28.06.2007

Allez donc voir si j'y suis ;-)

Je me suis mis au dessin numérique il y a peu de temps, quelques mois à peine, encouragé en cela par les masterworks de Christophe Jannin (blog en lien ici, en bas à gauche) et ses judicieux conseils techniques.

Au fil des dessins, j'arrive à affiner mes connaissances. Le trajet cependant reste long... J'ai le temps après tout et je le découvre à mon rythme.

J'ai déjà publié ici un Bear samouraï il y a quelques temps, suivi d'un Black bear déjà plus "réaliste".

Voici Héraklès. Du moins un détail du personnage, car ce dernier apparaîtra d'ici quelques jours sur le site de dessins de mon ami TAJ.

Ce choix a été dicté par deux raisons. La première tient au fait que cette représentation de nu frontal est tout de même réservée à un public suffisemment averti pour ne pas s'en effaroucher (ceci dit, cet espace étant le mien, je me fous royalement des Pères-la-vertu, si j'avais envie de le publier ici, ce serait chose déjà faite). La seconde, la plus importante finalement, est liée à la volonté de partager mon travail avec un artiste aussi accessible que productif pour le remercier de m'avoir soutenu dans certains projets créatifs en m'offrant des tas d'illustrations. Il me paraît normal de lui réserver cette "primeur".

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Ce dessin est particulier pour moi à double titre. Il représente la première oeuvre de ce style si nouveau pour moi qui commence à avoir "de la gueule". Il correspond surtout à un fructueux échange avec Christophe Jannin dont j'évoquais le nom plus haut et qui habite à l'autre bout de la terre, en Nouvelle Zélande.

Christope me dit l'autre jour en messagerie instantanée (quelle belle expression!) qu'il s'apprête à travailler sur un Hercule dont il a tracé le premier croquis. Je lui propose d'en faire une version personnelle, comme une sorte de lien au delà des heures et des océans. Il accepte avec un enthousiasme et une bienveillance très importants à percevoir pour un débutant, comme je le suis en la matière.

Cette émulation me fut suffisante pour y passer plusieurs heures sur une grosse semaine.

Vous verrez que j'ai choisi de représenter un personnage au physique harmonieux et non pas surpuissant comme la tradition se plaît à le montrer. Les imagess d'Héraklès sur les vases grecs ne figurent pas forcément un culturiste... Et puis, j'y ai glissé une touche humoristico-symbolique pour le fun, afin de ne pas perdre de vue qu'on peut aimer représenter des corps virils pour leur sensualité tout en véhiculant des connaissances, en l'occurrence mythologiques.

Je dédie donc cette "oeuvre magistrale" (LOL ou plutôt sic, en bon...latin!) à Christophe, pour sa gentillesse, son soutien et son humanisme. Je me réjouis déjà de découvrir sa propre version du personnage après la merveilleuse image d'Icare.

Je laisse à Thierry TAJ le soin de publier le lien conduisant directement au dessin entier dans les commentaires attachés à cette note.

Un peu de patience, il paraîtra tout bientôt!

 

26.06.2007

Petite douceur en vers

 

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On veillera à prendre deux ou trois mangues mûres

Dont on détachera le noyau et la peau

De la chair parfumée on fera des copeaux

Avant de les mixer d'un geste franc et sûr.

Il convient d'ajouter à cet épais coulis

Trente grammes en pluie de poudre de gingembre

Le batteur électrique comme un cheval se cambre

Ses sabots rotatifs font la mousse jolie

Juste un peu d'eau de rose pour relever l'ensemble

Et l'on mettra au frais la coupe qui rassemble

Les charmes de l'Afrique et les saveurs d'Asie

HQB

16.06.2007

La Mytho des Técis (1) la pomme d'embrouilles

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"Autrefois, avant même que tes vieux soient tes vieux, il y avait une gigantesque téci qui s'appelait l'Olympe.

Ces bouffons, ils l'avaient construite tout en haut d'une montagne, là-bas chez les Grecs. Dans la téci, tu vois, on ne trouvait que des dieux. Ils avaient la classe, étaient beaux, bien sapés et ils passaient leur temps à glander en regardant les hommes vivre en bas, près de la mer... Sur la terre, quoi.

