07.04.2006

"L'évangile de Judas"


Il s'agit d'un texte écrit en copte -langue des anciens égyptiens transcrite avec un alphabet de type grec et devenue langue cultuelle des chrétiens d'Egypte- sur papyrus et découvert dans le désert égyptien dans les années 1970. Il devait être conservé dans un vase, une poterie.
Ce document est passé de mains en mains depuis trente ans avant d'être étudié aux USA et de révéler ce qu'on nomme un "évangile apocryphe". Un texte contant la vie du Christ en se basant sur des récits oraux de l'époque mais trop récent, toutefois, pour figurer dans la "sélection officielle" des textes réunis dans la Bible.


Ce document date du IIème-IIIème siècle de notre ère et seuls des écrits antérieurs ont été considérés comme authentiques par les Pères de l'Eglise. Suffisemment fiables (c'est à ditre déjà politiquement corrects)
en tout cas pour constituer le Nouveau testament. Toutefois, il semble bien qu'Irénée de Lyon eut connaissance d'un document similaire dès de IIème siècle. Il se pourrait donc que ses origines
soient plus anciennes.

Les chercheurs commencent à s'émouvoir car ils pensent que ce récit apporte un éclairage nouveau sur l'histoire -la légende?- de Judas.
Les évangiles racontent que Judas, de mêche avec les soldats romains (l'équivalent d'une maréchaussée travaillant pour le pouvoir romain et le Sanhédrin, l'autorité juive de l'époque à Jérusalem), les aurait conduits jusqu'au lieu où Jésus et les disciples se réunissaient.
Là, il aurait embrassé son maître afin que les soldats sachent qui embarquer. Tout celà contre quelques pièces d'argent... Une petite fortune à l'époque.
Voici donc pourquoi Judas, le Treizième apôtre a toujours été honni et, à travers lui, la totalité de la communauté juive.
C'était pourtant vite oublier que Jésus est né, a vécu, est mort juif! Le christianisme est né après lui, à partir du moment où son enseignement a été popularisé.

Le papyrus en question monterait que, loin d'avoir trahi Jésus, Judas n'aurait fait qu'exécuter ses ordres. Ce qui expliquerait aussi qu'il se soit suicidé de dépit par la suite.
Cela paraît en effet un peu capilotracté (comprenez: tiré par les cheveux) comme hypothèse, mais elle est loin d'être sans intérêt.

En effet, selon la tradition, pour que le Christ réussisse sa mission (racheter le péché originel qui a plongé l'humanité dans le malheur) il fallait qu'il meure comme le plus simple des condamnés. Jésus, incarnation de Dieu, s'est fait homme pour vivre comme un homme.
Or, pour que la prophétie se réalise, il fallait un motif aux autorités locales. Jésus parlait de "royaume", du "royaume de son père". Le Sanhédrin a conclu qu'il revendiquait le pouvoir (en plus, Jésus était bien d'ascendance royale puisqu lié au roi David par son père "terrestre", Joseph).
Le proconsul Romain de l'époque, Ponce Pilate, ne pouvant se permettre que des troubles agitent la remuante province de Judée décida que le Sanhédrin règlerait cette affaire interne. Le pouvoir romain se contentant d'arrêter l'agitateur et de lui infliger sa peine.

S'il ne se cachait pas vraiment, Jésus était quand  même bien entouré, protégé par le peuple, et il voyageait beaucoup. Pour le capturer, il fallait que quelqu'un de son entourage direct facilite la chose.
Si on part du principe que Jésus a bien un aspect divin, on peut dès lors imaginer qu'il savait bien à quoi s'en tenir sur sa destinée... Il fallait juste qu'il soit livré!
D'ailleurs, les évangiles disent bien, quand ils décrivent le dernier repas du Christ au milieu de ses apôtres (la fameuse Cène), qu' "il entra librement dans sa passion". Donc, il savait ce qui allait se produire.

Cette théorie a d'ailleurs déjà été exposée et étudiée par divers théologiens durant ces dernières années.
On ne pourra jamais prouver ni réfuter cette hypothèse.
Il manque toujours, en effet, LA preuve archéologique attestant de l'existence même de Jésus. Alors Judas...

Toutefois, on devine aisément l'inconfortable position de l'Eglise, qui depuis 2000 ans surfe sur la culpabilité du personnage (qui a rejailli sur le peuple juif dans son ensemble), si ce récit était authentifié d'une manière ou d'une autre.

"Tu surpasseras tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert d'habit."

 Pour plus d'infos : http://www.liberation.fr/page.php?Article=373135

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