26.05.2007

Beaufitude

Néologisme désignant une absence de classe, de retenue et de spiritualité. un comportement dénotant un manque de finesse et d'éducation.

Courses et lèche-vitrines à Lille cet après midi. Du monde comme tous les samedis et un temps mitigé. Grand place, un mariage passe dans un tintamarre de sirènes, à grand renfort de vociférations et et drapeaux aux couleurs de l'Algérie. Cela ne fait sourire personne.

Beaufitude de banlieue se transportant en centre-ville.

 Un peu plus loin, près de la maison au soleil d'or, un garçon se trémousse sur l'entablement d'une fenêtre d'étage une écharpe autour du cou, la voix grasse d'un chant intellectuel de supporter de foot. Une troupe de jeunes mâles restés sur la pavé lui répond en choeur, des gobelets de bière à la main. Il paraît que le club de Lens joue en ce moment même quelque part.

Beaufitude des sportifs de gradins et du prolétaire abruti en quête de sensations fortes.

Passage rapide au centre commercial d'Euralille avant de reprendre le métro tout proche.

Des enfants trépignent alors que les chariots débordant s'accrochent, se grillent la priorité. Bruit, caprices, parents débordés ou excédés.

Beaufitude de la famille "normale", merveilleuse cellule de base de la société qui pond des gamins sans savoir trop pourquoi et qui les promène juchés dans des Caddies au milieu des allées d'un supermarché...

A part cela, ici tout va bien. Un samedi ordinaire en somme.

 

21.05.2007

Enigme (2)

 

 "Le roubrelau sur la raruche greidi le vilarta des euros"

En quoi cela est magique?

20.05.2007

Les quatre piliers de la Cité

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Cité des Quatre Milles, La Courneuve.

 

Conçues dès les années 1950 pour répondre aux besoins pressants de logement et de développement de la qualité de vie en milieu urbain, les cités qui faisaient alors figure de projets expérimentaux ambitieux et modernes se sont depuis extrêmement dégradées. Pas uniquement sur un plan structurel avec le vieillissement d'installations et de matériaux qui n'étaient pas destinés à durer, mais surtout d'un point de vue social.

Le terme même de cité véhicule avec lui une nébuleuse d'a priori négatifs depuis les années 1980. Zones reléguées à la périphérie des grandes villes, ensembles monumentaux sans âme, banlieues dangereuses...Autant de visions qui n'ont rien fait pour aider le concept à se réformer.

Or aujourd'hui, les cités sont devenues de véritables poudrières parce qu'elles ont imposé un mode de fonctionnement, des valeurs, une culture qui s'opposent à l'évolution de la société et aux fondements sur lesquels elle est bâtie.

Les cités constituent des ensembles où l'humanisme -seul garant de la pérennité d'un système de gouvernance- n'a plus sa place. Elles se sont réorganisées tacitement sur une base formée de quatre piliers:

-la prédominance du patriarcat, avec des cellules familiales où l'homme, plutôt jeune et multiculturel, impose par la force et un détournement de valeurs plus anciennes son pouvoir sur les femmes (soeurs, amies, parentes). Le corollaire de ce patriarcat est un retour à la notion de loi du plus fort. C'est à celui qui saura s'imposer par des actions d'éclat, une résistance aux pouvoirs publics qu'ira le respect des autres. Cette situation constitue une formidable régression puisqu'elle fait retourner l'homme à un quasi "état de nature" qui est un état de guerre.

-La réputation ensuite. Elle étiquette chaque résident d'une manière totalement arbitraire puisqu'elle se base sur les ragots et la déformation d'observations toujours partiales et incomplètes pour caractériser une personne. Les jeunes femmes sont les premières concernées. Les violences qu'elles subissent ont souvent la réputation comme justification: jeune filles violées en réunion sous prétexte d'une mode vestimentaire trop aguicheuse (la "tasspé"), brûlées pour avoir montré trop de liberté d'action ou de propos, séquestrées et chaperonnées afin de maintenir un hypothétique état de virginité légentaire...

En règle générale, tout individu n'entrant pas dans la norme de la cité se voit montré du doigt avec, à la clé, le risque de violences tacitement acceptées par le groupe. Etre homo dans une cité relève du vrai parcours du combattant.

