26.11.2006

Atmosphères...

 

medium_affiche_310.jpg

 Entre Das Parfum ("Le Parfum") de Tom Tykwer, adapté du roman éponyme de Patrick Süskind et El Laberinto del Fauno ("Le Labyrinthe de Pan") de Guillermo del Toro, de prime abord il n'y a pas véritablement de rapport.

Epoques et contextes différents, héros aux caractères diamétralement opposés (un homme qui transcende le crime d'un côté pour, paradoxalement, créer la vie et l'amour, et, de l'autre, une petite fille innocente qui se réfugie dans son monde imaginaire).

Pourtant ces deux films ont eu en moi un écho particulier et quasiment identique parce qu'ils ont en commun une atmosphère.

Lourde et angoissante, ponctuée de violence rude, de sourdes craintes de voir la souffrance s'abattre sur les protagonistes, elle amène peu à peu vers une sorte de révélation de la beauté là où on l'attendait le moins, grâce au don des personnages (le "nez" de Jean Baptiste Grenouille ou la puissance de l'imaginaire de la petite Ophélia). Le monde intelligible et le monde sensible pétri de noir, de cruauté, de misère et de guerre, se téléscopent pour déboucher sur une réflexion plus profonde et plus accessible sur notre propre humanité.

Le travail des réalisateurs, la mise en image et en musique de cette révélation orchestrent avec brio une émotion qui ouvre finalement les portes les plus lointaines de l'introspection.

En quittant la salle de cinéma, je n'ai plus senti l'air qui m'environnait de la même manière... Je ne porte plus tout à fait le même regard sur les contes de fées... Pendant quelques heures, le temps a comme suspendu sa course, le trajet du métro m'a semblé plus court et les voix des gens plus feutrées. Il y avait comme un trop plein versant à l'intérieur de moi.

Et puis le "surmoi" a repris le dessus et les portes cachées se sont refermées.

Les plus belles histoires ne sont pas forcément celles qui finissent bien mais peut-être bien celles qui ont trouvé la clef pour ouvrir ces passages un instant. 

 

medium_labyrinto_del_fauno_2006_teaser.jpg

Commentaires

J'ai eu la chance de partager ces émotions cinématographiques avec toi, et je t'avoue qu'avant de t'inviter pour une toile, je m'assure que le film est réalisé dans un registre qui accrochera ton regard très perçant, juste et parfois critique, et souvent ça fait mouche;)
ces deux films sont tout simplement beaux et bien réalisés
et on se prend à renifler chaque odeurs dans une rue, et on se surprend à chercher du regard des petites fées clochette qui seraient malicieusement cachées derrière un tronc d'arbre... c'est aussi ça la magie du cinéma.
au sujet du titre d'origine du labyrinthe de pan "laberinto del fauno" il faut comprendre que le faune en question dans le film s'appelle "pan"...et que c'est justement un faune, ou un dieu dans certaines mythologies, et curieusement considéré comme plutôt malveillant...

Ecrit par : greg | 27.11.2006

Pan est un dieu aux allures de faune , mais je n'ai entendu ou lu nulle part qu'il était malveillant , les satyres par contre , qui ressemblent aux faunes , sont moins sympas ..

Ecrit par : TAJ | 28.11.2006

Dans la tradition grecque, Pan est une divinité bénéfique mais son aspect sauvage en fait aussi un personnage ambivalent. Finalement s'il peut y avoir des dieux "tout mauvais" en mythologie hellène, il n'y en a jamais de "tout bons"!
Or justement, dans le film cette ambivalence est bien restituée car le Faune est à la fois serviteur d'une juste cause et pas toujours très rassurant...On en vient même à se demander s'il ne manipule pas la petite fille pour son propre compte.

Ecrit par : Hugo Qb | 29.11.2006

Ecrire un commentaire