12.12.2007

La course

J'ai l'impression de ne plus trop toucher terre depuis deux mois. Les choses se précipitent, les projets se bousculent avec un frémissement de réalisation que je souhaitais depuis si longtemps mais que j'aborde de manière encore circonspecte.

Crainte de déceptions.

Les cours s'enchaînent, j'en hérite de nouveaux si bien que je me retrouve à présent dans la situation d'un pivot. Si je devais être absent ne serait-ce que quelques jours, je crois bien que mon centre de formation rencontrerait de grosses difficultés car j'interviens quasiment à tous les niveaux d'apprentissage représentés dans la structure.

Je ne me suis jamais plaint d'avoir du travail et je ne vais pas commencer à présent. Je remarque juste le curieux ordonnancement des choses.

Depuis deux mois je cours, je planifie, j'organise, je rassemble des morceaux épars pour essayer d'en faire quelque chose de cohérent... Toujours avec relativement peu de moyens. Et c'est sans doute ce qui me pèse le plus tout en aiguisant l'esprit d'organisation ainsi qu'une certaine ingéniosité. Il faut tout faire et être sur tous les fronts.

Dans cette agitation ambiante -et finalement toute relative au regard de celle qui enveloppe le Monde- j'ai la chance de compter sur des soutiens efficaces, parfois inattendus aussi. Qu'ils soient effectifs ou moraux. Et mes pensées vont souvent vers ces amis, ces proches dont l'action, la parole, le conseil, me remettent en selle.

Même si, à l'intérieur, je vis de solitude finalement, je sais que je ne suis pas grand chose sans ces autres qui m'ont choisi ou que j'ai moi-même choisis.

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L'exposition au Wolf, élaborée quasiment dans l'urgence et dont le vernissage, en fin de compte tout simple, fut l'occasion de retrouver un entourage qui compte réellement à mes yeux, suit sa propre vie en essayant d'arracher une réaction à un public parisien souvent blasé et qui paraît n'être plus capable de regarder les choses avec simplicité et bonheur... Les retours sont positifs et quelques photos ont même déjà trouvé acquéreurs. Cela est bien.

 

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Soirée d'anniversaire du 8 décembre 07

Les fêtes arrivent à grands pas. J'ai pris une année de plus il y a quelques jours. Je vais pouvoir à nouveau jouer avec des clous comme je me plais à dire, étant sorti de l'année "fatidique" du double 3. Pour la première fois, je ne perçois pas le parfum de Noël, cette ambiance indescriptible que j'aime tant depuis mon enfance.

Je sais pourtant que je retrouverai bientôt avec plaisir ma famille ainsi que le petit bébé qui vient d'y arriver du côté de mon frère, il y a quelques jours. Sans doute dois-je y voir l'effet de ces deux derniers mois à la cadence soutenue. A moins que, comme pour toute chose, la magie de Noël finisse par s'émousser dans mon coeur et n'opère plus de la même façon.

Le temps passe, le temps file. J'en ai une conscience de plus en plus aigüe. J'essaye de ne pas avoir de regrets au sujet de ce que je n'ai pas su ou oser faire avant et je me dis que maintenant il faut que les graines semées ça et là donnent enfin du fruit. Je suis entré dans le temps de l'équilibre. Dieu qu'il est instable et qu'il sera fugace! Celui où j'ai encore autour de moi mes références du passé, parents et grands parents, où la communication et la connivence avec elles sont encore possibles, dans la limite de ce qui peut-être partagé quand l'identité profonde crée forcément une différence...

Il convient de profiter de tout cela sans lâcher de l'esprit l'omniprésence de l'impermanence. Se préparer pour ne pas avoir à souffrir et toujours chercher le fameux chemin vers la cessation de la douleur. J'en ai à peine que les premiers pavements.

02.08.2007

Chroniques ferroviaires

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                            TGV par Placide

 

 

Bordeaux St-Jean, 31 juillet 2007 vers 14.45 pm

 

Le train repart. Direction Toulouse Matabiau où nous devrions être d’ici deux bonnes heures. J’écris « nous », mais je ne me sens pas spécialement solidaire des voyageurs que le hasard me fait côtoyer…

Evidemment, l’arrêt bordelais a été accompagné par les habituels aléas : erreurs de sièges, bagages trop volumineux, petits vieux surchargés… Naturellement, comme à chaque fois, je n’ai pu m’empêcher de hisser, ça et là,  un sac ou une valise. Voir la perplexité du voyageur bloquant les autres dans l’allée devant la tâche surhumaine que semble représenter le rangement de ses effets au dessus de sa tête m’agace suffisamment pour que je ne demeure pas assis bien tranquillement à ma place.