-La territorialité, encore. La base du pouvoir de type patriarcal attaché à un pâté de maisons, un quartier. Elle s'exprime au travers de l'organisation en bandes où seule la force prédomine. Les bandes s'opposent pour une zone donnée, elles disposent de leurs guetteurs, de leurs hommes de mains, de leurs casseurs. Elle mettent en place un réseau qu'on a pu comparer, à tort, à une relation néo-féodale. Dans la féodalité médiévale, les liens répondaient à un code d'honneur qui n'existe pas dans la cité, sauf quand il implique une idée de réputation.

La territorialité est d'autant plus présente qu'elle profite de la démission des autorités qui se retirent peu à peu du terrain et laissent croître des zones de non-droit. Du coup, elle favorise la ramification d'un réseau souterrain.

-Les économies parallèles. Elles permettent à la cité de survivre. Car est avant tout un univers de précarité dans lequel l'avenir ne s'imagine même pas. La désespérance fait partie du climat local et peut aussi expliquer qu'il perdure. La cité vit donc d'expédients, de détournements et de trafics (drogue, contrefaçons, armes...) assurant à quelques uns une "fortune" aussi rapide qu'éphémère.

 Voila pour le constat. Il est donc temps de cesser de tourner autour du sujet et de poser les problèmes sur la table afin d'en étudier les solutions de manière cartésienne, loin de la politique de l'autruche des uns ou de celles du Kärcher des autres.

Il y a quatre pistes à suivre à mon sens.

 -Amélioration de l'habitat et responsabilisation des résidents. Aux tours et barres de béton froid, où chaque fenêtre minuscule donne sur un vis-à-vis, il faut répondre par des ensembles à échelle humaine dotés d'espaces verts, de structures publiques (sportives, culturelles, associatives) et de transports. Cette modification ne peut se faire sans l'implication de chacun par une responsabilisation poussée sur la notion de bien public. Les dégradations n'apparaîssent pas toutes seules, il est donc impératif que chacun le comprenne et l'accepte. Afin d'y parvenir, les pouvoir publics doivent utiliser sans complexe la prévention, l'explication mais aussi la sanction.

-Brassage social. Si les cités d'aujourd'hui se sont transformées au fil du temps en poudrière c'est en grande partie du fait d'une absence de mixité sociale. Ces ensembles représentent tout autant de ghettos dans lesquels ont a un peu trop vite entassé les "pauvres" et les immigrés. Or on sait bien que la tendance humaine est au regroupement autour d'origines et de cultures communes s'accompagnant du rejet des autres. Il faut casser cette logique puisqu'elle s'oppose à l'humanisme et à la notion même de société.

Lorsque les voisins n'auront plus peur les uns des autres, lorsqu'ils ne se suffiront pas des on-dit pour se faire un avis sur la culture et les pratiques de l'autre, une grande part des problèmes des cités sera résolue.

-Education et encadrement. Que ce soit pour la responsabilisation du citoyen au bien public ou à l'ouverture aux autres, l'éducation demeure une donnée fondamentale. Elle implique que les pouvoirs publics développent des structures éducatives, bases du brassage, qui soient en mesure de former les enfants mais aussi les adultes en demande. Ces structures existent déjà, associatives la plupart du temps. Il conviendrait de les renforcer et d'établir des passerelles entre elles. La notions de responsabilité, de respect et de droit doivent impérativement être le point de mire de toutes les actions d'éducation et d'encadrement. La formation intellectuelle doublée de l'implication citoyenne constituent des assises incontournables.

On ne peut plus demander aux générations actuelles de se retrouver dans les idéaux si différents et, somme toute, assez partisans de leurs anciens: la République, la Nation, la Patrie... Il faut viser plus haut et parler de droit, de démocratie, de respect, d'accomplissement personnel, d'obligations citoyennes, d'humanisme tout simplement.

-L'implication économique. Pour mettre fin aux réseaux souterrains, la seule restauration de l'autorité par la responsabilisation et le droit ne suffit pas. Une assise économique est nécessaire: maillage par les commerces et les services de proximité, installation d'entreprises sur place où dans un périmètre proche favorisant un accès au travail. En soi, pas de révolution dans la mesure où c'est ainsi que la banlieue avait été initialement conçue. Il s'agit d'adapter aux besoin du XXIème siècle une recette qui n'a pas été menée à son terme auparavant parce que ces concepteurs s'étaient alors égarés dans des considérations trop utopistes de "cité radieuse" ou autres tripodes du type Mirail.

