26.04.2007

C'est peut-être idiot...

Depuis que je suis adolescent, j'ai toujours été très intéressé par la politique. Pas au point d'en faire, non, mais plutôt à celui d'essayer d'en décortiquer les rouages, les répétitions, les innovations au moyen de l'apprentissage de l'Histoire, des lectures, de l'écoute des témoignages.

"Polis", la cité, en grec. Tout un programme. Ou comment gérer les sociétés humaines au mieux selons les valeurs des temps qui n'ont cessé d'évoluer. Comment faire cohabiter les attentes personnelles de chaque individu avec la notion de groupe structuré nécessaire à la survie de chacun...

L'Histoire m'a beaucoup appris et je suis conscient que je ne sais encore que peu de choses tant il faudrait continuer à étudier et se confronter aux terrains. Et tout n'est toujours pas pas "compréhensible" dans mon esprit de citoyen européen du XXIème siècle (comment a-t-on pu concevoir un être humain comme étant une marchandise? Comment peut-on sciemment choisir d'exterminer des peuples entiers au nom d'une idéologie, d'une philosophie, d'une religion?...).

La campagne présidentielle du moment, plus que les précédentes a suscité dès le début (deux ans en arrière!) mon intérêt parce que c'est une construction humaine reposant à la fois sur une part de tangible (les programmes, les enjeux) et une autre, totalement subjective (les amitiés, les haines, les oppositions fondamentales...). Une construction qui a repris des ingrédients vieux comme le monde, la communication, la propagande, la langue de bois, les alliances et défections.... On n'invente rien, tout se répète avec des méthodes différentes, certes, mais tout se répète.

Je me suis toujours obligé à considérer les choses en matière de politique sous un angle différent de celui qu'on voulait bien m'inviter à suivre. Juste par curiosité et pour rechercher cette notion de recul qui me semble si importante dès lors que je dois donner mon avis et faire un choix.

Du coup, je n'ai jamais été partisan car pour moi le monde, les hommes, les idées et les choses ne se scindent pas en deux seuls ensembles -les bons et les mauvais- mais se déclinent sur toute une palette beaucoup plus nuancée.

Ce qui pourrait passer pour de la tiédeur est en fait le résultat de réelles réflexions qui placent systématiquement l'Homme au centre. Qu'est-ce qui est bon pour lui, profitable pour son environnement et sa descendance, pour la formation de son esprit?

En cette période d'agitation médiatique autour des deux candidats qui postulent au rôle de Président de la République, je me sens mal à l'aise. C'est peut-être idiot mais je ressens comme une forme de tracas.

Je sais que je ne veux pas de M.Sarkozy à la tête de l'Etat. Depuis longtemps. Parce que le personnage me donne tout à craindre. Au dela de son programme politique que je n'attaque pas parce qu'il est tout à fait défendable et qu'il présente des points positifs comme sa part de voeux pieux et de mensonges à peine déguisés, au même titre que celui de Mme Royal, c'est ce que je perçois de l'homme qui alimente mes craintes. Son ambition presque revancharde, sa quête d'une certaine forme d'excellence justifiant des moyens contestables, son autoritarisme sous un verni bienfaisant de bon père de famille...

Même dans la plus grande des démocraties, on peut freiner les actions, poser une sourdine sur des paroles contestataires, limiter un champ d'action au nom de la sécurité et de la "cohésion nationale". Parfois, cela a du bon mais uniquement appliqué à doses homéopathiques. Les Etats-Unis ont connu celà il y a peu encore et la situation dure avec les excès de zèle que l'on connaît. Demain, l'impensable pourrait être justifié au moyen d'une bonne préparation psychologique. Les dérives policières par exemple de fonctionnaires mis sous pression ou la culture du résultat au détriment de l'action de fond...

Mais il est vrai qu'en matière de politique l'angélisme hypocrite est source de catastrophes et de lendemains qui déchantent (car il convient aussi d'apporter des réponses aux problèmes par l'action), tentation que la gauche a payé cher. Il faut bien se garder de faire des raccourcis trompeurs, trop faciles pour être honnêtes. Je suis le premier à le dire."Gouverner, c'est être impopulaire" (Fr.Mitterrand), ça n'est pas toujours aller dans le sens de la volonté générale qui ne possède pas toutes les clés et qui se montre souvent si changeante. C'est pourtant, à mon sens, rechercher la meilleure voie -celle de la "moindre violence" si chère à B.Werber- au milieu des embûches pour assurer le devenir d'un groupe d'hommes et de femmes responsables, sans chercher à les opposer ni à les placer dans un environnement où ils finiront par se battre.

Parce qu'une vie humaine ne se calcule pas en terme de rentabilité, de localisation géographique, de couleur de peau ou de culture. Elle est autrement plus fondamentale qu'un drapeau ou qu'un montage financier. Le travail ne sert à rien s'il n'est pas orienté, à terme, vers le développement personnel par le biais des interactions collectives nécessaires...

Je n'ignore pas que les images sont trompeuses et que les médias qui se pensent les maîtres de cérémonie peuvent être également piégés, mais il est des petits sourires carnassiers ponctuant des réponses, il est des questions retournées à l'interlocuteur avec un hochement de tête qui en disent long sur une psychologie qui décidément me tracasse.

Il serait illusoire de penser que lorsque l'on  devient Président on en oublie d'être homme, ou femme. Les tentations sont grandes et les vertus ne pèsent pas toujours bien lourd.

 

Commentaires

S"il y a un sujet pour lequel je n'ai aucune culture c'est bien la politique, je n'ai pas la mémoire des faits, je trouve ça trop compliqué et les hommes (ou femmes) qui embrassent cette profession, même si leurs idées sont louables au départ, finissent par s'écouter parler et rendre personnel leur combat.
Ils n'achètent pas leur pain, ne vont pas camper, ne passent pas l'aspirateur, ne prennent pas le train tous les matins...
Le français moyen leur est inconnu.

Ecrit par : maazz | 30.04.2007

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