04.09.2006
"Mon coeur s'ouvre à ta voix"

Samson et Dalila, par Rubens. Une vision tres "flamande" du récit biblique.
Parmi les airs d'opéras qui me transportent littéralement figure cette aria, chantée par le personnage de Dalila dans l'opéra de Camille St Saens "Samson et Dalila" créé entre 1868 et 77 et présenté la même année à Weimar (puis en 1892 à Paris).
Le compositeur et son librettiste F.Lemaire se sont inspirés de la célèbre histoire du Juge biblique Samson, un beau gaillard à la force colossale que sa longue chevelure symbolisait -il avait été consacré à l'Eternel à sa naissance- qui se fit raser de près par Dalila dans son sommeil. La Bible fait de Dalila une femme de petite vertu travaillant pour la solde des Philistins, ennemis du royaume d'Israël...et accessoirement ancêtres des palestiniens actuels (quelle coincidence!). Ce fut vraisemblablement plus complexe. Si Dalila a trahi le secret de Samson qu'il lui livre dans un moment d'extase amoureuse, c'était pour mieux gouverner son coeur. Ce récit illustre finalement l'éternel ascendant de l'amour -et donc aussi des femmes et de la ruse- sur la force brute masculine.
Voici donc les paroles de ce passage chanté par les plus grandes cantatrices dont la Callas et Montserrat Caballé.
"Mon coeur s'ouvre à ta voix,
comme s'ouvrent les fleurs
aux baiser de l'aurore!
Mais, ô mon bien aimé,
pour mieux sécher mes pleurs,
que ta voix parle encore!
Dis-moi qu'à Dalila
tu reviens pour jamais,
redis à ma tendresse
les serments d'autrefois,
ces serments que j'aimais!
Ah! réponds à ma tendresse!
Verse-moi, verse-moi l'ivresse!
Ainsi qu'on voit des blés
les épis onduler
sous la brise légère,
ainsi frémit mon coeur,
prêt à se consoler,
à ta voix qui m'est chère!
La flèche est moins rapide
à porter le trépas,
que ne l'est ton amante
à voler dans tes bras!
Ah! réponds à ma tendresse!
Verse-moi, verse-moi l'ivresse! "
00:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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