Le caïd, c'était Zeus. Il avait niké (note du traducteur: de "nikè" en grec ancien qui signifie victoire, comme chacun le sait) à droite à gauche des meufs sur terre et s'était retrouvé avec tout un tas de bâtards. Tu imagines sa veille, elle pouvait pas supporter ça, alors elle le pistait partout. Mais ça je te raconterai un autre jour. Là, pour le moment, ouaich, ce qui nous intéresse c'est que dans cette téci Olympe, Zeus avait tèj une pouffe qui s'appellait Eiris. Il paraît que ça veut dire "embrouilles" en grec. C'était la fille de la nuit, vraiment pas cool du tout.

Eiris se retouve dans le monde des hommes, je te dis pas comme elle est vénère. Si elle avait pu le faire, elle lui aurait défoncé sa race grave à Zeus. Mais c'est le caïd des dieux, il est intouchable, respect! Alors, comme elle ne peut pas s'en prendre à lui, elle décide d'aller foutre la merde dans sa famille et chez les humains, tu vois.

Un jour, il y a une bouffe qui est organisée par la mairie dans la campagne parce qu'il y a un mariage. On a invité des meufs qui sont canons, des keums aussi, et pas de la racaille. La vielle à Zeus qu'on appelle Héra, avec un H comme dans "hamour" est même venue avec trois autres filles super bonnes: Aphrodite (je te dis pas le boule sous la jupe!!), Athéna qui a la grosse tête et sa cousine ou quelque chose comme ça, Artémis, une meuf qui chasse comme dans les westerns, je te jure!

Côté mecs il y en a un qui est super looké et que toutes les meufs regardent, il s'appelle Pâris (il a donné après son nom au club de foot, Pâris-Saint-Germain) et il a vraiment la classe. Pourtant c'est qu'un berger mais il a le street wear, la casquette et tout quoi, la classe.

Au milieu du repas, tout le monde parle, tout le monde est content, il y a des p'tits joints qui circulent, des taffes aussi et de l'alcool qui déchire. Tout d'un coup, voila cette pouffe d'Eiris qui se pointe et qui balance sur la table une grosse pomme qu'elle est allée tirer à Auchan avec une étiquette où c'est écrit "Pour la plus belle". Et c'est Pâris qui reçoit la pomme entre les mains.

La veille à Zeus et les trois filles avec elles commencent à se regarder... Elles se traitent avec les yeux parce que chacune veut la pomme pour elle. Comme Pâris ne sait pas à qui la donner, Héra commence à dire:

"Si tu me donnes la pomme, je ferai de toi un grand caïd, et que même les keufs, ils te feront plus la misère!"

Athéna la pousse du coude. Elle est très sérieuse, elle rigole pas:

"Si c'est moi que tu choisis...Je ferai de toi un mec plein de sagesse."

Pâris, il s'en bat les couilles de la sagesse!

La chasseuse parle ensuite. Je sais plus trop ce qu'elle raconte mais elle lui promet des trucs complètement guedin, des trucs de mytho. Finalement c'est Aphrodite qui finit et cette fille-là je te dis pas comme elle est bonne!

"Si te me choisis, Pâris, je te donnerai le coeur d'Hélène, la Reine de Sparte" (c'est un autre quartier).

Justement, Pâris aime à donf Hélène! Alors il finit par donner la pomme à Aphrodite.

Forcément, les autres, elles sont hyper vénère et décident de lui pourrir la vie. Cette pouffe d'Eiris a réussi à mettre l'embrouille entre tous les gens du repas et à cause d'elle il y aura même une guerre qui va durer dix ans, c'est la guerre de Troyes (note du traducteur: il ne s'agit pas de Troyes en France mais bien de Troie, en Asie mineure.)

Voila pourquoi quand il y a un problème entre les gens on dit que c'est la "pomme d'embrouilles", c'est pour se souvenir.

Je te dis: il y a tout dans la Mytho! Les mecs qui ont écrit ça, c'étaient pas des mythos eux.

A plus, ouaich."

 

Colère sourde

En 1943 le docteur Josef Mengele dit "Beppo" est envoyé dans le service médical d'Auschwitz-Birkenau. Là il va se livrer à une série d'expérimentations médicales et génétiques sur des sujets vivants "prélevés" dans la population des déportés, des jumeaux notamment.

