23.08.2007

Quand la conscience devient commune

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La planète Terre, sphère dont les pôles sont légèrement écrasés du fait de l'effet de rotation, se compose de roches en fusion disposées en strates successives depuis le noyau jusqu'à la croûte refroidie, son stade ultime.

Cet ensemble est lui même "contenu" dans une enveloppe de gaz, l'atmosphère constituée également de niveaux.

Voici pour une vision scientifique classique et simplifiée. Une vision au premier degré en quelque sorte.

Essayons d'adopter un autre point de vue en y intégrant le vivant et, en particulier, le dimension humaine. Dès lors on obtient le schéma suivant:

-La sphère de base, constituée de l'ensemble des roches, du noyau à la croûte: la lithosphère

-La suivante, composée de la flore et de la faune, tous milieux confondus, êtres humains (en tant qu'organismes) compris: la biosphère

-Intégrons un niveau intermédiaire issu justement des activités humaines et des interactions qu'elles impliquent depuis la naissance des civilisations, tant sur un plan économique, politique qu'environnemental: la sociosphère

-Quatrième couche, celle qui a rendu possible la vie telle que nous la connaissons et que nous en jouissons: l'atmosphère

-Enfin, la dernière, magnétique celle-la, que des théoriciens pressentent depuis l'antiquité, à des degrés de "démonstration" divers: la noosphère, ou zone de la conscience commune.

 La théorie de la noosphère trotte dans la tête des penseurs depuis longtemps. Le savant grec Parménide en imaginait déjà les bases et les sages médiévaux, mélangeant connaissances empiriques et savoirs ésotériques, le concept. C'est surtout à Pierre Teilhard de Chardin que l'on doit la première grande réflexion construite sur cette notion.

Le cerveau humain fonctionne avec deux lobes au moyens d'influx chimiqiues et électromagnétiques. Si l'hémisphère gauche est davantage dévolu à la logique, le droit fonctionne à l'intuition. Il est capable de synthétiser des données, qui ne sont pas toutes conscientes pour les restituer sous forme de messages: les intuitions, les impressions.

L'Homme a, de tous temps, utilisé des media pour traduire ces intuitions cérébrales: pendules et autres boules de cristal. Lorsque le pendule du radiesthésiste s'agite pour indiquer une direction où une réponse, il réagit autant du fait du magnétisme terrestre que de celui impliqué par le cerveau droit de son manipulateur. Ce qui tendrait à monter que grâce à notre faculté de pré-science nous avons déjà en nous un certain nombre de réponses aux questions que nous nous posons, justement parce que notre lobe droit travaille plus vite et pour ainsi dire "au feeling" avec tout ce qu'il capte du monde extérieur.

L'idée de la noosphère a ceci d'intéressant qu' elle ne s'oppose pas aux connaissances scientifiques actuelles (il ne s'agit pas de super pouvoirs ou de magie) et, surtout, elle offre une piste de réflexion sur la notion de conscience humaine qui serait à la fois générée par chaque esprit (en fonction de sa culture, de son implantation géographiques, de son milieu social) et alimentée par une sorte de banque globale constituée de l'ensemble des autres consciences. Bref, notre cerveau aurait la faculté de se brancher sur une dimension magnétique entourant le globe -comme son champ de force par ailleurs connu et démontré-: cette fameuse noosphère.

Teilhard de Chardin et d'autres savants plus contemporains expliquent que ce réseau d'ondes "cérébrales" serait d'autant plus aisément généré que, plus un cerveau réfléchit, plus il "chauffe" et émet donc de l'énergie. Pour davantage de développements techniques sur cet aspect, on se reportera à l'entrée que wikipédia lui consacre (art. "noosphère").

La théorie de la noosphère est d'ailleurs à l'origine d'une création tout à fait originale: Internet. La technologie a rendu possible une approche tangible de ce qui existe peut être déjà dans et au dessus de nos tête depuis la création de l'être humain.

D'ailleurs, si on s'en tient au principe des ondes et d'une fréquence commune, il y a fort à parier que les animaux aient aussi une capacité à se connecter sur un autre niveau de noosphère. La complexité de leurs codes de "langage" et leur sixième sens pourraient alors en partie s'expliquer.

Bien que l'on explique "scientifiquement" les impressions de déjà-vu que l'on peut percevoir parfois, la noosphère complète cette approche: le déjà-vu serait le résultat d'un partage d'ondes avec un où plusieurs autres cerveaux (droits)émetteurs. En d'autres termes, ce qui je vis là à cet instant t, mes sensaitions psychologiques, le cadre dans lequel j'évolue, les gestes que je fais pour écrire cette note pourraient être aussi perçus par une autre personne à l'autre bout du monde qui se demanderait alors où elle a pu "voir" ces bribes qui lui passent par la tête.

