01.05.2007
Enigme
Un récit, patrimoine de l'humanité.
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11.07.2006
Toutmosis dans le texte
Dans le système hiéroglyphique, il existe trois "alphabets". Dans le premier, un dessin équivaut à une lettre ( la fleur de jonc = "i"), dans le deuxième, à deux lettres ( le rond avec un point au milieu = "râ"), et, dans le troisième alphabet, à trois lettres (la fameuse "croix égyptienne"= ankh -"kh" comptant pour une lettre- ).
Les anciens égyptiens mélangeaient gaillardement les trois systèmes pour composer des mots, en ne notant, la plupart du temps, que les consonnes... D'où la difficulté, aujourd'hui, à restituer une prononciation: "Mr" se disait-il "mèr", "mér", "mor"...?
A l'exception du a, ou et i (qu'on ne sait pas clairement vocaliser), il n'existe plus aucune indication précise.
Voici, en illustration, le nom d'un pharaon gravé dans le granit d'un obélisque du grand temple d'Amon à Karnak (Louqsor, Egypte), on y retrouve les trois systèmes alphabétiques. Le pharaon possédait cinq noms dont quatre lui étaient attribués lors de son couronnement. Tous ces titres résumaient ses valeurs et son programme politique. Les deux plus importants sont contenus dans des ovales symbolisant l'éternité: les cartouches (masculin).
Dans le premier figure le nom du roi (son "numéro" on dirait aujourd'hui. Pour Louis XIV, ce serait le "XIV" suivi du surnom "le Grand"), dans le second, son "prénom" (suivant notre exemple, Louis).
Ici il s'agit du nom de Toutmosis Ier (XVème siècle avant J.C. XVIIIème dynastie, celle de Néfertiti).
Dans le nom royal on retrouve toujours une référence au dieu soleil Râ (appelé aussi Rê). Comme cette divinité est très importante, car le souverain est son représentant sur terre, on la place en premier sur le dessin... Mais on la lit en dernier dans la version égyptienne.
Le rond avec le point = Soleil = "Rê",
la forme allongée ressemblant à un manche symbolise un piquet de tente couché au sol = "Aa" = grand(e),
les deux bras levés joints par les épaules = "Ka" = l'âme, le double,
le scarabée = "Khéper" (prononcez kh comme la jota espagnole) = la forme, le renouvellement, la renaissance,
de nouveau le soleil Rê... Cela signifie que le nom est en deux parties,
l'araire du paysan pour retourner la terre = "mèr(y)" = aimé
le signe de l'eau qui coule = "n" = de, par.
Une fois que l'on obtient tous ces mots, il faut pouvoir les remettre dans un certain ordre et leur donner du corps. Commençons par les trois derniers signes dont le sens est le plus simple:
"Aimé (= protégé) de Rê (le dieu du soleil)"
Reprenons au début du cartouche et mettons Rê, comme sujet de ce qui suit: grand+le double+la forme.
Pas évident, mais c'est une simple gymnastique de l'esprit. On intervertit les termes double et forme:
"Grande est la forme du double de Rê, (ce "double" étant le roi lui-même, on ajoute la suite:) aimé de Rê"
Ce qui donne, en égyptien: "Aakhéperkarê, Méry èn Rê".
Quand les égyptologues parlent de Toutmosis Aakhéperkarê, ils désignent Toutmosis Ier, le père et prédécesseur de la "pharaonne" Hatchepsout.
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