La liste des sévices subis par les victimes au nom d'une certaine vision de la science et de la médecine est hallucinante: injections et opérations sans anesthésies, mutilations, greffes...

Beppo a réussi à échapper au procès de Nuremberg, il est mort en 1979 mais le souvenir de ses horreurs est gravé dans la mémoire collective. Plus de soixante ans après, les documentaires nous informent encore de l'étendue de ses méfaits et de la froide détermination inhumaine du personnage.

2007, sur les écrans sort le deuxième volet d'un film: Hostel. Un thriller psychologique doublé d'un film d'horreur. Une succession d'enlèvement et de tortures abominables, plus ou moins inspirées de faits divers connus et de l'imagination perverse de scénaristes. Cris, désespoir, arbtraire, mutilations abominables...

Comment ne pas ressentir une immense colère sourde devant pareil spectacle donné en pâture? Comment ne pas être désespéré alors que d'un côté on dénonce les souffrances endurées dans les camps et que, de l'autre, on fait l'apologie des mêmes abominations?

Il en faut pas se cacher la réalité: ça n'est pas que du cinéma. Il n'y a pas d'art dans la mise en scène de mutilations et de la souffrance. Il y a juste la volonté de caresser dans le sens du poil les pulsions humaines les plus dangereuses. Je l'avais déjà écrit ici il y a quelques mois et je le répète, au risque de froisser ces amis chers que j'ai et qui ne sont pas d'accord avec moi (mon humanisme est entier et ne peut, sur ce point au moins, souffrir de nuances): au delà de l'horreur pure, il y a là-dedans une énorme régression qui me fait peur.

Ma colère est, de plus, amplifiée par un autre aspect, l'hypocrisie. Hostel II est interdit en salle au moins de 16 ans, alors que n'importe quel film X requiert la majorité... Comme si la pornographie, même la plus mauvaise, était plus dangereuse que l'horreur psychologique portée au pinacle.

Les "Beppo" d'aujourd'hui sont scénaristes et jouent à amorcer des bombes qui éclateront tôt ou tard dans la réalité à la figure des sociétés déjà passablement agitées. Et je n'espère qu'une chose, qu'ils rendent un jour des comptes, au moins juste à eux-mêmes en se trouvant confrontés à leurs responsabilités face à des horreurs réelles qu'ils auront inspirées aux esprits perturbés de leurs instigateurs.

13.06.2007

Béréchit. Cosmogonie Qaherabearienne

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Béréchit (hébreu: "au commencement". Début de la Génèse).

Au commencement, c'est à dire plusieurs milliards d'années en arrière, il y eu l'Explosion, le "Big Bang". Comme une poignée de sable jetée sur une table en verre et dont les grains roulent en de multiples directions, l'univers apparut avec ses myriades de corps célestes et de systèmes qui s'organisèrent au fil du temps et des lois de l'astrophysique.

Sur quoi cette matière surgit-elle? Sur quel support l'Univers grandit-il (puisque la science nous dit qu'il est encore et toujours en expansion)? Questions vertigineuses que l'esprit humain ne peut même pas concevoir.

Le cosmos s'établit sur le néant. Le même qui est au bout des fameux trous noirs, générateurs d'antimatière. J'appelle ce néant "dieu" parce que cette absence de matière a été suffisemment puissante pour générer un explosion ex-nihilo. Ce néant s'est lui-même animé.

Il ne faut pas chercher bien loin pour voir qu'en écrivant cela je n'invente rien: les grandes civilisations antiques parlent de cette entité primordiale qu'elles nomment "océan" qui, pour créer, a d'abord été mené à se démultiplier, se partitionner.

Les cosmogonies humaines des Anciens racontent toutes les mêmes épisodes, avec des variantes certes, mais suivant un même déroulement comme si elles en avaient gardé une mémoire logique.

Dans la mienne, dieu, (terme générique, on l'aura compris) est une force de création qui a lancé la machine du temps et le mouvement.

Ce faisant, elle a impulsé l'Evolution et généré son corollaire, l'Aléa, appellé aussi hasard. Que l'Homme ait deux bras et deux jambes aujourd'hui ne procède pas d'une volonté supérieure mais d'une succession d'éléments acquis par le jeu perpétuel entre l'Evolution et l'Aléa.

