19.03.2007

CAPES 2007 Histoire

Etre Romain en Afrique du Nord (69-439 ap. J.-C.)

Quelques éléments: 69 avènement des Flaviens (Vespasien, Titus...) à la mort de Néron (68) après une période de troubles successoraux (Othon, Galba, Vitellius).

439: instauration du royaume Vandale de Hunéric et Genséric (Chrétiens ariens: considérés comme hérétiques par l'église locale).

Plan (bancal!) suivi, à titre d'exemple si ça peut intéresser quelqu'un:

Problématique: dans quelle mesure Rome a-t-elle réussi à créer en Afrique du Nord une civilisation tout à fait originale et une société stable durant plus de trois siècles. 

I/ Du colon au citoyen: la cité comme instrument d'identité romaine.

Origine des cités et évolution sur la période, montrer qu'une élite locale s'en dégage qui n'a pas d'origines italiennes mais qui a adopté le mode d'administration et le droit romain. La cité comme lieu de brassage, la citoyenneté romaine comme moteur.Les élites et leur évergétisme.Passage concernant l'inscription sur la statue de Plautius Lupus.

II/ Romanisation et romanité: spécificités de l'Afrique romaine.

Aspects culturels: particularisme des cultes locaux, syncrétisme assimilant les divinités puniques à Saturne en particulier, résurgence des rites anciens (sacrifices...). Emploi du droit romain et de la langue latine pour communiquer en même temps que les idiomes locaux, parallèles avec ce qui était déjà le cas ailleurs dans le monde romain, en Orient en particulier. La principale différence vient du fait que les cités sont presques toutes issues de fondations par les colons.Comment le citoyen romain d'Afrique se conçoit? Passage d'Apulée.Attrait des élites pour le christianisme favorisé par les religions à mystères qui en représentent plus nécessairement la divinité

III/ Vers les crises, limites de l'adaptation.

Les chrétiens face aux persécutions puis aux crises religieuses qu'elles ont entraîné (la crise donatiste par exemple), les résistances à la conversion à partir de Constantin puis l'effondrement progressif de l'autorité impériale et son repli sur l'Orient qui prive la province de ses défenses.

Conclusion: les Vandales récupèrent à leur compte la stabilité romaine en Afrique qui n'a fait, finalement que changer de maîtres. Les souverains continuent à bâtir dans les cités, ils font des choix stratégiques et militaires avant tout.

22.02.2007

Affaire de terminologie

L'autre jour, j'entend à la radio un célèbre humoriste-animateur à lunettes du service public dire qu'on ne peut rapprocher le programme de N.Sarkozy de celui de J.M. Le Pen parce que ce dernier n'est pas un démocrate.

 

C'est avec ce genre d'approximations terminologique qu'on favorise la pénétration de l'extrême droite dans le paysage politique: plus on diabolise grossièrement, plus on fait le lit des extrêmes. 

 

Car M. Le Pen est bien un démocrate dans le sens où il respecte les lois démocratique d'élection, de représentation ainsi que les institutions. Cela n'a aucun rapport avec ses prises de position et les provocations verbales auxquelles le personnage se livre régulièrement et qui sont sujettes à caution.

Si M. Le Pen a bien des défauts on ne peut pas lui reprocher celui de fonctionner comme un dictateur sudaméricain. S'il ne croyait pas dans les institutions françaises de la République -qu'il connaît d'ailleurs parfaitement bien-, il y a fort à parier que depuis quarante ans il aurait déjà tenté plusieurs coups de force (sans, obligatoirement, penser au coup d'état difficilement réalisable dans un système institutionnel très encadré), au moins à l'échelle locale.

 

Bien sûr, on dira que les pires dictatures du XXème siècle ont découlé d'un processus démocratique progressivement dévoyé avant d'être détruit de l'intérieur. Certes, cependant dans tous les cas de nombreux signes avant-coureurs auraient pu alerter l'opinion publique (coups de force, militarisation de la jeunesse, récupération de la misère dans des organismes politisés...) demeurée aveugle dans sa majorité, trop occupée à se chercher un bouc émissaire.