L'être humain n'est pas destiné à vivre entassé dans un climat de violence latente. Les "Trente glorieuses" ont oublié ce paramètre dont les conséquences ont des proportions aujourd'hui catastrophiques. La Cité cristallise toutes les limites d'un système qui génère des laissés-pour-compte à la pelle. La refonte du concept même de banlieue s'impose désormais comme un enjeu capital. Plus on attend plus le risque d'un grave embrasement augmente. Les événements de 2005 n'en ont d'ailleurs été qu'un signal avant-coureur.

16.05.2007

Devant la télé... Oui, ça m'arrive aussi!

Je suis en train de regarder d'un oeil relativement distrait l'émission de Mireille Dumas, ce soir, à la télé et quelques réflexions me viennent à l'esprit. Je me fais un plaisir de les partager ici.

La baronne Nadine vient de déballer, une fois de plus, son cynisme enveloppé de rose. Il n'y a rien à faire, l'emballage ne fait pas illusion. Fille de "rien" perturbée par ses origines au lieu de les assumer et d'en faire la pierre angulaire de sa dignité, elle demeure une parvenue. Elle représente à mes yeux l'un des profils-types de l'anti-humanisme par excellence.

Derrière le vernis souriant qui peut même prêter à rire, cette femme, comme d'autres, est un danger car elle distille par ses "conseils" tout ce que l'être humain attend pour conforter tout ce qu'il a de plus faux en lui.

Nadine est une sorte de Merteuil, le panache en moins. Je me rassure cependant en me disant que, comme l'avait si judicieusement déclaré De Gaulle en son temps, elle ne manquera pas de disparaître un jour de la surface de cette terre. On lui élèvera alors un beau monument avec les trop nombreux volumes de ses fadaises.

 

Christophe Dominici, également invité, est comme un bronze antique: aussi plastiquement bien tourné que terriblement creux. Encore un qui se dit "homme à femme" et n'a pas compris qu'il n'avait pas besoin de parler de ses aventures pour qu'on le croie bien volontiers. Pauvre petite chose, victime de bruits évoquant une possible homosexualité. On se demande bien pourquoi au passage... Tout le monde sait, à commencer par les modèles que les calendriers des Dieux du Stade sont tout sauf conçus pour aguicher les dames. Quelle hypocrisie! Le making-of vidéo l'est encore plus... Et la pauvre petite maman du joueur de se dire choquée que son fiston montre "le bas" alors qu'elle lit ses frasques dans les pages de son livre sans que cela ne la perturbe davantage.

Pour ma part je suis bien content que ce "joli bébé" ne soit pas du même bord que moi. Cela me casserait vraiment les...pieds de risquer de me retrouver avec un abruti pareil dans le lit (bon, au demeurant, il y aurait peu de chances car je n'ai pas pour habitude de me taper ce genre de rugbyman-là. Je les préfère plus rustiques et moins Guazzini).

Je méprise profondément les garçons qui ont tellement peur qu'on mette en doute leur virilité qu'ils sont prêts à en faire des tonnes quitte à casser du pédé en paroles ou en actes avant d'aller furtivement se faire tailler la plume dans un vestiaire.

Bien, ça n'est pas tout ça mais je vais aller me manger un yaourt bien frais moi et laisser les "pipeules" s'épancher sur leurs grands malheurs.

Les cérémonies du sacre de Nicolas ont épuisé mes neurones.

07.05.2007

Lettre ouverte à Madame Royal

Chère Madame,

Les français ont choisi de mettre votre adversaire à la tête de l'état pour cinq ans. Ce que certains parmi les vôtres désignent déjà comme un revers présidentiel avec un ton lourd de menaces n'est finalement pas si négatif et je crois que vous l'avez bien compris. Il sera peut-être votre chance pour demain.

