12.12.2007
Minotaure
J'ai toujours pensé que le Minotaure était beaucoup plus intelligent que ce que le mythe avait bien voulu faire paraître. Créé comme l'incarnation d'une faute vivante (celle de Minos et de Pasiphaé), parce que les dieux se jouent bien de la pauvre destinée des hommes et condamné à vivre en reclus dans un palais aux murs imbriqués, on le nourrissait de chair humaine jusqu'à ce que Thésée débarque en Crète.
Le récit raconte que le héros, aidé par les conseils d'Ariane pour éviter de se perdre réussit à tuer le monstre. Mais le texte ne donne aucun détail sur la confrontation en elle même. On sait juste que Thésée trancha la vie de la bête d'un coup de glaive.
Je me plaîs à imaginer en me projettant dans ce monde parallèle que représente la Mythologie grecque si fondatrice dans le patrimoine culturel européen, que les personnages aient pu échanger des propos ou entamer une ébauche de communication. Et je me dis que le Minotaure avait peut être compris que sa seule chance de connaître autre chose que sa vie de prisonnier était de se laisser occire...
Les cultes taurins sont communs à de nombreuses civilisations méditerrannéennes de l'Antiquité. Ils possèdent un aspects fascinant où il n'est pas seulement question de domination de l'homme sur la bête mais aussi d'appropriation de la force et de la puissance génésique de l'animal. Voilà pourquoi depuis un petit moment me trottait dans la tête l'idée de réaliser un dessin qui reprendrait cette idée en croisant de manière symbolique homme et taureau.
Le tracé est terminé, j'entame la colorisation avec ma toute nouvelle palette graphique "Bamboo" de Wacom que je manipule encore comme un élève de CP tient son premier stylo!
J'espère achever ce dessin pour le présenter à Lyon en février...Incha'allah!

22:28 Publié dans Gay & Bear | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La course
J'ai l'impression de ne plus trop toucher terre depuis deux mois. Les choses se précipitent, les projets se bousculent avec un frémissement de réalisation que je souhaitais depuis si longtemps mais que j'aborde de manière encore circonspecte.
Crainte de déceptions.
Les cours s'enchaînent, j'en hérite de nouveaux si bien que je me retrouve à présent dans la situation d'un pivot. Si je devais être absent ne serait-ce que quelques jours, je crois bien que mon centre de formation rencontrerait de grosses difficultés car j'interviens quasiment à tous les niveaux d'apprentissage représentés dans la structure.
Je ne me suis jamais plaint d'avoir du travail et je ne vais pas commencer à présent. Je remarque juste le curieux ordonnancement des choses.
Depuis deux mois je cours, je planifie, j'organise, je rassemble des morceaux épars pour essayer d'en faire quelque chose de cohérent... Toujours avec relativement peu de moyens. Et c'est sans doute ce qui me pèse le plus tout en aiguisant l'esprit d'organisation ainsi qu'une certaine ingéniosité. Il faut tout faire et être sur tous les fronts.
Dans cette agitation ambiante -et finalement toute relative au regard de celle qui enveloppe le Monde- j'ai la chance de compter sur des soutiens efficaces, parfois inattendus aussi. Qu'ils soient effectifs ou moraux. Et mes pensées vont souvent vers ces amis, ces proches dont l'action, la parole, le conseil, me remettent en selle.
Même si, à l'intérieur, je vis de solitude finalement, je sais que je ne suis pas grand chose sans ces autres qui m'ont choisi ou que j'ai moi-même choisis.

L'exposition au Wolf, élaborée quasiment dans l'urgence et dont le vernissage, en fin de compte tout simple, fut l'occasion de retrouver un entourage qui compte réellement à mes yeux, suit sa propre vie en essayant d'arracher une réaction à un public parisien souvent blasé et qui paraît n'être plus capable de regarder les choses avec simplicité et bonheur... Les retours sont positifs et quelques photos ont même déjà trouvé acquéreurs. Cela est bien.

Les fêtes arrivent à grands pas. J'ai pris une année de plus il y a quelques jours. Je vais pouvoir à nouveau jouer avec des clous comme je me plais à dire, étant sorti de l'année "fatidique" du double 3. Pour la première fois, je ne perçois pas le parfum de Noël, cette ambiance indescriptible que j'aime tant depuis mon enfance.
Je sais pourtant que je retrouverai bientôt avec plaisir ma famille ainsi que le petit bébé qui vient d'y arriver du côté de mon frère, il y a quelques jours. Sans doute dois-je y voir l'effet de ces deux derniers mois à la cadence soutenue. A moins que, comme pour toute chose, la magie de Noël finisse par s'émousser dans mon coeur et n'opère plus de la même façon.
Le temps passe, le temps file. J'en ai une conscience de plus en plus aigüe. J'essaye de ne pas avoir de regrets au sujet de ce que je n'ai pas su ou oser faire avant et je me dis que maintenant il faut que les graines semées ça et là donnent enfin du fruit. Je suis entré dans le temps de l'équilibre. Dieu qu'il est instable et qu'il sera fugace! Celui où j'ai encore autour de moi mes références du passé, parents et grands parents, où la communication et la connivence avec elles sont encore possibles, dans la limite de ce qui peut-être partagé quand l'identité profonde crée forcément une différence...
Il convient de profiter de tout cela sans lâcher de l'esprit l'omniprésence de l'impermanence. Se préparer pour ne pas avoir à souffrir et toujours chercher le fameux chemin vers la cessation de la douleur. J'en ai à peine que les premiers pavements.
21:53 Publié dans Bio | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note