13.06.2007
Béréchit. Cosmogonie Qaherabearienne

Béréchit (hébreu: "au commencement". Début de la Génèse).
Au commencement, c'est à dire plusieurs milliards d'années en arrière, il y eu l'Explosion, le "Big Bang". Comme une poignée de sable jetée sur une table en verre et dont les grains roulent en de multiples directions, l'univers apparut avec ses myriades de corps célestes et de systèmes qui s'organisèrent au fil du temps et des lois de l'astrophysique.
Sur quoi cette matière surgit-elle? Sur quel support l'Univers grandit-il (puisque la science nous dit qu'il est encore et toujours en expansion)? Questions vertigineuses que l'esprit humain ne peut même pas concevoir.
Le cosmos s'établit sur le néant. Le même qui est au bout des fameux trous noirs, générateurs d'antimatière. J'appelle ce néant "dieu" parce que cette absence de matière a été suffisemment puissante pour générer un explosion ex-nihilo. Ce néant s'est lui-même animé.
Il ne faut pas chercher bien loin pour voir qu'en écrivant cela je n'invente rien: les grandes civilisations antiques parlent de cette entité primordiale qu'elles nomment "océan" qui, pour créer, a d'abord été mené à se démultiplier, se partitionner.
Les cosmogonies humaines des Anciens racontent toutes les mêmes épisodes, avec des variantes certes, mais suivant un même déroulement comme si elles en avaient gardé une mémoire logique.
Dans la mienne, dieu, (terme générique, on l'aura compris) est une force de création qui a lancé la machine du temps et le mouvement.
Ce faisant, elle a impulsé l'Evolution et généré son corollaire, l'Aléa, appellé aussi hasard. Que l'Homme ait deux bras et deux jambes aujourd'hui ne procède pas d'une volonté supérieure mais d'une succession d'éléments acquis par le jeu perpétuel entre l'Evolution et l'Aléa.
Quand on me dit "Dieu n'existe pas", je suis d'accord. Il est au-delà de cette notion d'existence puisqu'il est à l'origine de la mise en route du temps et du processus de création. Dieu n'existe pas, il est.
Si notre système solaire, notre galaxie sont programmés pour disparaître un jour, l'Univers, lui, est éternel. la création lancée ne peut plus s'arrêter et retourner au néant initial. Les connaissances scientifiques démontreront peut-être un jour le contraire. Pour ma part, je demeure persuadé que l'éternité est bien là dans l'existence même de l'univers en croissance et régénération perpétuelles.
Dieu, le principe fondamental, ne peut pas influer sur les destinées des créations issues de la combinaison Evolution-Aléas. Ce qui signifie que les Hommes, en tant que structures complexes ayant développé une puissante capacité de raison, sont entièrement responsables de leurs actes. De ces actes, individuels et collectifs, naissent des situations générant des aléas conduisant aux destinées. Il n'y a aucune intervention "extérieure".
Lorsqu'un tremblement de terre décime des populations entières, la responsabilité en revient aux Hommes qui se sont installés à proximité d'une source de danger potentiel. De même, les massacres perpétués par les grands dictateurs du XXème siècle sont-ils l'aboutissement de faits et de choix humains dont les racines plongent très loin dans le terreau des sociétés. Dieu, principe fondamental, ne veille pas. Il a généré l'étincelle, point.
Par ailleurs, l'Homme n'est pas l'aboutissement de la création mais bien une étape, au même titre que tout ce qui l'entoure. La matière vivante et la matière inerte sont en état d'impermanence totale, elle ne font que se transformer pour donner autre chose. De la bactérie à l'Homme, du sédiment à la montagne.
On pourrait dire que cette vision des choses, cette cosmoginie personnelle, est finalement assez froide et ne laisse pas de place à l'espoir. Au contraire, puisqu'elle est basée sur un raisonnement logique intégrant à la foi des données scientifiques et des traditions millénaires débarrassées de leurs habits légendaires. Dans ce petit raisonnement humain, dieu a sa place, à la fois limitée et capitale. Son principe n'est pas contradictoire et cette vision des choses remet l'Homme au centre de sa "destinée". Il ne peut plus se dédouaner de ses propres limites en invoquant la très hypothétique "volonté divine".
23:45 Publié dans Grandes réflexions :-) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Hello Hugo. Tres interessant developpement du concept de dieu, tres tres proche de celui initie par la truelle et l'equerre (j'espere que tu me comprendras... sinon, envoie moi un petit mail) Cette version du grand architecte est la mienne aussi et celle aussi de mes compagnons. L'humanisme dont tu fait preuve a chacun de tes textes est decidement une vraie delectation. J'attends toujours avec impatience chaque post.
Mille bisous
Ecrit par : Kiwifrog | 14.06.2007
Merci à toi Tof, je crois en effet que nous nous retrouvons beaucoup sur cette vision humaniste des choses, que ce soit dans la philosophie ou dans l'art. J'avoue pour ma part, et comme tu le sais, demeurer pourtant très critique vis à vis de Ceux de l'Equerre parce qu'ils ont fini par instaurer un système qui n'est plus tant humaniste du fait de la culture d'un certain secret et le création de réseaux d'influences qui, de facto, mettent des gens -et des gens bien- de côté.
Sans doute publierai-je une note bientôt là dessus.
En ce qui concerne le Grand Architecte, étant proche des cosmogonies antiques dont le concept s'inspire, je ne peux que m'y retrouver. Dieu ce que je peux être syncrétique moi :-)!
Ecrit par : Hugo Qb | 14.06.2007
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