10.05.2006

Petit que j'étais, moi

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Petit que j'étais, moi
Sur l'île de Gorée
Sous l'enjambée des portes
Du temps des chaînes mortes

Petit que j'étais, moi
Mes sandales à l'orée
De la sanglante enclave
La Maison des esclaves

La mer ne dit pas tout
Des corps qu'elle a léchés
Petit moi que j'étais
J'en devinais partout

Seul le sel peut absoudre
L'océan peut dissoudre
Les murs, pas l'homicide

Sur la peau noire, les fers
Sur le port, les affaires
Conclues en génocide


 

HQB, 2006, "Amours, délices & orgues"

 

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Commentaires

Belle contribution à l'ouverture des mirettes par rapport à cette horreur humaine qu'est l'esclavage.

Ecrit par : Thierry/TAJ | 11.05.2006

cet arangement de mots est tout simplement beau.

Ecrit par : vpu | 11.05.2006

Tes mots obligent ma mémoire à me souvenir d'autres mots....

"Partout dans le monde, on refoule ce savoir, ces informations qui, si l'on en était conscient, viendraient détruire l'image que nous avons du monde et nous obligeraient à nous interroger nous-mêmes.
Partout, dans le monde, se joue "Au Coeur des Ténèbres"."

Sven LINDQVIST : "Exterminez toutes ces brutes"

Ecrit par : scape | 11.05.2006

Je suis sensible à tes mots.

Ecrit par : Jean-Yves | 13.05.2006

@ Jean Yves: merci à toi, ton site est une mine culturelle :-). J'ai bcp taquiné la rime il y a un moment, tout comme les mots...Mais ils demeurent ds les tiroirs, hélas.

@Scape: je ne connaissais pas Lindqvist qui a, pour toi, on dirait une grande importance...

Ecrit par : Hugo Qb | 13.05.2006

Peu de textes sont traduits encore de cet auteur suédois, et j'avoue en effet avoir été profondemment marqué par ma lecture de "Exterminez toutes ces brutes". Sous le couvert d'un récit somme toute relativement personnel, presque un récit de voyage, l'auteur nous emmène "au coeur des ténèbres" en basant son travail sur l'importante littérature européenne du XIXème siècle qui justifiait à mots couverts ou non l'anéantissement de peuples entiers, au nom de la sacro-sainte "civilisation" ou encore pire, au nom du "progrès".
Il est difficile de conseiller la lecture d'un tel voyage poétique dans l'horreur, et pourtant il me semble tellement d'actualité. Sans dire que l'histoire est un éternel recommencement (ce qui est à demi-faux ou à demi-vrai !!) il serait dommage de laisser dans les marges de tels avertissements. La photo de Gorée que tu mets en ligne participe, à ce titre, aux mêmes avertissements.
Merci encore de ce très beau texte...

Ecrit par : scape | 15.05.2006

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