21.09.2006
Vent divin

Kami-Kazé, vent divin. Ce nom désignait les pilotes japonais qui se suicidaient en écrasant leurs avions sur les bâtiment de guerre américains lors des grandes batailles de la fin de la deuxième guerre mondiale (Okinawa, notemment).
Chaque avion transportait une bombe sous son fuselage et lorsque le pilote l'avait larguée, il utilisait son appareil comme arme supplémentaire. Les Américains ont subi de lourdes pertes en hommes et navires lors de ces raids désespérés. Plus de cinquante ans après, le terme de kamikaze fait toujours frémir. D'autant que de nouvelles formes sont apparues au fil du temps, récupérées par des mouvement terroristes.
Pourtant, que l'on ne s'y trompe pas. Au départ le kamikaze agit en temps de guerre, motivé par un idéal national mais surtout mandaté par ses supérieurs, au nom de l'Empereur.
Ces pilotes n'étaient pourtant pas des désespérés. Dilplomés pour la plupart de grandes écoles et institutions japonaises, pilotes émérites, ils constituaient le fleuron d'une société trés militarisée élevée dans le culte de l'esprit de sacrifice du samouraï poussé à son paroxysme.
Je suis toujours interpellé par les mécanismes et les rouages qui font qu'un être humain renonce à sa propre humanité, à son désir de vivre pour défendre un idéal...qui n'est à la base pas le sien, mais dicté par d'autres.
Ainsi, les gradés de l'armée japonaise envoyèrent à la mort des milliers de jeunes gens sans le moindre questionnement sur le bien fondé de cette action, soutenus par une société vivant dans une totale paranoïa car persuadée que l'ennemi américain anéantirait ses traditions s'il posait les pieds sur son sol.
La mort seule n'ayant pas assez de panache, il faut toujours envelopper les actes dans des discours pompeux promettant une vie éternelle dans le paradis des héros, le Walhalla des scandinaves, où celui des onze mille vierges de nos amis les musulmans (il convient de dire "ami", en ce moment, depuis l'incartade de Ratzinger Ier, c'est politiquement plus correct). Les mots étouffent l'esprit critique, la contradiction, et l'effet de masse fait son office de courant qu'il est impossible de remonter...
Combien de milliers de soldats ont-ils été ainsi sacrifiés inutilement dans l'histoire par des gens qui, eux, se tenaient en retrait? Ils se gardaient bien de défendre avec la ferveur jusqu'auboutiste qu'ils exigeaient des autres ces mêmes valeurs dont ils parlaient la main sur le coeur.
Malheureusement cela continue. On embrigade, on lave les cerveaux au nom de la Patrie ou de la Religion, deux idées empoisonnées qui ont germé et essaimé au fil des siècles dans l'esprit malade de quelques uns, couronnés, élus ou intellectuels plumitifs. Deux concepts dangereux dont il faut continuer à chercher les antidotes sans relâche, à l'échelle personnelle d'abord - par la connaissance, la critique, le libre arbitre- puis à celle des gouvenements.
Et il y a du boulot!
19:04 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Eh oui , c'est pas les têtes qui se sacrifient et pourtant ils devraient donner l'exemple..
Vous ne croyez pas ?
Ecrit par : TAJ | 22.09.2006
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