19.07.2006

Côte d'Ivoire, cote d'alerte

 

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Dans les années 1970, quand j'étais gamin au Sénégal, la Côte d'Ivoire, et surtout Abidjan, sa capitale économique -Yamoussoukro étant capitale administrative- faisait figure de modèle politico économique d'une Afrique qui avait, tant bien que mal, réussi négocier sa sortie de l'époque coloniale.

 

Evidemment, les problèmes et les inégalités étaient légion mais les différentes ethnies vivaient en paix, mangeaient à leur faim, les enfants allaient à l'école.

Le "Vieux" Félix Houphouüet-Boigny, l'un des instigateurs de la décolonisation (avec le sénégalais Senghor et le gabonais M'ba, pour ne citer qu'eux) régnait en despote éclairé, confondant largement finances publiques et privées,  comme en France à l'époque du Grand Siècle, recevant les chefs d'Etat du monde entier dans un concert d'acclamations.

Evidemment le spectacle était démocratiquement contestable mais, au moins, il y avait la paix.

 

Trente ans après c'est tout l'inverse. Les guerres entre nord et sud du pays, entre partisans et opposants d'un chef d'état pantin qui souhaitait gouverner comme son auguste prédécesseur sans en avoir l'envergure, ont ruiné le pays et poussé ses populations à des situations extrêmes.

Pour manger à Abidjan, il faut maintenant se prostituer ou rançonner les gens dans la rue. Les européens ont quitté massivement le pays, or avec les libanais qui y avient trouvé refuge lors de la grande guerre des années 70-80, ils représentaient un incontestable pilier de l'économie locale car ils investissaient dans le pays.

Les finances sont massivement cansacrées à l'effort de guerre civile locale, il n'y a plus d'argent pour les hopitaux et les écoles. Des maladies éradiquées dans les années 1930 refont leur apparition: la fièvre typhoïde par exemple... Le SIDA se développe à vitesse grand V. La Côte d'Ivoire se transforme en véritable bombe à retardement. Cette bombe menace non seulement l'Afrique mais aussi l'Europe.

 

A l'heure où on parle beaucoup de Charters et de reconduites à la frontière, ne ferait-on pas mieux de traiter les problèmes à la racine? Pour une action efficace afin de rendre au citoyens ivoiriens, comme aux autres d'ailleurs, le droit à vivre en paix dans leur pays avec la considération auquel chaque être humain a droit, il n'y a qu'une seule chose à faire: cela se nomme ingérence humanitaire.

La Communauté internationale n'a qu'à décider, une bonne fois pour toute, d'entrer faire le ménage en Côte d'Ivoire, désarmer les bélligéreants, de gré ou de force, organiser des élections libres et démocratiques, réunir les sages et les hommes politiques du pays pour leur demander de rédiger une Constitution.

Il est des moments ou le blabla idéologique doit laisser la place à l'action. Si un pays n'a plus matériellement les moyens ni les esprits compétents pour se relever, c'est à l'ONU de le faire, et de manière énergique.

Voir des enfants prendre les armes ou se prostituer pour manger, assister à des massacres inter-ethniques, écouter les discours cyniques de chefs de guerres ou de prétendus "rassembleurs" est humainement intolérable et, au même titre qu'on ne balaye pas un dallage avec une brosse à dents, on ne traite pas de problèmes urgents et vitaux sans s'en donner réellement les moyens.

Quitte à déplaire à ceux qui crient au néo-colonialisme.

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