11.12.2006
Vestales modernes
A l'époque de la République romaine, les cultes divins étaient affaire d'état, c'est à dire que les fonctions de prêtres représentaient des charges éminement politiques. D'ailleurs, Jules César fut, lui-même, flamine dialis très jeune. Parmi le clergé de l'époque figuraient les vestales, jeunes filles vierges attachée au culte de Vesta, déesse matérialisée par un feu constamment entretenu symbolisant la pérennité de Rome.
Cette congrégation vivait au coeur du Forum dans une grande villa de marbre dont les vestiges actuels sont encore très évocateurs. Soumise à des règles srictes de discipline, le moindre faux pas pouvait être très cruellement sanctionné (on parle de l'emmurement des vestales qui avaient perdu leur pureté). Au fil du temps, cette institution a pris une tournure beaucoup plus politique, la vestale demeurant un symbole fort de légitimité.
Dans bon nombre de civilisations antiques, on retrouve ce culte de la jeune femme vierge -ou tout au moins non mariée, ce qui à l'époque était quasiment impensable- représentant, plus que le souverain ou les institutions, la continuité de la civilisation. Les Divines Adoratrices égyptiennes procédaient du même principe, l'autorité politique en plus puisqu'elles administraient effectivement les dépendances du Temple d'Amon de Karnak (autant dire un bon tiers du territoire égyptien d'alors).
Virginité, pureté, beauté sont des éléments récurrents que l'on retrouve aujourd'hui dans un lointain héritage, davantage culturel et symbolique que réellement politique ou religieux: l'élection d'une Miss.
La survivance des rituels anciens est claire. Une jeune femme est nommée chaque année pour représenter un pays mais aussi une forme d'idéal de beauté et de proximité avec les gens.
Ca n'est sans doute pas fortuit si ce concours a été organisé dès la fin de la deuxième guerre mondiale, période de barbarie sans nom et de remise en question de tout les idéaux qui avaient pu contribuer à construire l'europe des Nations.
Si l'on suit la logique antique, Je ne serais pas étonné que les futures Miss finissent par dépasser le rôle actuel qui leur est attribué pour exercer un pouvoir beaucoup plus tangible et devenir de véritables enjeux.
D'ailleurs l'une d'entre elles, Elodie Gossuin, a bien été élue au Conseil de sa Région...

Rachel Legrain-Trapani, 60ème Miss France (2007). Photo Reuthers.
11:56 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ecrire un commentaire