 

Je suis toujours effaré par certains comportements. Des compartiments à bagages sont prévus entre chaque voiture pour libérer de l’espace au dessus des sièges. Leurs volumes sont suffisants pour accueillir plusieurs grosses valises. Oui mais voilà, il faut accepter de laisser son bagage à quelques mètres de soi derrière une porte transparente, sacrifice inconcevable pour beaucoup. C’est bien connu ma bonne dame : les trains, de nos jours, ne sont pas sûrs !

Vu le poids de ce que j’ai pu charrier au cours de mes différents trajets, je peux affirmer que l’éventuel indélicat doit jouir d’une robuste constitution pour s’attaquer à certains bagages.

 

Je suis monté ce matin en gare de Lille Europe, direction Paris. Sur cette ligne, le public est différent, davantage composé d’habitués qui l’empruntent pour aller travailler comme d’autres s’engouffrent dans un métro de la capitale. On se presse un peu mois, le TGV a des allures d’endroit familier et cela se sent. Bien sûr, il y a toujours celui ou celle qui se trompe de voiture et s’installe dans le premier siège venu, persuadé que ce dernier s’est doté, comme par magie, du bon numéro. A croire que nos contemporains ne font pas attention aux choses élémentaires comme lire correctement le contenu de leur billet, par exemple.

Prendre le train ne me semble pourtant pas, aujourd’hui en France, une aventure pleine de rebondissements. Quoique ! Comme le disait le regretté Raymond Devos, quoique.

 

Les vignes étalent leurs rangées impeccables à la façon de rayons filant vers des groupes de maisons aux toits de tuiles. Il fait beau. Chaud aussi j’imagine. Je sens Toulouse se rapprocher lentement.

 

Le transfert entre la Gare du Nord à Paris et la Gare Montparnasse s’est opéré (relativement) rapidement. Le métro de la ligne 4 n’était pas bondé, même aux abords de la Gare de l’Est. Mais Paris restera toujours Paris et c’eut été merveilleux qu’il n’y eût aucune panne de quelque nature que ce fut. Le métro roulait, les escaliers mécaniques bien pratiques lorsqu’on est chargé aussi. Ce matin, ce qui bloquait c’était les deux tapis automatiques chargés de relier plus rapidement la station de métro Montparnasse-Bienvenüe à la gare. LE dispositif le plus important en somme. Alors, les voyageurs ont du traverser le tunnel couvert d’explications fort pédagogiques sur l’histoire du métro, à pied et vitesse…humaine pedibus cum gambis. Dans pareils cas, on retrouve toujours les abruti(e)s qui mobilisent toute la place dans le sens de la marche en traînant un sac énorme et on regrette de ne pas disposer d’une secrète boîte à gifles qui contribuerait à redonner un soupçon de civisme à qui de droit.

 

Le bal des casse-pieds, ce jour, m’a suivi jusque dans mon TGV. Le bon père de famille placé au rang devant mon siège, pour commencer, qui se lève tous les quarts d’heure pour fouiller dans son sac et me recouvrir de miettes dont il semble ignorer la provenance, alors qu’il ne faut pas être devin pour imaginer le paquet de biscuits écrasés dans un fond percé. Puis l’excité du je-dois-impérativement-placer-ma-malette-au-dessus-de-ma-tête, quitte à tenter un empilement très aléatoire, qui me fait le coup de laisser ses effets en équilibre plus qu’instable juste au dessus de moi. Je le lui fait savoir d’un ton neutre et voici que le quidam commence à se montrer agressif, « ne vous énervez pas ! » articule-t-il avec une certaine difficulté. Pour qui se prend ce crétin qui s’adresse à moi de cette façon ?

 

Je lui dis que si son bagage me tombe dessus, il finira par la fenêtre, tout en gardant un ton égal. Je suis à deux doigts de me lever de mon siège histoire de faire mon «mâle alpha dominant » basique et lui montrer qu’il ne faut pas qu’il insiste, le nabot, mais je me contrôle. Il bougonne, je retourne à mes occupations. Il cale un tantinet sa mallette. Si elle bouge, c’est sûr qu’il se la prendra dans la figure, avec mes meilleurs sentiments.

A l’heure où j’écris ces lignes, elle ne m’est pas (encore) tombée sur la tête. Un voyageur prudent l’a positionnée de manière plus cartésienne en bougeant ses propres effets.

