15.10.2007

Alors, ce sera la Rose contre la Gazelle

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 Et le soleil souriant d'argentine contre le coq d'or pour que la boucle soit bouclée et que les équipes enfin prennent du plaisir à jouer et combattre, ce petit supplément d'âme qui leur a finalement le plus manqué durant ce Mondial.

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Il y eut pourtant de belles choses, du courage à la volée, des "petits" affrontants les Goliaths que l'ont pensait invincibles avec panache mais le plaisir du jeu s'est fait rare. Disons que je ne l'ai pas ressenti avec l'intensité que j'attendais pour un tel événement.

Normal, c'est une coupe du monde, me disent beaucoup de gens. Avec ses enjeux colossaux, ses retombées touristiques et publicitaires, ses lieux de prestige dans lesquels il fallait se montrer pour pouvoir dire "j'y étais!".

Une coupe du monde n'est pas un tournoi en prés carrés entre universités policées ou gaillards du terroir. Celle-ci, en tout cas, marque un tournant dans les consciences collectives, comme si un nouveau sport était apparu en pleine gloire aux yeux de tous. Pensez donc! On a réussi à convertir à l'ovale le stade Bollaert de Lens ou le Vélodrome de Marseille, temples immémoriaux ou presque du football! On est parvenu à placer une "gonfle" entre les piliers de la Tour Eiffel comme si elle avait été introduite dans une mêlée de ferraille en attendant d'être sortie par un hypothétique talonneur...

Et demain on verra nos vaillants faire ce que beaucoup d'autres ont fait avant eux, aux antipodes, là où le rugby est pro depuis déjà bien longtemps: de la publicité pour des produits "masculins" de soins ou de communication. Ils poseront leur signature sur des collections de vêtements et feront la tournée des plateaux de télévision. C'est déjà un peu ça, le marketting n'a pas attendu, lui.

Je ne sais quoi en penser car, dans le fond, moi, petit joueur, je suis bien dépassé. Tout ce que j'ai connu de cette discipline a changé. Les gabarits comme les règles. Jusqu'à la coupe des maillots qui moulent et qui carènent à l'opposée de la toile de coton à laquelle on pouvait s'agripper, jusqu'au poids du ballon qui ne porte plus ses deux extrémités peintes en noir comme dans mes souvenirs.

Alors je rêve toujours autant devant ces chevaliers des temps modernes, parce qu'ils ont des physiques fascinants et qu'ils symbolisent encore beaucoup de noblesse et de courage. Mais je crains que l'esprit si particulier au monde du rugby et de ses amateurs qui a marqué une partie de mon vécu personnel, ce mélange paradoxal de chauvinisme, de fair-play, de fêtes et de castagne finisse par s'émousser au contact de l'argent et des plans de carrière qui salissent tout et qui brouillent les sens.

Avant, ça n'était pas mieux non: avant c'était juste différent, peut être plus accessible. L'équipe de Namibie comptait encore dans ses rang quelques garçons qui ont mis leur vie civile entre parenthèses quelques semaines pour pouvoir se jeter dans aventure. Dans quatre ans, ils seront tous professionnels et une page aura été définitivement tournée.

Alors que la Rose d'Angleterre s'apprête à se dresser, toutes pétales et épines dehors face au Springbok bondissant taillé dans la masse sous le regard de milliers d'objectifs et autant de millions de spectateurs, je pense à mon grand-père et à mon père bondissant à leur manière devant le petit écran du salon au milieu de la famille qui n'était pas en reste dès qu'une phase de jeu se faisait plus pressante. A cette époque les résultats ne faisaient pas l'ouverture des journaux télévisés et les retransmissions étaient souvent tardives. Albaladéjo tempérait les envolées de Salviac et de son récurrent numéro 17 -Charentes maritimes! Nous étions en 1991 ou 1995... C'était juste hier.

 

04.09.2007

Avant goût ovale

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D'ici quelques jours, pour fêter la coupe du monde de Rugby et l'esprit si particulier de ce sport, Arkubear publiera une exposition en ligne qui lui sera consacrée, inaugurant son site dédié au Bear art.

Vous y découvrirez, entre autres, la version complète du texte que j'ai écrit pour cette occasion et dont je publie ici un extrait.