Il est évident que le Front national a du user et abuser de passe-droits et de pressions, comme de nombreuses autres formations politiques d'ailleurs, afin d'obtenir des soutiens ou des financements. Il n'a fait que profiter des limites d'un fonctionnement politique et c'est peut-être cela qui est le plus scandaleux... Surtout lorsque l'on revendique bien fort "tête haute et mains propres".

 

Les journalistes, les personnages publics, ceux qui sont écoutés, devraient affiner un peu plus leur culture personnelle pour éviter de faire des raccourcis trompeurs et des comparaisons hasardeuses au nom d'une certaine (fausse) bonne conscience.

 

18.02.2007

Observations tricolores

Difficile d'échapper depuis plusieurs mois au battage médiatique autour de la prochaine élection présidentielle et des principaux candidats -déclarés ou putatifs- qui vont s'affronter.

Ce qui est toujours très instructif et intéressant dans ce genre d'échéances s'étalant dans le temps, c'est d'observer les fluctuations, les évolutions dans les "bruits de campagne", un peu comme si on écoutait le ronronnement d'un moteur qui n'aurait absolument rien de régulier. Alors, certains s'en inquiètent, d'autres sont de plus en plus sûrs de leur futur choix ou, au contraire, totalement perdus.

Pour ma part, comme je le fais le plus souvent possible en pareil cas, je me positionne plus loin, plus haut et je regarde sous un autre angle. En peu de mots, voici les points positifs et les limites qui me sont apparus pour chacun des candidats/ groupes observés.

 

Honneur aux dames.

Mme Royal: Points positifs: une vision féminine donc originale de son rôle, la volonté de se départir de l'influence des "éléphants" du parti et d'associer les citoyens à leur gourvernement (démocratie participative). Points négatifs/limites: un programme politique beaucoup trop "généreux" pour être réalisable en l'état, l'absence du volet financier pour sa mise en oeuvre, une équipe qui a du mal à être offensive et la crise des "valeurs de gauche": que signifie être socialiste en France en 2007?

 

 Mr Sarkozy: Points positifs: un programme pragmatique qui n'hésite pas à montrer ce que le candidat ne souhaite pas faire, quitte à déplaire (la mariage gay par exemple), une équipe ambitieuse et mobilisée, véritable rouleau compresseur. Points négatifs: la personnalité même du candidat pouvant apparaître comme autoritaire, revanchard et prêt à tout, la collusion entre son statut de ministre et celui de présidentiable

 

Mr Bayrou: Points positifs: l'intégration de la notion de morale dans la politique, le renouvellement des valeurs traditionnelles du Centre (équilibre entre économique et social). Points négatifs/limites: un programme qui paraît hésitant et qui se définit plus par opposition aux autres qu'au moyen de propositions originales.

 

Mr Le Pen: Points positifs: la conservation des objectifs politiques depuis trente ans sur des questions qui demeurent d'actualité, le rôle de "troisième homme" possible obligeant les candidats à aborder les thèmes qui fâchent -immigration/ intégration par exemple- pour se démarquer. Points négatifs: le nationalisme comme seule réponse aux enjeux présents et futurs, la peur et le danger érigés en discours politique en dépit d'une "opération séduction" bien perceptible dans cette campagne.

 

Candidats "dissidents" de droite, candidats de la gauche écologiste et de l'extrême gauche: Points positifs: relai politique actif -au moyen éventuellement d'actions d'éclat- des questions embarrassantes pour les "grands candidats" (les pressions politiques sur les élus, la subordination à l'Europe, le programme écologique, les délocalisations...). Points négatifs/ limites: absence de programmes innovants, luttes intestines qui entament la crédibilité des formations, discours inadaptés aux réalités du monde actuel et mode de fonctionnement archaïque.

 

 

31.01.2007

Cinq minutes


O Nuit, viens apporter à la Terre
Le calme enchantement de ton mystère.
L'ombre qui l'escorte est si douce !
Si doux est le concert de tes voix chantant l'espérance !
Si grand est ton pouvoir, transformant tout en rêve heureux.

