniques sur cet aspect, on se reportera à l'entrée que wikipédia lui consacre (art. "noosphère").

La théorie de la noosphère est d'ailleurs à l'origine d'une création tout à fait originale: Internet. La technologie a rendu possible une approche tangible de ce qui existe peut être déjà dans et au dessus de nos tête depuis la création de l'être humain.

D'ailleurs, si on s'en tient au principe des ondes et d'une fréquence commune, il y a fort à parier que les animaux aient aussi une capacité à se connecter sur un autre niveau de noosphère. La complexité de leurs codes de "langage" et leur sixième sens pourraient alors en partie s'expliquer.

Bien que l'on explique "scientifiquement" les impressions de déjà-vu que l'on peut percevoir parfois, la noosphère complète cette approche: le déjà-vu serait le résultat d'un partage d'ondes avec un où plusieurs autres cerveaux (droits)émetteurs. En d'autres termes, ce qui je vis là à cet instant t, mes sensaitions psychologiques, le cadre dans lequel j'évolue, les gestes que je fais pour écrire cette note pourraient être aussi perçus par une autre personne à l'autre bout du monde qui se demanderait alors où elle a pu "voir" ces bribes qui lui passent par la tête.

Naturellement il ne s'agit que d'une théorie. Elle soulève de nombreuses questions techniques et suppose, pour la vérifier, de mettre au point des expériences qui ne sont peut-être même pas encore conceptualisables (faute de technique). C'est pourtant une piste vivace qui intéresse à la fois certains scientifiques et des penseurs, à différents niveaux. Pour ma part je m'y intéresse de longue date parce qu'il y a une dimension philosophique capitale dans cette idée de noosphère: l'interdépendance des être humains entre eux d'un point de vue spirituel et leur inscription dans une sorte de logique plus vaste, comme dans une chaîne dont ils ne seraient que quelques maillons.

On peut avoir l'intime conviction d'être unique -du fait, notamment de notre patrimoine génétique à la fois synthétique et totalement original- et accepter l'idée que nos pensées, nos impressions soient reliées à celles de nos semblables afin de nous aider à progresser.

Et je trouve celà plutôt rassurant.

03.08.2007

Diverses petites choses

Visibles d'ici quelques semaines sur le blog dessins de mon ami Taj.

Un joli rugbyman et un p'tit cub fort sympathique dont je commence la colorisation ces prochains jours et toujours à la souris :-).

Un tout petit avant goût des traits bruts (détail).

 

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