16.06.2007

Colère sourde

En 1943 le docteur Josef Mengele dit "Beppo" est envoyé dans le service médical d'Auschwitz-Birkenau. Là il va se livrer à une série d'expérimentations médicales et génétiques sur des sujets vivants "prélevés" dans la population des déportés, des jumeaux notamment.

La liste des sévices subis par les victimes au nom d'une certaine vision de la science et de la médecine est hallucinante: injections et opérations sans anesthésies, mutilations, greffes...

Beppo a réussi à échapper au procès de Nuremberg, il est mort en 1979 mais le souvenir de ses horreurs est gravé dans la mémoire collective. Plus de soixante ans après, les documentaires nous informent encore de l'étendue de ses méfaits et de la froide détermination inhumaine du personnage.

2007, sur les écrans sort le deuxième volet d'un film: Hostel. Un thriller psychologique doublé d'un film d'horreur. Une succession d'enlèvement et de tortures abominables, plus ou moins inspirées de faits divers connus et de l'imagination perverse de scénaristes. Cris, désespoir, arbtraire, mutilations abominables...

Comment ne pas ressentir une immense colère sourde devant pareil spectacle donné en pâture? Comment ne pas être désespéré alors que d'un côté on dénonce les souffrances endurées dans les camps et que, de l'autre, on fait l'apologie des mêmes abominations?

Il en faut pas se cacher la réalité: ça n'est pas que du cinéma. Il n'y a pas d'art dans la mise en scène de mutilations et de la souffrance. Il y a juste la volonté de caresser dans le sens du poil les pulsions humaines les plus dangereuses. Je l'avais déjà écrit ici il y a quelques mois et je le répète, au risque de froisser ces amis chers que j'ai et qui ne sont pas d'accord avec moi (mon humanisme est entier et ne peut, sur ce point au moins, souffrir de nuances): au delà de l'horreur pure, il y a là-dedans une énorme régression qui me fait peur.

Ma colère est, de plus, amplifiée par un autre aspect, l'hypocrisie. Hostel II est interdit en salle au moins de 16 ans, alors que n'importe quel film X requiert la majorité... Comme si la pornographie, même la plus mauvaise, était plus dangereuse que l'horreur psychologique portée au pinacle.

Les "Beppo" d'aujourd'hui sont scénaristes et jouent à amorcer des bombes qui éclateront tôt ou tard dans la réalité à la figure des sociétés déjà passablement agitées. Et je n'espère qu'une chose, qu'ils rendent un jour des comptes, au moins juste à eux-mêmes en se trouvant confrontés à leurs responsabilités face à des horreurs réelles qu'ils auront inspirées aux esprits perturbés de leurs instigateurs.

22.04.2007

Les contes de Terremer

 

Un merveilleux film d'animation de Goro Miyasaki, fils du grand Hayao, adapté du roman d'Ursula K. Le Guin. Rythme lent d'une histoire philosophique au message à la fois simple et fondamental, paysages magiques et improbables où la mer est omniprésente, graphismes soignés typiques de la patte des studios Ghibli.

Je suis allé voir le film avec Greg dans l'une des salles annexes de l'UGC de Lille (où d'ailleurs il faut presque un chausse-pieds pour entrer dans les sièges!) et nous en sommes sortis avec plein de couleurs dans les yeux... Pas question de retour à l'âme d'enfant ici, juste des personnages attachants et une réflexion sur le sens de la vie.

Et c'est déjà beaucoup.

 

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21.03.2007

Miller et les Thermopyles

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A l'heure où sort en salles le film "300" de Z.Snyder, l'adaptation cinématographique de la graphic novel de Franck Miller, il me semble intéressant de faire quelques observations et d'apporter une mise au point historique au sujet de ce péplum du troisième millénaire.

 

En 480 avant J.C. les cités grecques décident de s'unir -fait extrêmenent rare, étant donné qu'elles passaient le plus clair de leur temps à se livrer bataille afin d'assurer leur suprématie sur mer et certains autres points stratégiques- contre un ennemi commun et quasiment héréditaire: l'empire perse achéménide dirigé alors par Xerxès.