(Extrait de la nuit de Rameau)

 

Demain soir, entre 19h55 et 20h, j'éteindrai mes ampoules basse consommation et ma télévision tout à fait cathodique. Je mettrai le nez à la fenêtre pour voir si les "cinq minutes de décroissance" dont on parle beaucoup sur le Net ont fait des émules dans mon quartier...

01.12.2006

Turquie... Européenne ou non?

 

A l'heure de la visite controversée du pape Ratzinger Ier (pardon, Benoît XVI) en Turquie et à celle de la délicate négociation de son hypothétique entrée d'ici une quinzaine d'années dans l'Union Européenne, beaucoup d'arguments sont avancés pour la justifier ou, au contraire, en rejeter la possibilité.

Si la plupart, d'ordre institutionnels ou politiques sont tout à fait recevable, il en est un, géographique, qui divise particulièrement les camps adverses. La Turquie fait-elle ou non partie du continent européen?

 

Stricto sensu, non. Cependant, il faut déjà nuancer car, si 98 % du territoire turc se situe sur la plaque asiatique et plus particulièrement dans cette zone que les Romains nommaient Asie Mineure, les 2% restants sont bien du côté européen du détroit du Bosphore. Et non des moindres puisqu'il s'agit du coeur historique d'Istanbul, la Constantinople d'autrefois, la ville la plus importante du pays, avant même sa capitale anatolienne, Ankara (Ancyre).

Tenant compte de cette nuance, on ne peut donc pas dire que la Turquie est totalement extérieure au continent européen. Or, pour prétendre à l'entrée dans l'Union, il faut, entre autres garanties, pouvoir justifier de faire partie du bloc continental.

Alors, une seule ville (et encore pas toute!), est-ce suffisant? A mon sens, oui car c'est là que la géographie physique pure qui n'a pas de sens en soi dès lors qu'il s'agit de bâtir une unité politico-économique (l'Union) -la création des Etats s'est toujours construite sur des considérations de géographie humaine (aires religieuses, linguistiques etc)- doit être lue en y associant l'Histoire.

 

Pour faire simple, Istanbul est l'avatar moderne de la Constantinople antique puis médiavale. Une ville fondée sur une citée grecque, élargie et repensée par un empereur...romain (Constantin, IVème siècle de notre ère).

Constantinople a longtemps été surnommée la Nouvelle Rome. Et l'Empire Byzantin a véritablement façonné une partie du destin des états de la méditerrannée septentrionale et orientale durant de nombreux siècles.

Reléguer Istanbul et la Turquie au rang de zones "non européennes" c'est un peu vite oublier que Byzance possédait des territoires en Italie, en Grèce et dans les Balkans, que son système monétaire (la Nomisma) était l'étalon de référence pour le commerce durant une partie de l'époque médiévale, que la ville de Venise a bâti sa fortune en colonisant un empire byzantin considérablement affaibli durant le dernier tiers de son histoire... C'est également faire l'impasse sur le fait que pendant des siècles, Turcs Ottomans et Occidentaux se sont affrontés pour des questions de possessions territoriales (Grèce et Balkans). Les Turcs font partie de l'histoire de la construction européenne. D'ailleurs, François Ier de France s'est bien allié avec le Sultan pour combattre sur mer les troupes de Charles Quint, pourtant souverain de même religion que lui...

Par ailleurs, c'est bien l'alphabet latin qui a été choisi pour retranscrire la langue turque et la laïcité à la française qui a inspiré le système instauré par Ataturk, quelque peu malmené ces dernières années par les barbus et autres femmes à grilles.

 

Qu'on refuse éventuellement l'intégration de la Turquie à l'Union en invoquant des motifs politiques, cela est légitime (il existe des règles communes aux Etats membres, la Turquie n'a qu'à les respecter, ça n'est pas négociable, point), il l'est moins en revanche de chercher des justifications géographiques en se dédouanant sur la Nature.

L'Union sera ce qu'on voudra en faire, en définitive.

