27.04.2006
Les lycées Robespierre

Maximilien de Robespierre 1758-1794
Dans le Nord-Pas-de-Calais il existe deux lycées portant le nom de Maximilien de Robespierre. Le premier est à Arras, ville où a vécu le personnage, notamment entre 1787 et 1789 dans une maison abritant aujourd'hui le Musée du Compagnonage. Le second est établi à Lens.
J'ignorais, jusqu'à peu encore, que ces établissements avaient été ainsi baptisés et j'en suis resté passablement effaré.
Les responsables de ces décisions (communes et académie) se sont-ils bien rendu compte de ce qu'ils faisaient?
Robespierre l'Incorruptible, dit-on à Arras. Celui qui prônait la Vertu dans la République... Pourrait-on imaginer un Lycée Mussolini ou Pol Pot? Non. On a pourtant vite oublié qu'entre 1793 et 1794, en à peine une année, Robespierre fut à l'origine d'une des périodes d'épurations les plus tragiques de l'histoire de France. Les fusillades de Lyon, les noyades de Nantes, la suppression de l'avocat de la défense dans les tribunaux révolutionnaires, c'est lui.
Même en demeurant le plus impartial possible, en tentant de justifier ces excès par le contexte de l'époque, éventuellement même par la nécessité -humainement très contestable- de donner un grand coup pour changer durablement de régime, il est impossible de ne pas considérer Maximilien de Robespierre comme un dictateur. Lui-même d'ailleurs parlait de "terreur par la vertu". Il est à l'origine de ce qu'on appelle la Terreur qui a broyé des vies entières en quelques mois avec une folie destructrice telle qu'elle finit par ecoeurer ses propres contemporains et par condamner son instigateur lui même.
La mort de Robespierre est un résumé de son temps de pouvoir: une ivresse de sang. Se sachant victime d'un complot, il arrive à s'enfermer chez lui, à Paris, pour se tirer une balle dans le crâne. Mais il se manque et, le visage à moitié emporté par le coup de feu, agonisant, il est traîné comme un pantin vers la guillotine...
Robespierre ce fut ça, bien loin du héros que des élites, a postriori, ont voulu mettre sur un piédestal. On peut être républicain convaincu et ne pas cautionner ce choix et j'espère qu'un homme politique aura un jour le courage de jeter un pavé dans la mare pour que ces établissements changent de nom.
13:52 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Je pense qu'aujourd'hui certains mériteraient le même chatiment et finalement la révolution n'as pas servi de leçon Si nous élisons nos représentants ils se gardent bien de laisser la place à de nouvelles têtes et on a toujours les mêmes qui sont un peu des rois ou des seigneurs... Mais j'ai toujours pensé que Robespierre était le comparse de jean Marc Thibault. (je sais elle est facile et pas de moi)
Ecrit par : Damien | 27.04.2006
Bonjour
Demandons déjà aux hommes politiques de faire ce qu'ils ont à faire aujourd'hui. Préoccupation première, ensuite, on verra, s'ils sont sages.
Ecrit par : Rony | 27.04.2006
@ Rony: soit :-) Mais mon propos précisément ici n'était pas de parler de la sagesse des hommes politiques, juste de repérer une sorte de paradoxe, tout Jacobin peut-être, dans cet exemple...
Bienvenue en tout cas.
Ecrit par : Hugo Qb | 27.04.2006
Je fais amende honorable, loin de moi de vouloir polémiquer.
merci de votre accueil.
Ecrit par : Rony | 27.04.2006
C'est dans la nature de l'homme de glorifier de faux héros et d'oublier le sang qu'ils ont sur les mains , mais il semble qu'il leur faille des repères , dieu , les héros etc ...
Même si ceux cis sont imparfaits et ont souvent des cadavres dans leur placard , j'ai un peu de mal avec cette idée de se raccrocher à tout prix à un modèle à une icône , j'aime et j'admire des trucs dont je sais qu'ils sont artificiels mais je n'idolatre pas , loin s'en faut .
Enfin comme qui dirait , chacun sa m...
Ecrit par : Thierry/TAJ | 27.04.2006
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