28.09.2007
Obscurantisme
Au Pakistan, on les défigure au vitriol.
En Mauritanie, on les gave pour les faire plus rondes.
Au Soudan, on les excise. Ailleurs, on les viole en public...
En France, on les assassine encore dans l'indifférence des banlieues pourries.
Partout où les femmes sont traitées comme des marchandises ou des boucs-émissaires, là est le vrai deshonneur. Seul celui-là compte vraiment. Il fait des hommes des créatures frustes et lâches réfugiées derrière l'écran aux contours mal définis qu'on nomme traditions ou rituels.
Dans toute la palette de ses différences, dans son humanité, la femme est l'absolue égale de l'homme. Et selon la juste marche de choses, il ne saurait en aller autrement. Cette vérité première ne souffre pas d'être remise en cause.
00:20 Publié dans Grandes réflexions :-) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.09.2007
Projet "Yellow Mountains"

Bien plus qu'un simple texte, le projet Yellow Mountains -du nom d'une très belle pièce musicale pour harmonie de Jacob De Haan- est quasiment conçu comme une profession de foi.
J'ai entrepris de mettre des paroles sur cette musique dont la structure évoque celle d'un hymne. Des paroles dépassant ma seule réflexion personnelle et accessibles à tous ceux qui pourront les lire ou, qui sait, les entendre si elle sont chantées un jour.
Chaque couplet sera composé dans une des principales langues européennes si chères aux ours : français, anglais, espagnol, allemand et italien. C'est un projet auquel vont collaborer plusieurs amis doués pour l'une ou l'autre et qui m'apporteront leurs connaissances.
Un excellent brainstorming fédérateur, en somme, avec, je l'espère à la clef, une belle réalisation.
22:30 Publié dans Gay & Bear | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2007
Hiatus

Delacroix, La Liberté guidant le peuple (détail)
Je vis dans un drôle de pays.
On m'y parle de liberté alors que des milliers de lois remplissent les registres officiels et qu'on oublie de les valider et de les faire appliquer quand elles ne sont pas, tout simplement, inapplicable sur le terrain... Ou pire encore: vidées de leur substance par le Conseil Constitutionnel.
On m'y parle d'égalité et je vois partout des gens qui hurlent pour défendre des acquis sociaux qui ne sont pas destinés à tout le monde, autant de poids et de mesures qu'il existe de catégories socio-professionnelles. Une jungle de privilèges qui ne sont pas même acquis par le mérite ou par la naissance, par tradition familiale mais juste du fait d'un habile jeu de chaises musicales et de négociations laissant beaucoup d'individus sur le bord du chemin.
J'entends aussi le mot de fraternité alors que les gens se détestent, passent leur temps à envier la carrière, le salaire, les signes extérieurs de réussite du voisin. La ville a peur de sa banlieue qu'elle considère aussi avec le mépris des gens qui se croient installés et intouchables. Les couronnes s'abrutissent et enferment trop facilement les individus dans des cases: le "céfran" par-ci ou la "bourge" par là. Les voisins de palier ne se croisent même plus dans les ascenseurs...
On se craint, on s'ignore quand on ne se regarde pas de haut.
Il y a pourtant des passerelles ou des tentatives de ponts. Associations, hommes et femmes de bonne volonté qui fédèrent autour d'eux des gens de tous horizons...Cependant, la tâche semble immense. Tout ce qui est patiemment construit avec le pierre de l'humanisme est mis à mal par les agitateurs d'épouvantails de tous bords que les médias font et défont au gré des modes, des stratagèmes et des envies.
Alors on ne parle plus que de résultats, que d'argent, que de statistiques. L'homme est toujours une marchandise avec une considération à géométrie variable selon ses origines. Certes, on prend davantage de pincettes pour "reconduire à la frontière" l'immigré clandestin mais tout cela n'est que poudre aux yeux. Les vraies questions sont éludées, nous n'avons pas de vue à moyen et long terme.
La main sur le coeur on parlera de République et de laïcité, de droit. On vantera l'abnégation de la Résistance face à la barbarie, on distillera les remords dans les consciences des plus jeunes en disant "plus jamais ça". Dans le même temps les égarements, l'à-peu-près, les injustices criantes font le terreau des horreurs futures et d'une autre barbarie, bien actuelle celle-là, qu'on pensait ne plus voir.
Je suis dans un pays, dans une société qui souffle tout et son contraire et qui a fait de l'hypocrisie une vertu. Une contrée qui ne sait plus voir au delà du premier plan, qui sort d'un passé difficile et qui, en dépit de l'amélioration incontestable de son niveau de vie, n'est pas capable de se défaire d'une forme d'obscurantisme. Il faut penser comme l'autre, s'habiller comme l'autre, contester pour contester sans vraiment savoir pourquoi. Le passé fut une suite de douleurs, l'avenir ne s'annonce pas meilleur parce qu'il n'y a pas de volonté de se dépasser.
Ceux qui offrent une image positive tournée vers l'effort, le courage, le soucis des autres sont rapidement ramenés vers des contingences orchestrées par la publicité, le marketting. Les gaillards du ballon ovale starifiés se retrouvent couverts de marques et descendus en flèche au moindre faux pas par ceux-là même qui les avaint placés au pinacle. Les grands acteurs de l'humanitaire se voient liés à des gouvernements, des groupes dont l'action est par nature incompatible avec leur mission.
Qui remarque désormais le courage, la belle action, la grandeur d'âme, l'altruisme?
Le hiatus est partout. Sans doute autant qu'ailleurs dans le monde civilisé -c'est à dire celui qui respecte l'existence et l'intégrité de chaque individu - mais peut-être est-il encore plus cruel ici parce que le pays héxagonal fut celui des Lumières.
Ces mêmes Lumières qui constituent une bonne partie de mes propres assises personnelles et de mon propre cheminement.
Où sont les gens qui, comme moi, recherchent en toute chose la fameuse "voie de la moindre violence", ceux qui placent l'Homme au centre de leurs actions et le Droit au dessus de tout ? Plus que jamais leur voix est capitale et elle s'affranchit bien des considérations nationales, des hymnes et des drapeaux.
17:02 Publié dans Grandes réflexions :-) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.09.2007
Avant goût ovale