21.09.2006

Vent divin

 

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Kami-Kazé, vent divin. Ce nom désignait les pilotes japonais qui se suicidaient en écrasant leurs avions sur les bâtiment de guerre américains lors des grandes batailles de la fin de la deuxième guerre mondiale (Okinawa, notemment).

 

Chaque avion transportait une bombe sous son fuselage et lorsque le pilote l'avait larguée, il utilisait son appareil comme arme supplémentaire. Les Américains ont subi de lourdes pertes en hommes et navires lors de ces raids désespérés. Plus de cinquante ans après, le terme de kamikaze fait toujours frémir. D'autant que de nouvelles formes sont apparues au fil du temps, récupérées par des mouvement terroristes.

 

Pourtant, que l'on ne s'y trompe pas. Au départ le kamikaze agit en temps de guerre, motivé par un idéal national mais surtout mandaté par ses supérieurs, au nom de l'Empereur.

 

Ces pilotes n'étaient pourtant pas des désespérés. Dilplomés pour la plupart de grandes écoles et institutions japonaises, pilotes émérites, ils constituaient le fleuron d'une société trés militarisée élevée dans le culte de l'esprit de sacrifice du samouraï poussé à son paroxysme.

 

Je suis toujours interpellé par les mécanismes et les rouages qui font qu'un être humain renonce à sa propre humanité, à son désir de vivre pour défendre un idéal...qui n'est à la base pas le sien, mais dicté par d'autres.

Ainsi, les gradés de l'armée japonaise envoyèrent à la mort des milliers de jeunes gens sans le moindre questionnement sur le bien fondé de cette action, soutenus par une société vivant dans une totale paranoïa car persuadée que l'ennemi américain anéantirait ses traditions s'il posait les pieds sur son sol.

La mort seule n'ayant pas assez de panache, il faut toujours envelopper les actes dans des discours pompeux promettant une vie éternelle dans le paradis des héros, le Walhalla des scandinaves, où celui des onze mille vierges de nos amis les musulmans (il convient de dire "ami", en ce moment, depuis l'incartade de Ratzinger Ier, c'est politiquement plus correct). Les mots étouffent l'esprit critique, la contradiction, et l'effet de masse fait son office de courant qu'il est impossible de remonter...

 

Combien de milliers de soldats ont-ils été ainsi sacrifiés inutilement dans l'histoire par des gens qui, eux, se tenaient en retrait? Ils se gardaient bien de défendre avec la ferveur jusqu'auboutiste qu'ils exigeaient des autres ces mêmes valeurs dont ils parlaient la main sur le coeur.

 

Malheureusement cela continue. On embrigade, on lave les cerveaux au nom de la Patrie ou de la Religion, deux idées empoisonnées qui ont germé et essaimé au fil des siècles dans l'esprit malade de quelques uns, couronnés, élus ou intellectuels plumitifs. Deux concepts dangereux dont il faut continuer à chercher les antidotes sans relâche, à l'échelle personnelle d'abord - par la connaissance, la critique, le libre arbitre- puis à celle des gouvenements.

 

Et il y a du boulot!

10.09.2006

Comment ne pas y penser?

Les années avancent et, chaque 11 septembre, la date s'impose comme désormais incontournable. Celle d'un traumatisme international qui dépasse les continents, les nations et les catégories sociales...

 

Je pense simplement à tout ces gens qui se sont retrouvés avec la mort en face, alors que rien ne les y préparait, à ceux qui ont préféré un saut final dans le vide à l'encerclement impitoyable des flammes...

 

Quelle que soit le fil de son existence, les valeurs ou leur absence, la vertu ou le vice, aucun être humain ne mérite de connaître pareille fin.

 

 Je me fous de savoir s'il y a une bannière étoilée, des néos conservateurs ou des agités de la sourate derrière, la seule chose qui compte vraiment ce sont ces morts. Et c'est pour eux, leurs familles et amis, pour eux seuls que je me souviens.

02.05.2006

Dernières nouvelles du Titanic

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243 mètres de long, 50000 tonnes, le Titanic faisait partie d'un ensemble de trois navires (avec le Britannic et l'Olympic) assemblés en Angleterre au début du XXème siècle.