Le Roi des rois n'est pas n'importe qui. Il a hérité d'un territoire immense allant de l'Indus à la Méditerrannée jusqu'aux frontières de l'Egypte, englobant l'Iran et l'Irak actuels. Sa personne est considérée comme sacrée et il est l'objet d'un véritable culte à la façon de ce qui se pratiquait en Orient durant la haute Antiquité.

 

Le but de Xerxès est simple: prendre pied en Grèce "continentale" pour exiger l'allégeance et limiter l'action des cités locales particulièrement remuantes dont les actions agitaient aussi les fondations hellènes de Turquie actuelle directement implantées en terres perses. Car la civilisation grecque ne se limite pas au seul Péloponnèse, elle a essaimé un peu partout en Méditerrannée.

Les cités grecques savent qu'elles ne pourront résister au rouleau compresseur perse qu'au prix d'une union forte qui n'est pas simple à concrétiser car les différences structurelles entre les cités -alors tout autant d'états- sont nombreuses. Elles possèdent pourtant deux points communs qui vont fortement les y aider: la langue et le principe de l'assemblée. Toutes les "nations" grecques, qu'elles soient dirigées par un roi ou par une aristocratie locale fonctionnent sur un principe d'assemblée de citoyens. C'est ce que l'on nomme démocratie à Athènes (le parallèle avec le système démocratique actuel s'arrête toutefois là). Ailleurs, les situations sont plus contrastées, notamment en "grande Grèce" du côté de l'Italie.

 

La principale rivale d'Athènes au Vème siècle av. J.C. reste Sparte. La cité a un fonctionnement radicalement différent basé sur une organisation militaire très hiérarchisée possédant une assemblée et deux rois nommés, redevables de leur action devant elle. Elle prend en charge ses citoyens dès leur naissance au moyen du système de l'Agogè (programme d'éducation collective et obligatoire par tranches d'âges) et pratique l'eugénisme. Tous les enfants jugés chétifs à la naissance sont exécutés car ils ne doivent pas représenter une charge pour la cité. A partir de sept ans ils suivent un entraînement militaire rigoureux, la cité veille à ce qu'ils apprennent à lire et à écrire et les place sous l'autorité d'un maître, l'Eraste, destiné à former psychiquement mais aussi physiquement son élève. Cette éducation passe entre autre par l'apprentissage de la sexualité. Les auteurs grecs anciens, d'ailleurs, raillaient les pratiques homosexuelles des Spartiates (oubliant bien volontiers qu'elles étaient répandues bien au delà)...

Les filles suivaient un processus éducation sensiblement identique destiné à leur faire mettre au monde des garçons sains et vigoureux. On le voit, à la différence d'Athènes, Sparte formait avant tout des guerriers (sans doute les meilleurs de l'Antiquité). Elle inspirait chez ses contemporains et les penseurs de l'Antiquité à la fois crainte et curiosité (cf. Plutarque, La république des Lacédémoniens).

 

La célèbre bataille des Termopyles qui a inspiré le dessinateur US Frank Miller puis le réalisateur Snyder, met précisément Sparte au premier rang des hostilités.

A la suite d'un concours de circonstances et d'une succession de tempêtes qui ont endommagé l'armada navale des Perses et obligé ces derniers à débarquer, les troupes de Léonidas, l'un des deux rois de Sparte de l'époque, se retrouvent seules face à l'avancée ennemie. Les lacédémoniens doivent contenir le plus possible les perses, le temps de donner à la coalition grecque le temps d'organiser la riposte. L'épisode se déroule dans un étroit passage entre deux zones montagneuses - les Thermopyles, ou "portes chaudes"- et se termine mal pour les 300 "hippeis" de Léonidas qui se font massacrer et leur roi, couper en morceaux. Leur mission toutefois est remplie puisque les coalisés parviennent par la suite à détruire la flotte perse à Salamine.

Le souvenir de ce sacrifice collectif a frappé les esprits au point de parvenir jusqu'à nous et de symboliser la faculté de résistance grecque...sur laquelle Turcs et Nazis se sont aussi cassés les dents dans les épisodes d'une histoire plus récente.

