08.12.2006

Art nouveau


Visualisez une libellule quittant son étang pour aller fusionner avec les émaux d'un vase bleu, Gallé le magicien apparaît à sa table de travail. Daum, le verrier, n'est pas bien loin.

Imaginez deux arbres surgissant en branchages courbes et symétriques d'un buffet d'acajou au front arrondi et vous verrez Majorelle l'habile, son ciseau à la main.

 

Rêvez aux bulbes rouges portés à bout de racines comme à bout de bras par des tiges et feuillages metalliques au milieu de boucliers semblables à des carapaces de monstres de légendes et vous reconnaîtrez Guimard l'audacieux habillant les bouches du métropolitain.

 

Voyagez dans des grottes marines toujours inachevées au milieu de concrétions qu'on ne saurait dire de pierre ou d'autre matière, levez les yeux et vous admirerez les tours de la Sagrada Familia pointées vers Gaudi, le visionnaire...

 

Que serait notre temps sans ces hommes qui ont remis la Nature dans nos yeux? l'Art Nouveau a la force des choses qui ont toujours été mais qu'on avait fini par ne plus voir. Et puis... Il y a Emile Gallé, l'inclassable Gallé. A la fois artiste, artisan, technicien, poète et humaniste convaincu.

Sans le connaître, petit, je me souviens avoir été irrésistiblement attiré et troublé par d'incroyables lampes florales vues, ça et là dans des vitrines d'antiquaires. Ma grand-mère me disait alors "c'est un Gallé", et je ne comprenais pas le sens de ses paroles... Aujourd'hui, elle n'est plus là mais je sais qui est Gallé et je voudrais que mon existence, aussi fragile qu'un vase soit aussi faite de sagesse créatrice comme un verre émaillé laissant passer la lumière.

 

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07.04.2006

"L'évangile de Judas"


Il s'agit d'un texte écrit en copte -langue des anciens égyptiens transcrite avec un alphabet de type grec et devenue langue cultuelle des chrétiens d'Egypte- sur papyrus et découvert dans le désert égyptien dans les années 1970. Il devait être conservé dans un vase, une poterie.
Ce document est passé de mains en mains depuis trente ans avant d'être étudié aux USA et de révéler ce qu'on nomme un "évangile apocryphe". Un texte contant la vie du Christ en se basant sur des récits oraux de l'époque mais trop récent, toutefois, pour figurer dans la "sélection officielle" des textes réunis dans la Bible.


Ce document date du IIème-IIIème siècle de notre ère et seuls des écrits antérieurs ont été considérés comme authentiques par les Pères de l'Eglise. Suffisemment fiables (c'est à ditre déjà politiquement corrects)
en tout cas pour constituer le Nouveau testament. Toutefois, il semble bien qu'Irénée de Lyon eut connaissance d'un document similaire dès de IIème siècle. Il se pourrait donc que ses origines
soient plus anciennes.

Les chercheurs commencent à s'émouvoir car ils pensent que ce récit apporte un éclairage nouveau sur l'histoire -la légende?- de Judas.
Les évangiles racontent que Judas, de mêche avec les soldats romains (l'équivalent d'une maréchaussée travaillant pour le pouvoir romain et le Sanhédrin, l'autorité juive de l'époque à Jérusalem), les aurait conduits jusqu'au lieu où Jésus et les disciples se réunissaient.
Là, il aurait embrassé son maître afin que les soldats sachent qui embarquer. Tout celà contre quelques pièces d'argent... Une petite fortune à l'époque.
Voici donc pourquoi Judas, le Treizième apôtre a toujours été honni et, à travers lui, la totalité de la communauté juive.
C'était pourtant vite oublier que Jésus est né, a vécu, est mort juif! Le christianisme est né après lui, à partir du moment où son enseignement a été popularisé.

Le papyrus en question monterait que, loin d'avoir trahi Jésus, Judas n'aurait fait qu'exécuter ses ordres. Ce qui expliquerait aussi qu'il se soit suicidé de dépit par la suite.
Cela paraît en effet un peu capilotracté (comprenez: tiré par les cheveux) comme hypothèse, mais elle est loin d'être sans intérêt.

En effet, selon la tradition, pour que le Christ réussisse sa mission (racheter le péché originel qui a plongé l'humanité dans le malheur) il fallait qu'il meure comme le plus simple des condamnés. Jésus, incarnation de Dieu, s'est fait homme pour vivre comme un homme.
Or, pour que la prophétie se réalise, il fallait un motif aux autorités locales. Jésus parlait de "royaume", du "royaume de son père". Le Sanhédrin a conclu qu'il revendiquait le pouvoir (en plus, Jésus était bien d'ascendance royale puisqu lié au roi David par son père "terrestre", Joseph).
Le proconsul Romain de l'époque, Ponce Pilate, ne pouvant se permettre que des troubles agitent la remuante province de Judée décida que le Sanhédrin règlerait cette affaire interne. Le pouvoir romain se contentant d'arrêter l'agitateur et de lui infliger sa peine.

S'il ne se cachait pas vraiment, Jésus était quand  même bien entouré, protégé par le peuple, et il voyageait beaucoup. Pour le capturer, il fallait que quelqu'un de son entourage direct facilite la chose.
Si on part du principe que Jésus a bien un aspect divin, on peut dès lors imaginer qu'il savait bien à quoi s'en tenir sur sa destinée... Il fallait juste qu'il soit livré!
D'ailleurs, les évangiles disent bien, quand ils décrivent le dernier repas du Christ au milieu de ses apôtres (la fameuse Cène), qu' "il entra librement dans sa passion". Donc, il savait ce qui allait se produire.

Cette théorie a d'ailleurs déjà été exposée et étudiée par divers théologiens durant ces dernières années.
On ne pourra jamais prouver ni réfuter cette hypothèse.
Il manque toujours, en effet, LA preuve archéologique attestant de l'existence même de Jésus. Alors Judas...

Toutefois, on devine aisément l'inconfortable position de l'Eglise, qui depuis 2000 ans surfe sur la culpabilité du personnage (qui a rejailli sur le peuple juif dans son ensemble), si ce récit était authentifié d'une manière ou d'une autre.

"Tu surpasseras tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert d'habit."

 Pour plus d'infos : http://www.liberation.fr/page.php?Article=373135

Chapiteau de l'Apadana

 

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Ce chapiteau de plus de 4 mètres de haut, visible au musée du Louvre, couronnait une des colonnes de l’Apadana, la salle d’audiences du palais de Darius Ier (522-486 av.J.C.) à Suse (Iran).


Après avoir unifié l’empire perse, Darius établit sa première capitale à Suse. Il fait bâtir, sur une terrasse naturelle agrandie par des terrassements, un ensemble de palais.
L’Apadana, vaste salle à colonnes, entourée sur trois côtés par un double portique, se trouve au nord de la résidence royale.


Le chapiteau est constitué de deux protomes de taureaux opposés. L’espace libéré entre les têtes permettait le passage d'une des poutres faisant office d'abaque.
Ces deux éléments reposaient sur un troisième, symbolisant une corbeille de palmes empruntée à l’Egypte. Chapiteau composite, fût et base de la colonne, atteignaient 20 mètres de haut, dégageant ainsi un volume intérieur colossal.

Par la célèbre "Charte de Darius", nous savons que ce sont des tailleurs de pierre grecs et lydiens qui ont taillé les colonnes de Suse. Mais le modèle a été créé par des architectes perses qui ont mêlé les influences comme preuve de l’unification des diverses parties de l’Empire allant, à l'époque, de l'Egypte à l'Inde.