10 avril 1912, lorsque le paquebot réputé insubmersible s'apprête à quitter Southamptom, déjà les incidents s'enchaînent. les hélices surpuissantes du bâtiment attirent dans leurs remous un bateau proche, arrachant ses amarres qui fouettent l'air et blessent des ouvriers présents sur les quais.

Une grève des charbonniers ce jour-là ne permet pas de déclencher les sirènes qui saluent traditionnellement le voyage inaugural d'un navire. Le port est étrangement calme et silencieux lorsque le navire appareille.

Lors de la mise en vente des croisières sur "le plus beau navire du monde", la campagne n'avait rencontré qu'un succès très mitigé. Il avait fallu multiplier les places de troisième classe ainsi que les campagnes publicitaires en faisant venir de grandes stars de l'époque pour rentabiliser cette première traversée. Les réserves en charbon du port n'étant pas suffisantes pour faire partir d'autres transatlantiques, on décida, de plus, de regrouper les passagers qui n'étaient pas initialement inscrits en procédant à un "surbooking".

Les radiotélégraphes à bord ne font pas véritablement partie de l'équipage, ils ont été "prêtés" par la grande société Marconi qui a sponsorisé l'installation du premier réseau radio embarqué moderne. Ces hommes sont, avant tout, au service des passagers de première classe et non pas du Commandant. Une quinzaine d'heures avant le naufrage, la radio tombe en panne. Un message indiquant les risques de plus en plus importants de collision avec un iceberg arrive même, avant cet incident technique, mais il n'a pas la priorité et se noie sous la pile des dépêches privées...

Outre sa taille gigantesque qui ne favorise pas la communication rapide entre les membres d'équipage en cas de besoin (beaucoup se perdent dans les coursives!), le Titanic présente un défaut de conception majeur: son gouvernail est trop lent. Le bâtiment ne va donc pas éperonner l'iceberg de face -ce qui l'aurait moins endommagé, paradoxalement- mais être éraflé et criblé de petits trous sur le flanc en voulant l'éviter.

Les commerciaux de la compagnie à l'époque ayant tant insisté sur l'insubmersibilité du bâtiment (un argument publicitaire fallacieux et sciemment détourné de la réalité), personne ne pouvait concevoir qu'il puisse rencontrer des difficultés. Cependant, les historiens savent aujourd'hui, grâce à des recoupements de documents, que de nombreuses personnes, dès le départ ne se sentent ni à l'aise, ni rassurées sur ce navire au luxe débordant. Et pourtant, toutes sont persuadées de son invulnérabilité.

Le Titanic, finalement est une sorte d'aveuglement généralisé. La certitude que la technologie humaine est capable de s'affranchir de tous les dangers, doublée d'une coursé économique. Quand la rentabilité supplante la prudence et la sécurité.

29 avril 2006, Paris achète le manuscrit de 36 pages d'une journaliste et romancière survivante. Ce document décrit les événements de la nuit du 14 au 15 avril 1912. Il devrait être traduit et publié prochainement.

On croyait tout connaître de ce naufrage quasi mythique et on continue à en découvrir de nouvelles facettes qui permettent une lecture sous un angle différent, moins romantique et plus réaliste...

Réf.: Djana et Michel PASCAL, Titanic, au delà d'une malédiction éd. Anne Carrière.

27.04.2006

Les lycées Robespierre

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Maximilien de Robespierre 1758-1794

Dans le Nord-Pas-de-Calais il existe deux lycées portant le nom de Maximilien de Robespierre. Le premier est à Arras, ville où a vécu le personnage, notamment entre 1787 et 1789 dans une maison abritant aujourd'hui le Musée du Compagnonage. Le second est établi à Lens.

J'ignorais, jusqu'à peu encore, que ces établissements avaient été ainsi baptisés et j'en suis resté passablement effaré.

Les responsables de ces décisions (communes et académie) se sont-ils bien rendu compte de ce qu'ils faisaient?

