22.02.2007

Affaire de terminologie

L'autre jour, j'entend à la radio un célèbre humoriste-animateur à lunettes du service public dire qu'on ne peut rapprocher le programme de N.Sarkozy de celui de J.M. Le Pen parce que ce dernier n'est pas un démocrate.

 

C'est avec ce genre d'approximations terminologique qu'on favorise la pénétration de l'extrême droite dans le paysage politique: plus on diabolise grossièrement, plus on fait le lit des extrêmes. 

 

Car M. Le Pen est bien un démocrate dans le sens où il respecte les lois démocratique d'élection, de représentation ainsi que les institutions. Cela n'a aucun rapport avec ses prises de position et les provocations verbales auxquelles le personnage se livre régulièrement et qui sont sujettes à caution.

Si M. Le Pen a bien des défauts on ne peut pas lui reprocher celui de fonctionner comme un dictateur sudaméricain. S'il ne croyait pas dans les institutions françaises de la République -qu'il connaît d'ailleurs parfaitement bien-, il y a fort à parier que depuis quarante ans il aurait déjà tenté plusieurs coups de force (sans, obligatoirement, penser au coup d'état difficilement réalisable dans un système institutionnel très encadré), au moins à l'échelle locale.

 

Bien sûr, on dira que les pires dictatures du XXème siècle ont découlé d'un processus démocratique progressivement dévoyé avant d'être détruit de l'intérieur. Certes, cependant dans tous les cas de nombreux signes avant-coureurs auraient pu alerter l'opinion publique (coups de force, militarisation de la jeunesse, récupération de la misère dans des organismes politisés...) demeurée aveugle dans sa majorité, trop occupée à se chercher un bouc émissaire.

Il est évident que le Front national a du user et abuser de passe-droits et de pressions, comme de nombreuses autres formations politiques d'ailleurs, afin d'obtenir des soutiens ou des financements. Il n'a fait que profiter des limites d'un fonctionnement politique et c'est peut-être cela qui est le plus scandaleux... Surtout lorsque l'on revendique bien fort "tête haute et mains propres".

 

Les journalistes, les personnages publics, ceux qui sont écoutés, devraient affiner un peu plus leur culture personnelle pour éviter de faire des raccourcis trompeurs et des comparaisons hasardeuses au nom d'une certaine (fausse) bonne conscience.

 

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