 

On approche d’Agen, je ne sais si le train doit y faire une halte mais on s’agite autour de moi. Il y a toujours les impatients debout vingt minutes avant les autres, harnachés comme s’ils s’apprêtaient à sauter en parachute… Go ! Go ! Go ! Ils encombrent à la queue leu leu l’allée en commençant à souffler. Eh oui, c’est long. La plupart de ces individus, il faut le préciser, sont en vacances. On pourrait donc les imaginer plus détendus et un peu moins sur les dents. Il faut croire qu’il n’en est rien.

 

Moi, je l’avoue, cela m’amuse autant que ça peut m’agacer avec cette douce sensation –peut-être un peu prétentieuse mais c’est si bon !- de n’avoir décidément que fort peu de choses en commun avec tous ces gens. Leur mode de fonctionnement et leurs préoccupations terre-à-terre du moment ne sont décidément pas les miens.

 

Le train s’est bien arrêté à Agen, il s’est un peu allégé au passage. Montauban dans une vingtaine de minutes puis Toulouse. Je termine cette petite chronique ferroviaire par une touche positive : mon voisin monté à Paris n’est pas resté bien longtemps en place, coincé contre la fenêtre. Il a sans doute préféré trouver mieux ailleurs, là où les revêtements des sièges sont plus verts… Du coup j’ai pu étaler mes jambes et déplier mon ordinateur portable.

 

Toulouse, le lendemain.

 

Le train est finalement arrivé avec un quart d’heure de retard, me faisant manquer ma correspondance… Du coup, j’ai pu tester une partie de la nouvelle ligne du métro toulousain dont les rames automatiques se sont immobilisées à peine la première station passée : panne !

Une petite défaillance somme toute… L’occasion en tout cas de me remémorer nombre de souvenirs de l’époque où j’étais étudiant dans la ville rose. Je fais partie de ceux dont la « ligne A » a révolutionné la vie en mettant l’Université du Mirail à 13 minutes de la gare, au lieu des presque 60 en bus. C’était il y a déjà une bonne quinzaine d’années.

 

Les rames sont identiques à celles de Lille, seul leur design intérieur change. La ville a fait de gros efforts en terme de transport en commun. Il reste cependant des paradoxes : la ligne C qui est une extension ferroviaire du métro par autorail ne dispose que de deux à trois rotations par heure !

Comment pousser les gens à laisser leur véhicule personnel au garage si un réel service régulier et cohérent ne leur est pas proposé ?

Il ne serait sans doute pas rentable de multiplier les navettes sur cette ligne C pour le confort des usagers, certes, mais doit-on systématiquement raisonner ne terme de rentabilité dès lors qu’il s’agit d’améliorer le cadre de vie ?

12.06.2007

On ne dit pas assez souvent...

...Aux gens qu'on aime qu'on les aime.

Je ne suis pas très famille et la mienne, celle qui compte vraiment, se limite à peu de gens, un tout petit noyau jusqu'ici épargné par les aléas du temps et de nos destinées humaines. Elle a évidemment une place spéciale dans mon coeur et mes pensées. Et puis, au fil du temps, j'y ai ajouté, pêle-mêle, un compagnon tellement différent de moi et des amis devenus bien plus que des amis et pour lesquels je ne saurais classifier mes sentiments par ordre de grandeur...

Tout cela se combine et fusionne pour me donner cet équilibre du coeur que je pense avoir, même s'il est fragile et si impermanent.

Lors du dernier concert de Zazie, ici à Lille, que j'ai dégusté accompagné précisément par une petite partie de ces gars que j'aime, j'ai reçu les paroles de la chanson qui suit comme un instant magique. Les voici, car elles valent à elles seules les plus longs discours...

Isabelle est une magicienne.

 

"J'en vois des qui s'donnent, donnent des bijoux
Dans le cou
C'est beau mais quand même
Ce n'sont que des cailloux

Des pierres qui vous roulent, roulent
Et qui vous coulent
Sur les joues
J'aime mieux que tu m'aimes
Sans dépenser des sous

Moi, je m'en moque
J'envoie valser
Les trucs en toc
Les cages dorées
Toi quand tu m'serres très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

J'en vois des qui s'lancent des regards
Et des fleurs
Puis qui s'laissent quelque part
Ou ailleurs
Entre les roses et les choux
J'en connais des tas qui feraient mieux de s'aimer un peu
Un peu comme nous
Qui nous aimons beaucoup

Et d'envoyer ailleurs valser
Les bagues et les cœurs en collier
Car quand on s'aime très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

Moi, pour toujours
J'envoie valser
Les preuves d'amour
En or plaqué
Puisque tu m'serres très fort
C'est là mon trésor
C'est toi, toi qui vaut de l'or"

 

Zazie, "J'envoie valser"

 

26.05.2007

Beaufitude

Néologisme désignant une absence de classe, de retenue et de spiritualité. un comportement dénotant un manque de finesse et d'éducation.