Robespierre l'Incorruptible, dit-on à Arras. Celui qui prônait la Vertu dans la République... Pourrait-on imaginer un Lycée Mussolini ou Pol Pot? Non. On a pourtant vite oublié qu'entre 1793 et 1794, en à peine une année, Robespierre fut à l'origine d'une des périodes d'épurations les plus tragiques de l'histoire de France. Les fusillades de Lyon, les noyades de Nantes, la suppression de l'avocat de la défense dans les tribunaux révolutionnaires, c'est lui.

Même en demeurant le plus impartial possible, en tentant de justifier ces excès par le contexte de l'époque, éventuellement même par la nécessité -humainement très contestable- de donner un grand coup pour changer durablement de régime, il est impossible de ne pas considérer Maximilien de Robespierre comme un dictateur. Lui-même d'ailleurs parlait de "terreur par la vertu". Il est à l'origine de ce qu'on appelle la Terreur qui a broyé des vies entières en quelques mois avec une folie destructrice telle qu'elle finit par ecoeurer ses propres contemporains et par condamner son instigateur lui même.

La mort de Robespierre est un résumé de son temps de pouvoir: une ivresse de sang. Se sachant victime d'un complot, il arrive à s'enfermer chez lui, à Paris, pour se tirer une balle dans le crâne. Mais il se manque et, le visage à moitié emporté par le coup de feu, agonisant, il est traîné comme un pantin vers la guillotine...

Robespierre ce fut ça, bien loin du héros que des élites, a postriori, ont voulu mettre sur un piédestal. On peut être républicain convaincu et ne pas cautionner ce choix et j'espère qu'un homme politique aura un jour le courage de jeter un pavé dans la mare pour que ces établissements changent de nom.

22.04.2006

Les "liquidateurs"

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Non, ça n'est pas le titre d'une dernière superproduction hollywoodienne bourrée d'effets spéciaux, mais le nom qu'on a donné aux premières équipes de pompiers et militaires soviétiques qui furent envoyés sur le site encore fumant de Tchernobyl, quelques heures après l'explosion du réacteur nucléaire.

C'était en 1986, le 26 avril précisément. Ils étaient plus de 600.000. en équipes tournantes. Plus de 50.000 sont aujourd'hui morts, rongés par des cancers et des dégénérescences inimaginables, détruits par les radiations dans lesquelles ils furent littéralement plongés sans protection. Ceux qui ont eu des enfants ont transmis leur joli cadeau génétique, hypotéquant leurs vies dès le départ.

L'AIEA (mandatée par l'ONU) a eu le culot de minimiser les conséquences de cette catastrophe, comme on a vite oublié le carnage de Bhopal (Inde, 1984) dû à une fuite de gaz qui a littéralement brûlée les gens...

Comme toujours dans pareille configuration on a parlé, a posteriori, de sacrifice. C'en est un, d'autant plus énorme que la grosse machine à broyer les individus qu'était l'Union soviétique (URSS = CCCP en cyrillique = "Savietsky Soyouz Socialischeskir Respublikar") n'a pas fait de quartier. Pour vite étouffer l'affaire en même temps que les radiations, on a envoyé à une mort programmée des milliers de gars, de même qu'on a sacrifié des milliers d'hectares de terres en Ukraine et Biélorussie pour détourner le nuage empoisonné de Moscou... Les mêmes nuées qui ont eu la bonne idée de s'arrêter bien gentiment aux frontières françaises, comme tout le monde le sait, car il est de notoriété publique qu'un nuage radioactif connait parfaitement sa géographie...

C'est peut-être idiot, mais j'ai une pensée pour ces liquidateurs dont on commence à se souvenir 20 ans après. Russes, ukrainiens, biélorusses, moujiks ou ingénieurs, ces hommes n'avaient pas demandé à ce qu'on les transforme en mini-réacteurs nucléaires durant le reste deleur misérable existence.

Leurs familles n'auront jamais aucune aide d'un état qui n'a qu'une hâte, celle de se débarrasser au plus vite de ce souvenir encombrant.

Juste l'affaire de quelques milliers d'années.

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