Je suis un citoyen ordinaire, né comme vous à Dakar alors que vous aviez vingt ans et qui n'est socialiste ni de culture familiale ni de convictions. Depuis que je suis en âge de voter, j'ai toujours essayé de me tenir au dessus de la logique des partis et du militantisme qui ne correspond pas à mon fonctionnement personnel ni aux conclusions tirées de mes observations de terrain. Je me suis laissé le choix de prendre le meilleur dans les différents camps et cette vision des choses, j'ai la vanité de le penser, n'est pas la pire, et de loin. Elle donne un recul nécessaire à un véritable travail de citoyen.

Dimanche je vous ai pourtant choisie. D'abord pour contrer les ambitions du Président dont la psychologie me laisse tout à craindre. ensuite et surtout parce que vous êtes une femme. Je ne suis pas de ceux qui placent les femmes sur un piédestal particulier, le féminisme m'agace mais je demeure persuadé qu'une femme, par nature, entretient un autre rapport au pouvoir et je souhaitais vous donner votre chance afin de voir ce que vous auriez été capable de faire une fois placée dans la jungle des hautes sphères. Je voulais faire partie de ceux qui n'auraient pas manqué le coche, tout en demeurant vigilant et critique vis à vis de votre programme, à mon sens trop vague et pas assez en adéquation avec les réalités du terrain.

L'objet de cette lettre ouverte publiée sur ce blog et qui suivra, peut-être, son destin au travers des méandres de la Toile est double: vous engager à la prudence et à l'action.       

Gardez-vous de votre gauche, Madame. Les discours extrêmes n'ont plus aucune légitimité, leurs arguments sont éculés et ils continuent à opposer les gens et prôner la révolution avec tous les excès qu'elle engendre et dont l'Histoire se souvient. Gardez-vous aussi de ces grands personnages par trop médiatiques que l'on désigne sous le vocable d'éléphants. Toujours prompts à se mettre en avant en jouant les rassembleurs, ce sont eux qui ont décrédibilisé votre message par leurs actions passées et  contribué à ralentir votre marche en dépit de qualités certaines.

Vous n'êtes pas allée assez loin dans vos projets et vos explications afin de ménager tous ces courants internes contre-productifs. Les citoyens l'ont vu, vos sympathisants comme vos adversaires. Vous devez faire un choix aujourd'hui et utiliser la légitimité que le vote du deuxième tour vous a donnée pour imposer votre ligne de conduite. Ceux qui ne voudront pas vous suivre dans votre camp n'auront qu'à le quitter. Le Parti Socialiste tel qu'il a été conçu finira par éclater parce que les ralliements à votre candidature n'étaient que de raison et opérés par calculs personnels. En face, les soutiens de votre adversaire faisaient réellement bloc autour de lui, quitte à se disloquer plus tard, développant une force que votre parti n'a pas pu générer.

Ne tardez pas à refonder, même si vous devez pour cela imposer une ligne directrice en rupture avec le discours habituel.

Je ne suis pas politicien -d'ailleurs j'ai horreur de ce mot devenu péjoratif-, j'ignore les calculs ce qui me donne justement légitimité pour parler car je livre une observation de bon sens. Plus vous attendrez, plus les querelles internes vous affaibliront.

Il vous revient, en lien avec les gens de terrain, vos militants, les sages et vos partenaires européens de sensibilités proches ou identiques de redéfinir ce que doit être la politique et la philosophie de la gauche en France. Il est impératif que le terme "Parti Socialiste" matérialise un concept clair dans l'esprit des citoyens et qu'il sorte du brouillard de l'utopie et des combines. Vous avez là l'occasion de continuer à vous imposer et péreniser le mouvement que vous avez lancé, à incarner le contre-pouvoir nécessaire au bon fonctionnement des institutions démocratiques. Vous ne pouvez vous contenter d'une "bataille des législatives" qui ne sera pas favorable à la gauche et vous le savez. Visez plus haut.

Des millions d'hommes et de femmes attendent que vous fassiez de la politique autrement.

 

It's a long way to Tipperary, it's a long way to go...

 

H.Qaherabear

 

06.05.2007

Black Bear

Bon, ça n'est pas parce qu'on vote aujourd'hui qu'il faut se laisser abattre!