 

"Pendant une heure et demie, le monde se projette sur de l’herbe verte.

La Terre n’est plus ronde mais rectangulaire. Les océans qui en bordaient les confins se transforment en lignes et les sommets infranchissables, en deux gigantesques H majuscules : le début et la fin d’un espace vital.

 

Ici s’établit le cœur d’une sorte de temple bordé de gradins, la version inversée du téménos des sanctuaires gréco-latins dont l’espace sacré couronnait une volée de marches, en hauteur, comme sortant du sol. Le rectangle végétal quadrillé de damiers est parfait, il a l’immensité du ciel pour vis-à-vis.

Et c’est là que trente hommes vont tenter de dompter le soleil.

 

Cet astre ovale n’est plus fait de cuir. La technologie l’a davantage affûté et doté d’une surface rugueuse mais il continue à virevolter de mains en mains. Comme une planète, il avance puis recule. Tantôt son orbite chaotique monte, tantôt elle descend et, à chaque fois, il y a cette nouvelle force extérieure qui lui imprime une autre trajectoire.

Ceux qui sauront conserver auprès d’eux cet étonnant soleil le plus longtemps, transformant ses chutes en précieux points, gagneront la victoire et la reconnaissance de la foule qui retient son souffle.

Les dompteurs qu’on appelle joueurs ressemblent à des arbres au bois épais et aux branches agiles. Leurs pieds s’enracinent avec précision dans le rectangle vert faisant voler des mottes de terre autour d’eux.

Régulièrement, la forêt en mouvement s’entrave, s’entrechoque et s’enchevêtre dans des craquements mats. Le soleil n’est pas loin et il jaillit des feuillages. Puis elle se ramasse sur elle-même jusqu’à bâtir un pont aux arches multiple où se déploie une poussée extrême. La mêlée illustre un petit miracle de physique appliquée qui veut que, de deux forces identiques en opposition, naisse l’équilibre.

 

Il y a dans le rugby, plus que dans tout autre discipline, quelque chose de quasi mystique. Ce sport peut se lire à plusieurs niveaux. Sans doute parce qu’il mêle les réflexes primitifs de notre humanité (les notions de conquête, de combat, de groupe) aux subtilités de règles issues de la raison et de l’esprit. Il met en scène des individus qui synthétisent les grandes vertus viriles : la force, l’endurance, le courage, la stratégie de groupe, l’esprit de corps et le respect.

 

L’adversaire n’est pas mon ennemi, mais dans la quête de ce fameux soleil, je dois le combattre me montrer plus fort que lui pour que de cette lutte sorte un équilibre étayé et relayé par mes coéquipiers. Dans cette course folle, je frôle toujours mon « état de Nature » représentée par la brutalité primaire, mais au dessus de moi, il y a la Règle sans laquelle rien n’est durable.

 

Dans la mythologie du rugby, l’élément central est constitué par les rugbymen, à la fois guerriers et héros. Ils ne sont pas tous beaux, non, mais ils dégagent quelque chose de particulier, d’unique…

Les médias, si prompts à faire et défaire les destins et les canons, se focalisent trop promptement sur tel ou tel individu au sourire ravageur. Ils s’égarent et n’ont pas compris que ce qui fascine ne se voit pas au premier regard mais se trouve ailleurs... "

 

13.11.2006

Rugby

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"La gonfle", 1996, H.P. Huiles sur bois.

 

Entre le procès Cécilion et la cuisante défaite du XV de France face au rouleau compresseur All Black, le rugby est passé, ces derniers temps sur le devant de la scène. Peut-être pas pour le meilleur, d'ailleurs.

Et une fois de plus, les médias déforment et transforment les situations pour les accomoder, les commenter sans vraiment proposer les bonnes réflexions.

 

La condamnation de Marc Cécilion, gaillard qu'on a voulu dépeindre comme le colosse un peu gauche, la bonne brute dépassée pas l'alcool, la solitude et l'abandon par la grande famille rugbystique, est la conclusion logique d'un acte finalement si tristement banal.