Naturellement il ne s'agit que d'une théorie. Elle soulève de nombreuses questions techniques et suppose, pour la vérifier, de mettre au point des expériences qui ne sont peut-être même pas encore conceptualisables (faute de technique). C'est pourtant une piste vivace qui intéresse à la fois certains scientifiques et des penseurs, à différents niveaux. Pour ma part je m'y intéresse de longue date parce qu'il y a une dimension philosophique capitale dans cette idée de noosphère: l'interdépendance des être humains entre eux d'un point de vue spirituel et leur inscription dans une sorte de logique plus vaste, comme dans une chaîne dont ils ne seraient que quelques maillons.

On peut avoir l'intime conviction d'être unique -du fait, notamment de notre patrimoine génétique à la fois synthétique et totalement original- et accepter l'idée que nos pensées, nos impressions soient reliées à celles de nos semblables afin de nous aider à progresser.

Et je trouve celà plutôt rassurant.

03.08.2007

Diverses petites choses

Visibles d'ici quelques semaines sur le blog dessins de mon ami Taj.

Un joli rugbyman et un p'tit cub fort sympathique dont je commence la colorisation ces prochains jours et toujours à la souris :-).

Un tout petit avant goût des traits bruts (détail).

 

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02.08.2007

Chroniques ferroviaires

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                            TGV par Placide

 

 

Bordeaux St-Jean, 31 juillet 2007 vers 14.45 pm

 

Le train repart. Direction Toulouse Matabiau où nous devrions être d’ici deux bonnes heures. J’écris « nous », mais je ne me sens pas spécialement solidaire des voyageurs que le hasard me fait côtoyer…

Evidemment, l’arrêt bordelais a été accompagné par les habituels aléas : erreurs de sièges, bagages trop volumineux, petits vieux surchargés… Naturellement, comme à chaque fois, je n’ai pu m’empêcher de hisser, ça et là,  un sac ou une valise. Voir la perplexité du voyageur bloquant les autres dans l’allée devant la tâche surhumaine que semble représenter le rangement de ses effets au dessus de sa tête m’agace suffisamment pour que je ne demeure pas assis bien tranquillement à ma place.

 

Je suis toujours effaré par certains comportements. Des compartiments à bagages sont prévus entre chaque voiture pour libérer de l’espace au dessus des sièges. Leurs volumes sont suffisants pour accueillir plusieurs grosses valises. Oui mais voilà, il faut accepter de laisser son bagage à quelques mètres de soi derrière une porte transparente, sacrifice inconcevable pour beaucoup. C’est bien connu ma bonne dame : les trains, de nos jours, ne sont pas sûrs !

Vu le poids de ce que j’ai pu charrier au cours de mes différents trajets, je peux affirmer que l’éventuel indélicat doit jouir d’une robuste constitution pour s’attaquer à certains bagages.

 

Je suis monté ce matin en gare de Lille Europe, direction Paris. Sur cette ligne, le public est différent, davantage composé d’habitués qui l’empruntent pour aller travailler comme d’autres s’engouffrent dans un métro de la capitale. On se presse un peu mois, le TGV a des allures d’endroit familier et cela se sent. Bien sûr, il y a toujours celui ou celle qui se trompe de voiture et s’installe dans le premier siège venu, persuadé que ce dernier s’est doté, comme par magie, du bon numéro. A croire que nos contemporains ne font pas attention aux choses élémentaires comme lire correctement le contenu de leur billet, par exemple.

Prendre le train ne me semble pourtant pas, aujourd’hui en France, une aventure pleine de rebondissements. Quoique ! Comme le disait le regretté Raymond Devos, quoique.

 

Les vignes étalent leurs rangées impeccables à la façon de rayons filant vers des groupes de maisons aux toits de tuiles. Il fait beau. Chaud aussi j’imagine. Je sens Toulouse se rapprocher lentement.

 

Le transfert entre la Gare du Nord à Paris et la Gare Montparnasse s’est opéré (relativement) rapidement. Le métro de la ligne 4 n’était pas bondé, même aux abords de la Gare de l’Est. Mais Paris restera toujours Paris et c’eut été merveilleux qu’il n’y eût aucune panne de quelque nature que ce fut. Le métro roulait, les escaliers mécaniques bien pratiques lorsqu’on est chargé aussi. Ce matin, ce qui bloquait c’était les deux tapis automatiques chargés de relier plus rapidement la station de métro Montparnasse-Bienvenüe à la gare. LE dispositif le plus important en somme. Alors, les voyageurs ont du traverser le tunnel couvert d’explications fort pédagogiques sur l’histoire du métro, à pied et vitesse…humaine pedibus cum gambis. Dans pareils cas, on retrouve toujours les abruti(e)s qui mobilisent toute la place dans le sens de la marche en traînant un sac énorme et on regrette de ne pas disposer d’une secrète boîte à gifles qui contribuerait à redonner un soupçon de civisme à qui de droit.