Ce dessin, exécuté en un temps record (je mets toujours beaucoup de temps pour coloriser, je travaille à la souris), fait écho à la note de Taj (visible ici) où chacun des dessinateurs visitant son blog s'est amusé à créer sur le même thème, en partant d'une de ses premières oeuvres. Un joli brainstorming créatif, la meilleure des émulations finalement!

 

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03.05.2007

Kathâkali présidentiel

Comme beaucoup de gens, j'ai suivi le duel télévisé d'hier, levant les yeux du dessin sur lequel j'étais en train de travailler de temps à autres pour observer les visages, les plans.

Cet exercice médiatique est toujours intéressant parce qu'il s'apparente à une pièce de théâtre dont le déroulement se trouve formaté par un cadre et des choix. Choix des plans visuels d'abord qui ne laissent jamais voir l'attitude en gros plan du candidat qui ne parle pas, choix des thèmes ensuite. Ils se voulaient généraux amenant une réflexion de fond, des oppositions de conceptions. Au lieu de celà ce fut la course au détail et à l'exemple trompeur, l'arbre qui cache la forêt, prétextes à des joutes largement commentées depuis.

Aucun des deux candidats n'a été naturel. Une partie du scénario est "écrite", certes, une autre est plus subtile. On a dit que la colère de S.Royal était prévue et répétée afin d'appuyer son côté offensif et que N.Sarkozy, de son côté, offrait le visage d'un candidat trop posé, ponctuant ses réflexions de "madame" appuyés. Les visages réels des personnages se sont pourtant plusieurs fois révélés derrière le vernis, menaçant de laisser apparaître un court instant leur vraie texture.

Ce genre de spectacle est assez fascinant parce que personne n'y croit vraiment tout en lui accordant des vertus. C'est comme une chanson de gestes, un kathakali hindou aux codes convenus à l'avance et tout le temps répétés.

Attaquer, défendre. Ne pas être pris au dépourvu. Sauver les apparences.

Alors, depuis hier on parle beaucoup, les journalistes, les analystes, les passants que l'on traque un micro à la main pour obtenir leur intention de vote. On entend aussi les gens célèbres prendre ou confirmer parti en mêlangeant gaillardement les genres, sans retenue ni décence. J'observe.

Ségolène Royal porte avec elle un sérieux handicap qui lui coûtera la présidence, à mon sens: l'éclatement de la gauche. Elle doit en effet concilier les attentes de ses reports du 1er tour avec celles du PS qui ne sont pas toujours en adéquation avec les siennes propres. Elle doit tirer des bords entre les révolutionnaires, les écologistes, François Hollande et les éléphants. Elle doit présenter une gauche modernisée tout en traînant avec elle le boulet de conceptions dépassées et une absence de concret.

En face, il y a un bloc uni et bien corseté. Il éclatera peut-être plus tard mais, pour le moment, il est solide sur ses bases, il est écrit comme une histoire dont on connaîtrait déjà l'issue, il inspire confiance.

Surtout aux personnes qui décident et entreprennent, celles qui craignent la "générosité" de la gauche si prompte à taxer pour financer ses plans sociaux. Celles qui n'ont pas encore saisi que le travail n'est pas une finalité en soi ni une compétition permanente et qu'à terme c'est à l'être humain de s'y retrouver, comme dans d'autres domaines.

Cette machine de guerre ne peut pas perdre parce qu'elle a été pensée dès le départ pour remporter l'élection. Derrière, tout est déjà prêt en terme logistique et depuis longtemps: qui occupera quoi et comment, les réseaux et le mode d'action.

Certains ont cru bon de calomnier sur internet par des moyens douteux, d'autres ont déjà menacé de soulèvements si Sarkozy était élu. Les pauvres fous! Quelle légitimité auront-ils pour agir ainsi face à un président et un gouvernement sortis des urnes et choisis par plus d'une moitié des votants? Dès lors qu'il sera nommé chef de l'Etat dans le respect des institutions, les citoyens devront être loyaux, même s'ils entrent dans l'opposition et ne se sentents pas solidaires de la majorité.

Le seul regret qu'il faudra avoir c'est celui de ne pas avoir osé mettre une femme au pouvoir pour voir de quoi elle aurait été capable.

01.05.2007

Enigme

Un récit, patrimoine de l'humanité.

 

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