Courses et lèche-vitrines à Lille cet après midi. Du monde comme tous les samedis et un temps mitigé. Grand place, un mariage passe dans un tintamarre de sirènes, à grand renfort de vociférations et et drapeaux aux couleurs de l'Algérie. Cela ne fait sourire personne.

Beaufitude de banlieue se transportant en centre-ville.

 Un peu plus loin, près de la maison au soleil d'or, un garçon se trémousse sur l'entablement d'une fenêtre d'étage une écharpe autour du cou, la voix grasse d'un chant intellectuel de supporter de foot. Une troupe de jeunes mâles restés sur la pavé lui répond en choeur, des gobelets de bière à la main. Il paraît que le club de Lens joue en ce moment même quelque part.

Beaufitude des sportifs de gradins et du prolétaire abruti en quête de sensations fortes.

Passage rapide au centre commercial d'Euralille avant de reprendre le métro tout proche.

Des enfants trépignent alors que les chariots débordant s'accrochent, se grillent la priorité. Bruit, caprices, parents débordés ou excédés.

Beaufitude de la famille "normale", merveilleuse cellule de base de la société qui pond des gamins sans savoir trop pourquoi et qui les promène juchés dans des Caddies au milieu des allées d'un supermarché...

A part cela, ici tout va bien. Un samedi ordinaire en somme.

 

22.04.2007

C'est parti!

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On annonce une migration d'ours sur le territoire français ce dimanche. Tremblez, candidates et candidats ! :-)

07.03.2007

Interlude

 

D'abord, il y avait un t tout rond et coloré comme un bonbon qui apparaissait sur un fond de ciel d'altitude aux nuages blancs. Puis un f, tout aussi rond, appétissant et étrangement ressemblant à la première lettre venait s'y accoler, à la façon de deux pierres taillées avec précision. Enfin, arrivait le 1 qui se joignait à l'ensemble.

Cette improbable triade allait, par la suite, s'ajouter à d'autres dans un arc-en-ciel  pour former un mur puis un dallage convergent vers un losange en forme d'oeil stylisé...

 

Petit garçon, en vacances chez mes grands parents, j'étais collé au poste de télévision, fasciné par cette scène et surtout par la musique qui l'accompagnait, typique des années 1970...

Je ne l'ai redécouverte que bien des années après grâce aux ressources d'Internet et je ne résiste pas au plaisir de la faire partager:
podcast

On la doit à Vladimir COSMA, grand compositeur de musiques de films qui a signé, entre autres, la BO de "La gloire de mon père", film adapté du roman éponyme de Pagnol.

25.02.2007

Est-ce qu'on dérange?

 

Mésaventure étrange que celle qui m'est arrivée cette après-midi dans un café de Lille en compagnie de mes amis Thierry et Florian.

Si j'en parle ici c'est à la fois pour faire part du surréalisme de la scène mais aussi de ma perplexité. Quelle réaction juste adopter face à un comportement aussi étrange?

Mais jugez plutôt.

Nous sommes depuis une demi heure au fond de la salle unique de ce café installé rue piétonne du Sec Arembault et qui empiète sur son pavé par une terrasse couverte de bois, juste en face de la Fnac, confortablements installés sur deux sofas occupant le bout de l'unique salle à siroter nos boissons. Florian qui a un léger coup de fatique s'est en partie calé contre moi car j'occupe un angle de la banquette en u. Nous faisons tous deux face à Thierry, de l'autre côté. Il y a du monde dans le café, mais il n'est pas bondé et les trois serveurs se relayent en terrasse, en salle ou derrière le petit comptoir. Ambiance lounge, nous discutons de façon tout à fait sympathique.

L'un des serveurs -qui a déjà eu l'occasion de nous croiser plusieurs fois ces derniers mois puisque nous venons régulièrement dans cet établissement- se dirige vers nous et, s'adressant à Florian lui dit textuellement:

-Mon petit monsieur, je vais vous demander de vous redresser. Ici nous avons une clientèle diverse.

Florian s'éxécute. Nous avons tous trois imaginé, au départ, qu'il y avait peut-être un problème de place, voire de sécurité à cet endroit du bar si bien que personne n'a réagi pour  demander des explications sur des propos aussi étranges.

Pendant quelques minutes nous sommes restés assez dubitatifs. Mais qu'est-ce que ce serveur avait-il bien pu imaginer pour nous parler ainsi de sa clientèle? Tout à coup j'ai eu l'impression que si nous nous étions embrassés à pleinde bouche la remarque n'en aurait pas été moins cinglante.