 

Quand Miller restitue la bataille des Thermopyles, il le fait avec une modernité déroutante, à la fois dans le trait et les couleurs et aussi dans l'esthétisme choisi. Si la succession des évènements connus est globalement respectée, il extrapole complètement la psychologie et la physionomie des personnages, faisant, par exemple, de Xerxès une sorte de créature efféminée... Et là se pose le problème du message sous jacent dans cette oeuvre. Les grecs anciens étaient de grands propagandistes qui démoncaient les traditions "décadentes" et les moeurs dissolues des Perses pour mieux justifier leur antipathie à leur égard, une façon de les rabaisser.

C'était cependant faire l'impasse sur les propres limites des cités grecques et de leur organisation sociale. Miller reprend à son compte ce discours en montrant les Spartiates -malgré leur dureté à la limite de l'abrutissement- en héros virils et guerriers se moquant du fait que les Athéniens eux "aiment les hommes" et sont donc moins efficaces, et les Perses sous un jour plus ambigu, comme des fanatiques au milieu de décors complètement chimériques.

 

L'Histoire, la vraie ne fut pas aussi nettement tranchée ni aussi graphiquement sophistiquée. Les batailles n'ont rien d'esthétique dans la réalité et même si un Grec était avant tout un soldat, il ne marchait pas à la mort de manière quasi programmée. C'est d'ailleurs pour cela que la technique de la phalange avait été élaborée: pour économiser des vies et  faire du groupe en marche, hérissé de lances, un véritable rouleau compresseur là où les cavaliers se faisaient auparavant tailler en pièces.

 

26.11.2006

Atmosphères...

 

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 Entre Das Parfum ("Le Parfum") de Tom Tykwer, adapté du roman éponyme de Patrick Süskind et El Laberinto del Fauno ("Le Labyrinthe de Pan") de Guillermo del Toro, de prime abord il n'y a pas véritablement de rapport.

Epoques et contextes différents, héros aux caractères diamétralement opposés (un homme qui transcende le crime d'un côté pour, paradoxalement, créer la vie et l'amour, et, de l'autre, une petite fille innocente qui se réfugie dans son monde imaginaire).

Pourtant ces deux films ont eu en moi un écho particulier et quasiment identique parce qu'ils ont en commun une atmosphère.

Lourde et angoissante, ponctuée de violence rude, de sourdes craintes de voir la souffrance s'abattre sur les protagonistes, elle amène peu à peu vers une sorte de révélation de la beauté là où on l'attendait le moins, grâce au don des personnages (le "nez" de Jean Baptiste Grenouille ou la puissance de l'imaginaire de la petite Ophélia). Le monde intelligible et le monde sensible pétri de noir, de cruauté, de misère et de guerre, se téléscopent pour déboucher sur une réflexion plus profonde et plus accessible sur notre propre humanité.

Le travail des réalisateurs, la mise en image et en musique de cette révélation orchestrent avec brio une émotion qui ouvre finalement les portes les plus lointaines de l'introspection.

En quittant la salle de cinéma, je n'ai plus senti l'air qui m'environnait de la même manière... Je ne porte plus tout à fait le même regard sur les contes de fées... Pendant quelques heures, le temps a comme suspendu sa course, le trajet du métro m'a semblé plus court et les voix des gens plus feutrées. Il y avait comme un trop plein versant à l'intérieur de moi.

Et puis le "surmoi" a repris le dessus et les portes cachées se sont refermées.

Les plus belles histoires ne sont pas forcément celles qui finissent bien mais peut-être bien celles qui ont trouvé la clef pour ouvrir ces passages un instant. 

 

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07.06.2006

Pourquoi je n'irai pas voir "Marie-Antoinette"...

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Portrait de Marie-Antoinette par Elisabeth Vigée Lebrun

Autant le dire d'emblée, je ne veux pas cautionner ce qui relève d'une escroquerie intellectuelle. L'expression est volontairement forte, au moins autant que le sentiment de beau gâchis que les nombreuses bandes-annonces et sites consultés me laissent déjà comme arrière goût.

 

Versailles était à disposition, quasiment une première!, des costumiers de renoms avaient été mobilisés, des moyens considérables... Oui, mais il manquait apparemment un élément primordial: des historiens.