Un homme, gouverné par ses hormones et non plus par son cerveau, parce qu'il se sent trahi et qu'il s'est copieusement imbibé décharge cinq balles à bout portant sur sa femme, histoire de passer sa colère. Que cet homme ait été ou pas international de rugby, "guerrier du ballon rond" sur un terrain où des valeurs de respect et de combattivité positive essayent d'être développées, n'y change rien. Tenter de lui chercher plus de circonstances atténuantes qu'à n'importe quel autre quidam dans la même situation, sous prétexte qu'il a été ce joueur émérite souvent décrit a un côté indécent.

La justice est passée, point. Juste ou pas, elle a fait son oeuvre ainsi que l'exige une société de droit.

 

Samedi soir, nos pious-pious ont été taillés en pièces par l'équipe de Nouvelle Zélande qui ne fait pas que danser le Aka mais qui le met aussi en pratique sur le terrain. On s'étonne que les joueurs aient été ainsi malmenés... Cela fait pourtant vingt ans que cela dure, plus ou moins.

Pourquoi donc ? Tout simplement parce que les All Blacks fonctionnent comme une véritable machine de guerre: plus de puissance, plus de technicité, plus de vélocité et, surtout, un jeu nettement plus offensif et agressif. Le rugby néo-zélandais c est un religion et une philosophie qui s'inculque dès le plus jeune âge avec un seul objectif: gagner et conquérir. une logique guerrière spartiate appliquée à un sport. Aucune autre nation du rugby n'est arrivée à ce degrès de perfection.

Or, le jeu latin lui -et même anglo-saxon, dans une certaine mesure- n'a rien à voir avec cette logique-là: le but n'est pas de laminer mais d'opposer des forces équivalentes, pour le geste, pour se mesurer. Disons que c'était surtout ainsi du temps du rugby "à papa", pas si lointain d'ailleurs.

Alors, il est vrai que les spécialistes des gradins et les tacticiens du papier diront que le XV de France a cruellement manqué de punch, d'esprit d'équipe et d'ambition, que ses joueurs apparaissaient comme assez gringalets face aux montagnes maories... Peut-être, mais celà ne suffit pas à comprendre l'étendue du problème qui est davantage d'ordre structurel.

Pour s'opposer à la sélection néo zélandaise de manière efficace, il faudrait une équipe qui ait subi la même maturation dans un même contexte pychologique et physique durant des années. Alors ont pourrait comparer ce qui est comparable.

Même lorsqu'ils perdent -ce qui est rare- les Blacks ne se retirent pas avant d'avoir fait souffrir leur adversaire, abandonnant de nombreuses plumes sur le terrain. Si cette équipe doit être vaincue un jour, elle ne pourra l'être qu'en atteignant son moral et sa cohésion.

 

Quant aux journalistes sportifs: écoutez davantage vos consultants et allez donc jouer au ballon ovale sur le terrain. Vous comprendrez que l'angle de vue n'est plus tout à fait le même.

18.04.2006

"Mon Coeur, mon Amour" Chanson par Anaïs

Un vrai régal dont je ne résiste pas à mettre les paroles ici. Cette fille-là est une artiste complète et j'aime beaucoup sa lucidité :-). Elle fait du bien!

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Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur (x2)

Ca dégouline d'amour,
C'est beau mais c'est insupportable.
C'est un pudding bien lourd
De mots doux à chaque phrase :

"Elle est bonne ta quiche, amour"
"Mon coeur, passe moi la salade"
Et ça se fait des mamours,
Se donne la becquée à table.

Ce mélange de sentiments
Aromatisé aux fines herbes
Me fait sourire gentiment
Et finalement me donne la gerbe !

(Refrain:)
Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur (x2)

C'est un épais coulis
Ca me laisse le cul par terre
Autant de mièvrerie
Nappée de crème patissière

"Coucou qu'est ce que tu fais mon coeur ?"
"La même chose qu'y a une demie heure... "
"J't'ai appelé y a cinq minutes mon ange mais ça répondait pas...
alors j't'ai rappelé... pour la douzième fois de la journée...
en niquant tout mon forfait... Mais qu'est ce que tu fais mon adoré ?
Ouais je sais on se voit après... Non c'est toi qui raccroche... Non c'est toi...
Non c'est toi qui raccroche... Non c'est toi... Non c'est toi... C'est toi ...

Bon d'accord je te rappelle... "

(Au refrain)