 

Le bal des casse-pieds, ce jour, m’a suivi jusque dans mon TGV. Le bon père de famille placé au rang devant mon siège, pour commencer, qui se lève tous les quarts d’heure pour fouiller dans son sac et me recouvrir de miettes dont il semble ignorer la provenance, alors qu’il ne faut pas être devin pour imaginer le paquet de biscuits écrasés dans un fond percé. Puis l’excité du je-dois-impérativement-placer-ma-malette-au-dessus-de-ma-tête, quitte à tenter un empilement très aléatoire, qui me fait le coup de laisser ses effets en équilibre plus qu’instable juste au dessus de moi. Je le lui fait savoir d’un ton neutre et voici que le quidam commence à se montrer agressif, « ne vous énervez pas ! » articule-t-il avec une certaine difficulté. Pour qui se prend ce crétin qui s’adresse à moi de cette façon ?

 

Je lui dis que si son bagage me tombe dessus, il finira par la fenêtre, tout en gardant un ton égal. Je suis à deux doigts de me lever de mon siège histoire de faire mon «mâle alpha dominant » basique et lui montrer qu’il ne faut pas qu’il insiste, le nabot, mais je me contrôle. Il bougonne, je retourne à mes occupations. Il cale un tantinet sa mallette. Si elle bouge, c’est sûr qu’il se la prendra dans la figure, avec mes meilleurs sentiments.

A l’heure où j’écris ces lignes, elle ne m’est pas (encore) tombée sur la tête. Un voyageur prudent l’a positionnée de manière plus cartésienne en bougeant ses propres effets.

 

On approche d’Agen, je ne sais si le train doit y faire une halte mais on s’agite autour de moi. Il y a toujours les impatients debout vingt minutes avant les autres, harnachés comme s’ils s’apprêtaient à sauter en parachute… Go ! Go ! Go ! Ils encombrent à la queue leu leu l’allée en commençant à souffler. Eh oui, c’est long. La plupart de ces individus, il faut le préciser, sont en vacances. On pourrait donc les imaginer plus détendus et un peu moins sur les dents. Il faut croire qu’il n’en est rien.

 

Moi, je l’avoue, cela m’amuse autant que ça peut m’agacer avec cette douce sensation –peut-être un peu prétentieuse mais c’est si bon !- de n’avoir décidément que fort peu de choses en commun avec tous ces gens. Leur mode de fonctionnement et leurs préoccupations terre-à-terre du moment ne sont décidément pas les miens.

 

Le train s’est bien arrêté à Agen, il s’est un peu allégé au passage. Montauban dans une vingtaine de minutes puis Toulouse. Je termine cette petite chronique ferroviaire par une touche positive : mon voisin monté à Paris n’est pas resté bien longtemps en place, coincé contre la fenêtre. Il a sans doute préféré trouver mieux ailleurs, là où les revêtements des sièges sont plus verts… Du coup j’ai pu étaler mes jambes et déplier mon ordinateur portable.

 

Toulouse, le lendemain.

 

Le train est finalement arrivé avec un quart d’heure de retard, me faisant manquer ma correspondance… Du coup, j’ai pu tester une partie de la nouvelle ligne du métro toulousain dont les rames automatiques se sont immobilisées à peine la première station passée : panne !

Une petite défaillance somme toute… L’occasion en tout cas de me remémorer nombre de souvenirs de l’époque où j’étais étudiant dans la ville rose. Je fais partie de ceux dont la « ligne A » a révolutionné la vie en mettant l’Université du Mirail à 13 minutes de la gare, au lieu des presque 60 en bus. C’était il y a déjà une bonne quinzaine d’années.

 

Les rames sont identiques à celles de Lille, seul leur design intérieur change. La ville a fait de gros efforts en terme de transport en commun. Il reste cependant des paradoxes : la ligne C qui est une extension ferroviaire du métro par autorail ne dispose que de deux à trois rotations par heure !

Comment pousser les gens à laisser leur véhicule personnel au garage si un réel service régulier et cohérent ne leur est pas proposé ?

Il ne serait sans doute pas rentable de multiplier les navettes sur cette ligne C pour le confort des usagers, certes, mais doit-on systématiquement raisonner ne terme de rentabilité dès lors qu’il s’agit d’améliorer le cadre de vie ?

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