D'ici quelques jours, pour fêter la coupe du monde de Rugby et l'esprit si particulier de ce sport, Arkubear publiera une exposition en ligne qui lui sera consacrée, inaugurant son site dédié au Bear art.
Vous y découvrirez, entre autres, la version complète du texte que j'ai écrit pour cette occasion et dont je publie ici un extrait.
"Pendant une heure et demie, le monde se projette sur de l’herbe verte.
La Terre n’est plus ronde mais rectangulaire. Les océans qui en bordaient les confins se transforment en lignes et les sommets infranchissables, en deux gigantesques H majuscules : le début et la fin d’un espace vital.
Ici s’établit le cœur d’une sorte de temple bordé de gradins, la version inversée du téménos des sanctuaires gréco-latins dont l’espace sacré couronnait une volée de marches, en hauteur, comme sortant du sol. Le rectangle végétal quadrillé de damiers est parfait, il a l’immensité du ciel pour vis-à-vis.
Et c’est là que trente hommes vont tenter de dompter le soleil.
Cet astre ovale n’est plus fait de cuir. La technologie l’a davantage affûté et doté d’une surface rugueuse mais il continue à virevolter de mains en mains. Comme une planète, il avance puis recule. Tantôt son orbite chaotique monte, tantôt elle descend et, à chaque fois, il y a cette nouvelle force extérieure qui lui imprime une autre trajectoire.
Ceux qui sauront conserver auprès d’eux cet étonnant soleil le plus longtemps, transformant ses chutes en précieux points, gagneront la victoire et la reconnaissance de la foule qui retient son souffle.
Les dompteurs qu’on appelle joueurs ressemblent à des arbres au bois épais et aux branches agiles. Leurs pieds s’enracinent avec précision dans le rectangle vert faisant voler des mottes de terre autour d’eux.
Régulièrement, la forêt en mouvement s’entrave, s’entrechoque et s’enchevêtre dans des craquements mats. Le soleil n’est pas loin et il jaillit des feuillages. Puis elle se ramasse sur elle-même jusqu’à bâtir un pont aux arches multiple où se déploie une poussée extrême. La mêlée illustre un petit miracle de physique appliquée qui veut que, de deux forces identiques en opposition, naisse l’équilibre.
Il y a dans le rugby, plus que dans tout autre discipline, quelque chose de quasi mystique. Ce sport peut se lire à plusieurs niveaux. Sans doute parce qu’il mêle les réflexes primitifs de notre humanité (les notions de conquête, de combat, de groupe) aux subtilités de règles issues de la raison et de l’esprit. Il met en scène des individus qui synthétisent les grandes vertus viriles : la force, l’endurance, le courage, la stratégie de groupe, l’esprit de corps et le respect.
L’adversaire n’est pas mon ennemi, mais dans la quête de ce fameux soleil, je dois le combattre me montrer plus fort que lui pour que de cette lutte sorte un équilibre étayé et relayé par mes coéquipiers. Dans cette course folle, je frôle toujours mon « état de Nature » représentée par la brutalité primaire, mais au dessus de moi, il y a la Règle sans laquelle rien n’est durable.
Dans la mythologie du rugby, l’élément central est constitué par les rugbymen, à la fois guerriers et héros. Ils ne sont pas tous beaux, non, mais ils dégagent quelque chose de particulier, d’unique…
Les médias, si prompts à faire et défaire les destins et les canons, se focalisent trop promptement sur tel ou tel individu au sourire ravageur. Ils s’égarent et n’ont pas compris que ce qui fascine ne se voit pas au premier regard mais se trouve ailleurs... "
21:10 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note