 

Comment peut-on se permettre de détourner et d'inventer des événements intimes pour faire de la psychologie de revue féminine?

Comment peut on fantasmer une seule seconde sur une existence qu'on bricole, alors que des documents -de toutes origines et de toutes opinions- sont là pour montrer les repères et le jalons à ne pas manquer?

 

C'est de l'escroquerie. Ce film n'aurait pas dû s'appeller "Marie-Antoinette" mais porter un autre nom. Celui d'une courtisane libertine par exemple, car il est vrai que la Cour du Versailles en regorgeait

De la reine Marie Antoinette on connaît presque tout, y compris ses pensées les plus intimes car une grande partie de sa correspondance a été conservée et qu'elle y parle de manière très naturelle de sa vie, de ses préoccupations... On y voit évoluer une jeune adolescente immature qui se retrouve plongée dans l'univers impitoyable -pire que Dallas!- de la plus brillante et plus sournoise Cour d'Europe, où un seul bon mot pouvait tuer. On suit la reine puis la mère qu'elle a été avec ses prises de décisions pas toujours très judicieuses, on comprend l'amitié qu'elle a pu avoir avec Madame de Lamballe, une des premières à être massacrée par la suite...

 

Alors pourquoi avoir imaginé une jeune fille se gavant de sucreries et de champagne (quand on sait, en plus, que le "vin de Champagne" n'était pas nécessairement la boisson la plus prisée à l'époque), portant des perruques et des robes absurdes ?

Une fois de plus, l'histoire a servi de supports aux fantasmes d'une réalisatrice qui avait pourtant tracé un chemin original... Un film de femme ai-je pu lire quelque part... Sofia Coppola sait-elle que son long métrage, qui connaîtra sûrement beaucoup de succès, va, une fois de plus, contribuer à durablement fausser la vision que le citoyen lambda a de cette époque?

 

De catin plus ou moins lesbienne et incestueuse pour le Tribunal révolutionnaire de 1793, qui n'a pas lésiné dans ses chefs d'accusations absurdes, à la sainte martyre des cathos-royalo-intégristes, je pensais que la Reine de France avait été croquée à toutes les sauces... Apparemment, j'avais oublié celle au caramel saupoudrée d'ébats en porte-jaretelle.

 

Je suis d'une génération à qui on a répété durant ses années d'école que la Révolution française c'était les "gentils" contre les "méchants", que Louis XVI et Marie-Antoinette étaient des tyrans dégénérés, reflets d'une élite pourrie... Mes études, par la suite, m'ont appris que les choses n'apparaissaient pas si tranchées et beaucoup plus nuancées.

On peut s'interroger sur l'origine des autorisations obtenues pour tourner à Versailles quand on sait que beaucoup de gens de renoms se sont cassés les dents devant une administration insensible à leur requête... Serait-ce parce que le lobbying américain des Amis de Versailles (richissimes donateurs qui permettent les nombreuses restaurations du Château et des jardins) a mis son poids dans la balance?

Je doute toutefois beaucoup que demain, si Monsieur Y, réalisateur, souhaite retracer la vie - la vraie- de la reine dans ce décor, il puisse le faire avec des portes aussi largement ouvertes...

 

Au même tire que le "devoir de mémoire" ne souffre d'aucun à-peu-près,   la biographie d'un personnage, du plus simple ouvrier au plus puissant souverain, se doit de restecter scrupuleusement ce que l'histoire et les témoignages nous en a transmis. C'est affaire de respect pour ces vies passées et d'honnêteté vis à vis du lecteur ou du spectateur.

 

Je ne perds pas de vue que pour qu'une critique soit viable et crédible, il faut connaître dans le détail son objet. C'est pour cela que je verrai le films de Sophia Coppola, mais pas avant qu'il sorte en DVD et que je trouve celui-ci à des prix sacrifiés. L'industrie du cinéma n'aura pas mes quelques euros cette fois-ci.

20.05.2006

Impressions Da Vinci

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Enfin vu hier -toujours avec Greg, ma caution littéraire du moment (il va adorer l'épithète!)- l'adaptation du Da Vinci Code au cinéma, sur écran géant au Kinépolis de Lomme.