Quel mal avions-nous donc pu faire? Je me pose encore la question avec une désagréable sensation... d'humiliation.

Le Café en question -le Beaulieu pour les personnes qui résident à Lille- a en effet une clientèle variée mais est également réputé pour être "gay friendly". D'ailleurs le style de ses serveurs est assez éloquent en la matière. Alors serait-ce le fait d'avoir vu Florian ainsi calé contre moi, peut-être s'étalant un peu trop qui a conduit à ce soudain recadrage ou alors l'impression d'avoir vu un comportement un peu trop ostentatoire?

Ayant observé le ballet des différents clients présents ds les parages avant le couac, je n'ai pourtant pas répéré d'étonnement particulier, voire de sentiment de malaise...

Dois-je conclure que le fait que deux garçons se serrent un peu trop dans un café moderne et "branché" du centre de Lille pose encore un problème de nos jours? Le plus étrange c'est que le serveur ne se soit adressé qu'à Florian alors que moi aussi j'étais dans une posture décontractée dans mon coin de sofa.

 

Si je peux concevoir qu'il y ait parfois des malentendus sur "l'étiquette" de tel ou tel établissement (tenue vestimentaire exigée ect...) je ne peux accepter de subir pareilles réflexions aussi infondées que blessantes. Il existe toujours un moyen diplomatique de montrer à un client se laissant un peu trop aller que son attitude est déplacée, sans utiliser ce genre de phrases lourdes de sous entendus.

Non seulement nous serons trois à ne plus remettre les pieds dans ce café mais, pour ma part je me garderai bien de e conseiller ou d'y conduire les amis de passage que j'avais l'habitude d'y amener depuis un peu plus de deux ans. Le dernier en date, il y a moins de dix jours avait tout de même réglé une addition de plus de trente euros.

06.12.2006

Introspection IV. Je me sens tout petit...

Les jours de grisaille ont cette étrange faculté de me plonger dans un état introspectif qui permet aux sentiments profonds de remonter à la surface pour trouver l'énergie nécessaire à leur mise en mots.

Je me sens tout petit.

Tout petit dedans. Il y a autour de moi des gens que j'apprécie ou que j'aime tout simplement et parmi eux des personnes de talent... Il y a aussi des références, des sages et des artistes qui peuplent mon univers. Et moi, je me sens tout petit avec mes quelques compétences.

Pourtant, je sais qu'on me fait confiance et qu'on me soutient. Malgré cela, j'ai l'impression de ne rien connaître vraiment, de ne rien posséder parfaitement. Touche à tout sans doute éparpillé qui voudrait vivre neuf vies en une seule mais ne sait ou ne peut s'en donner les moyens.

 

On dit que le doute fait avancer. C'était du moins le processus de Descartes dans sa recherche de l'existence de Dieu. Douter, je ne fais finalement que ça avec toujours cette certitude de l'impermanence de toute chose chevillée au corps.

04.12.2006

ANNO XXXIII

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33 ans depuis hier, dimanche. Durant cette année je ne tenterai pas de marcher sur les eaux et j'éviterai de jouer avec des clous...Ou de me rendre à Babylone!

 

Hugs aux copains (parfois venus de loin) qui ont partagé le buffet que j'avais préparé à cette occasion. Un beau moment de convivialité et une sacrée brochette de gaillards!

 

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30.11.2006

Introspection III, St André

30 novembre, jour de la St André (apôtre et evêque de Patras, en Grèce).

Un jour un peu spécial pour moi. Chaque année, ce nom me rappelle celui d'un ami qui fut pour moi comme un frère et que j'ai perdu il y a des années.

Non qu'il lui soit arrivé malheur, fort heureusement, mais tout simplement parce que le temps et les aléas de la vie ont fait leur travail de sape. Il y a près de quinze ans, j'aurais tout donné pour qu'André, mon "frère des étoiles", soit heureux, qu'il sorte d'une situation familiale difficile autrement qu'en se détruisant à petit feu. Ma seule fierté c'est d'y être finalement parvenu, même si pour celà il a fallu le perdre.

Je sais qu'il vit aujourd'hui quelque part dans le sud, près de Toulouse, aux côtés de celle qui avait tout mis en oeuvre pour imposer la distance. J'imagine qu'il doit toujours être aussi bouillonnant dès qu'on évoque sa Catalogne d'origine...

Je ne l'ai pas oublié et il me manque. La croix en X, symbole du saint, qui supporte mon écusson ici en haut à gauche témoigne de cet attachement aux souvenirs. Tout ce qui ne tue pas, finalement, rend plus fort.

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