Quand on me dit "Dieu n'existe pas", je suis d'accord. Il est au-delà de cette notion d'existence puisqu'il est à l'origine de la mise en route du temps et du processus de création. Dieu n'existe pas, il est.

Si notre système solaire, notre galaxie sont programmés pour disparaître un jour, l'Univers, lui, est éternel. la création lancée ne peut plus s'arrêter et retourner au néant initial. Les connaissances scientifiques démontreront peut-être un jour le contraire. Pour ma part, je demeure persuadé que l'éternité est bien là dans l'existence même de l'univers en croissance et régénération perpétuelles.

Dieu, le principe fondamental, ne peut pas influer sur les destinées des créations issues de la combinaison Evolution-Aléas. Ce qui signifie que les Hommes, en tant que structures complexes ayant développé une puissante capacité de raison, sont entièrement responsables de leurs actes. De ces actes, individuels et collectifs, naissent des situations générant des aléas conduisant aux destinées. Il n'y a aucune intervention "extérieure".

Lorsqu'un tremblement de terre décime des populations entières, la responsabilité en revient aux Hommes qui se sont installés à proximité d'une source de danger potentiel. De même, les massacres perpétués par les grands dictateurs du XXème siècle sont-ils l'aboutissement de faits et de choix humains dont les racines plongent très loin dans le terreau des sociétés. Dieu, principe fondamental, ne veille pas. Il a généré l'étincelle, point.

Par ailleurs, l'Homme n'est pas l'aboutissement de la création mais bien une étape, au même titre que tout ce qui l'entoure. La matière vivante et la matière inerte sont en état d'impermanence totale, elle ne font que se transformer pour donner autre chose. De la bactérie à l'Homme, du sédiment à la montagne.

On pourrait dire que cette vision des choses, cette cosmoginie personnelle, est finalement assez froide et ne laisse pas de place à l'espoir. Au contraire, puisqu'elle est basée sur un raisonnement logique intégrant à la foi des données scientifiques et des traditions millénaires débarrassées de leurs habits légendaires. Dans ce petit raisonnement humain, dieu a sa place, à la fois limitée et capitale. Son principe n'est pas contradictoire et cette vision des choses remet l'Homme au centre de sa "destinée". Il ne peut plus se dédouaner de ses propres limites en invoquant la très hypothétique "volonté divine".

12.06.2007

On ne dit pas assez souvent...

...Aux gens qu'on aime qu'on les aime.

Je ne suis pas très famille et la mienne, celle qui compte vraiment, se limite à peu de gens, un tout petit noyau jusqu'ici épargné par les aléas du temps et de nos destinées humaines. Elle a évidemment une place spéciale dans mon coeur et mes pensées. Et puis, au fil du temps, j'y ai ajouté, pêle-mêle, un compagnon tellement différent de moi et des amis devenus bien plus que des amis et pour lesquels je ne saurais classifier mes sentiments par ordre de grandeur...

Tout cela se combine et fusionne pour me donner cet équilibre du coeur que je pense avoir, même s'il est fragile et si impermanent.

Lors du dernier concert de Zazie, ici à Lille, que j'ai dégusté accompagné précisément par une petite partie de ces gars que j'aime, j'ai reçu les paroles de la chanson qui suit comme un instant magique. Les voici, car elles valent à elles seules les plus longs discours...

Isabelle est une magicienne.

 

"J'en vois des qui s'donnent, donnent des bijoux
Dans le cou
C'est beau mais quand même
Ce n'sont que des cailloux

Des pierres qui vous roulent, roulent
Et qui vous coulent
Sur les joues
J'aime mieux que tu m'aimes
Sans dépenser des sous

Moi, je m'en moque
J'envoie valser
Les trucs en toc
Les cages dorées
Toi quand tu m'serres très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

J'en vois des qui s'lancent des regards
Et des fleurs
Puis qui s'laissent quelque part
Ou ailleurs
Entre les roses et les choux
J'en connais des tas qui feraient mieux de s'aimer un peu
Un peu comme nous
Qui nous aimons beaucoup

Et d'envoyer ailleurs valser
Les bagues et les cœurs en collier
Car quand on s'aime très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

Moi, pour toujours
J'envoie valser
Les preuves d'amour
En or plaqué
Puisque tu m'serres très fort
C'est là mon trésor
C'est toi, toi qui vaut de l'or"

 

Zazie, "J'envoie valser"

 

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