 

Et bien, j'ai beaucoup aimé. Malgré les "grosses ficelles" classiques de la théorie du complot et les approximations historiques -qui ne font que reprendre une série de fantasmes vieux de plusieurs siècles sur les sociétés secrètes et la descendance supposée de Jésus- j'ai apprécié l'aspect enquête policière et la plongée dans des symboles qui résument à eux seuls tout notre background culturel occidental depuis 2000 ans.

 

J'ai la chance d'avoir les références littéraires, artistiques et historiques suffisantes pour éviter de tomber dans le panneau du "ah oui, ça doit être vrai!" et croire benoîtement au scénario du film. C'est une belle aventure mêlant légendes et mythologies avec un petit côté saupoudré d'Indiana Jones par moments, point. On s'y laisse prendre et c'est efficace.

Par ailleurs il y a, d'un point de vue purement cinématographique, de très beaux plans et l'emploi d'images de synthèses dans un contexte original, le tout servi par une musique de circonstance.

Selon Greg, le fim est une adaptation particulièrement fidèle du roman. C'est un plus certes, à condition d'avoir aimé le livre. Pas de surprises dans ce film par rapport à l'adaptation qui en a été faite, y compris au sujet de la psychologie des personnages.

 

Quelques bémols toutefois, liés plus à la forme qu'au fond: deux ou trois anachronismes (parler du Vatican en tant qu'institution au Moyen-âge n'a pas de sens, étant donné que le pape possédait une partie de l'Italie et toute la ville de Rome, or le Vatican n'est qu'un "emplacement" dans la ville...), le rôle finalement assez secondaire du personnage de Sophie Neveu (Audrey Tautou) qui, malgré son importance à des moments précis de l'histoire, n'apporte pas grand chose autour de la quête en elle même (elle a un petit côté Blonde-qui-ne-comprend-rien-du-premier-coup un tantinet agaçant), et, finalement, Léonard de Vinci -autour duquel on pourrait penser que s'articule le scénario-, quasiment absent. Les passionnés retrouveront en effet quelques éléments liés au personnage (tableaux, le "cryptex" également...) mais pas de "révélations" ou d'explications pour mieux comprendre les nombreuses compétences du génial personnage.

 

Ce film aura beaucoup de succès, indéniablement lié au battage médiatique et aux pseudos mystères répandus autour de sa sortie. Dan Brown et Ron Howard surfent habilement sur la vague de l'historico-mystico-politico-paranormal qui parle à tout être humain pour peu qu'il soit

 doué d'un peu de conscience et de capacité de réflexion. Les fondements de la foi, du système religieux, la conscience de la vie et de la mort sont des thèmes inépuisables.

Espérons que nos contemporains aient suffisemment de jugeotte et de curiosité intellectuelle pour démêler l'écheveau du vrai et du faux et exercer leur esprit critique loin des boycotteurs excités... Et ça, ça n'est pas gagné.

03.05.2006

Une bonne daube surgelée?

En préparation, la "suite" de Titanic (prononcez "taïténik") avec un bon scénario de vainqueur ? Voici un trailer fort alléchant pour vous faire une idée...

http://www.youtube.com/watch?v=T-yn_Fnve-Q&search=tit...

Meeeeuh non! Ca n'est qu'un habile montage de fans qui ont croisé des images empruntées à différents films ou Léo a montré sa frimousse. On s'y croirait en tout cas!

Merci à Benaki pour le lien ;-)

Et avec ça, je vous mets quoi?

Manny

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Vu avec mon grand copain Greg, cet après midi dans une immense salle déserte du Kinépolis de Lomme-Lille, "l'âge de glace 2", un véritable petit bijou de savoir faire numérique (le rendu des expressions, des mouvements, des effets aquatiques sont époustoufflants) et de drôlerie. J'avais déjà beaucoup apprécié le premier, en VO, avec tout le charme que cela peut avoir, même si la VF est également une réussite pour les deux.

Manny, c'est le nom du gros mammouth bourru au coeur tendre et aux défenses géométriques. J'ai une affection particulière pour ce personnage qui ravive en moi des impressions d'enfant, à la fois l'envie du "doudou" et celle d'être protégé. Sensation difficile à expliquer sinon par une forme de sensibilité particulière qui est la mienne... Fort dehors, tout petit dedans.

Pour un gars qui ne croit plus à la magie ni à l'amour des contes de fée depuis longtemps, ce genre de film est un petit bonheur qui fait du bien en même temps qu'il plonge dans un bain de nostalgie.

Je n'ai pas oublié ce bout de moi qui s'endormirait dans les bras de son nounours au regard bienfaisant semblable à celui du gros éléphant à la fourrure bouffante. Il est toujours là, mais bien caché, tout au fond.

02.05.2006

"Brigades" mitigées

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En 1907, Georges Clémenceau, bouffeur de curés notoire et républicain convaincu, crée des unités de police mobile qui développent une approche scientifique et cartésienne des enquêtes policières. On utilise les premières voitures, on étudie l'anthropométrie, les arts martiaux, la cryptographie... Il faut dire qu'en France, à l'époque, c'est l'effervescence. Entre les anarchistes, les braqueurs, les tensions européennes de plus en plus fortes, il y a de quoi faire.

L'action du film "Les brigades du Tigre" (surnom donné à Clémenceau parce qu'il avait la fâcheuse habitude de se battre en duel dès qu'un de ses adversaires lui manquait de respect), se déroule en 1912 dans une période où les tensions géopolitiques, poussées à leur paroxysme, finiront par conduire à la guerre.

 

On se souvient de la série TV des années 1970-80, avec son coté délicieusement suranné... Eh bien, il conviendrait de l'oublier avant d'aborder le long métrage car son esprit et radicalement différent. Il n'en subsiste que la fameuse musique (débarrassée de ses paroles initiales, légèrement gouailleuses: "M'sieur Clémenceau, vos flics maint'nant sont dev'nus des cerveaux. Incognito, ils ont laissé leurs vélos leurs chevaux..."), et le nom des principaux protagonistes.

 

Je ne vais pas ici raconter le film. Je voudrais juste dire qu'en dépit d'une belle image soignée, de la prestation des acteurs (vraiment excellents, certains étant présentés à contre emploi), de la qualité de la mise en scène, le scénario manque de "crédibilité". Il est rempli d'une suite de petits détails qui ne cadrent ni avec l'époque ni avec contexte historique.

Or, le problème c'est précisément que les scénaristes se soient basés sur ce contexte pour élaborer une intrigue. Armes à feu anachroniques (tenues à bout de bras sans le moindre recul lors des tirs), présence d'un hypothétique cousin du Tsar pour signer les accords de la Triple Entente de 1907 (et pas 1912!), implication de Jaurès pour dénouer un secret d'état, transformation du personnage de Bonnot en quasi justicier ou celui du Préfet en homme prêt à torturer des policiers pour asseoir son inflence... Autant d'éléments contestables qui ne respectent pas la réalité du cadre et nuisent à l'ensemble.

Même pour une fiction, les évènements historiques, les personnages et les lieux avérés doivent être préservés. C'est un bâti inamovible qu'on ne peut pas se permettre de transformer. Par respect pour l'histoire et ceux qui l'ont faite, d'abord, puis par devoir pédagogique ensuite.

 

Par ailleurs, le film s'inscrit bien dans une nouvelle conception "américanisante" de la fiction à la française qui montre de plus en plus de scènes de combats et de coups de feu s'éternisant dans une débauche d'effets sonores. On est loin de la réalité du terrain que devaient affronter les limiers de Clémenceau, précurseurs de la Police judiciaire moderne (dont l'écusson d'ailleurs montre le profil du créateur des Brigades se découpant sur celui d'un tigre stylisé).

Extrait de son cadre pseudo-historique, ce film aurait sans doute été une perle du genre parce que l'intrigue demeure prenante et que l'on ne s'ennuie pas. Mais, à mon sens, il pèche par excès de zèle et je regrette, une fois de plus, que l'Histoire serve de prétexte pour alimenter tout un tas de fantasmes qui n'ont pas lieu d'être.